Publié le 6 May 2017 - 19:56

Macron ou le renouveau de la France ouverte sur le monde 

 

Le débat télévisé entre les deux candidats finalistes de la présidentielle française a eu  l’avantage de repréciser deux conceptions diamétralement opposées du monde, entre le nationalisme et le protectionnisme défaitistes incarnés par Marine le Pen et  les réformes courageuses pour la transformation de la France prônée par Emmanuel Macron, afin de mieux l’insérer  dans la mondialisation en cours.

Tandis que Macron a un projet bien ficelé, basé sur des réformes hardies pour apporter  les transformations nécessaires susceptibles de relancer la machine économique française qui n’a pas connu un dynamisme vigoureux au cours des dernières décennies et, d’accroitre ainsi son influence et sa présence dans le monde en agissant sur le capital humain pour l’amélioration de la productivité du travail et la lutte  contre les précarités ,le Pen s’incruste dans une sorte de mythologie dogmatique primaire de repli sur soi, par le culte d’ un égoïsme national sur fond d’exploitation du mécontentement populaire consécutif à la stagnation économique.

A cet égard, le projet de Macron s’inscrit  dans la pure tradition de  l’histoire de la France et des précurseurs ,en gardant tout ce qui s’est fait de bon, mais , en apportant les véritables changements nécessaires à l’adaptation d’une mondialisation inéluctable ; En effet, son projet traduit un renouveau de cette France humaniste qui cultive la fraternité entre les nations , cette France qui assume son passé par la qualification de l’esclavage et la colonisation de crimes contre l’humanité et par un devoir de prendre en compte les séquelles de ces holocaustes ; Macron se positionne ainsi dans le sillage des grands dirigeants français ,de De Gaule à Mitterrand, de Georges Pompidou à Jacques Chirac jusqu’à François Hollande , qui ont su incarner la grandeur de la France conformément à ses valeurs fondées sur l’indépendance, l’unité et l’universalité.

La déliquescence des idéologies dans les partis politiques classiques, aussi bien à gauche comme à droite dans un contexte mondial où les diversités culturelles s’exercent intensément, appelle un renouveau, celui là incarnée aujourd’hui en France par Macron et qui fait qu’il capitalise la sympathie de la société civile, devant les pesanteurs des appareils politiques ; Cette déliquescence des idéologies traduit , non pas la fin de l’histoire comme le préconise Francis  Fukuyama ,mais , la fin d’une époque avec la mondialisation en cours  qui  nécessite un recentrage dans les appareils des partis politiques, car, les contradictions naissent sous de nouvelles formes ; c’est pourquoi, aussi bien en Chine que dans d’autres pays émergents , l’innovation théorique ,dans cette mondialisation en cours ,a permis une adaptation au système mondial actuel , à l’antipode du repli sur soi et des dogmatismes illusionnistes  .

C’est dire que le Pen est complètement en déphasage des réalités de ce monde et de l’histoire de la France et voudrait surfer sur les questions migratoires pour justifier le chômage et le terrorisme  pour en tirer des gains électoraux. Le terrorisme sous sa forme actuelle est partout présent dans le monde et le chômage relève de contre performances économiques, plus qu’à autre chose .Si bien que Macron se bat sur le terrain des réformes courageuses, du réalisme  et de l’innovation en se basant sur la mobilisation des français et leur savoir faire, afin de repositionner la France dans sa vraie place au monde.

Le Président Hollande, en prenant la décision de ne pas se présenter à la présidentielle pour un deuxième mandat, a compris le poids des pesanteurs des appareils des partis politiques classiques avec la déliquescence des idéologies par rapport aux nouveaux paradigmes liés à la mondialisation actuelle et, qu’il fallait innover vers un renouveau dans le sens d’un rassemblement des français de toute obédience et de la société civile pour le progrès économique et social véritable.

La leçon pour nous africains et sénégalais en particuliers reste que nous devrons évoluer vers le rassemblement et le consensus, sans lesquels, il n’y aura point de panacée dans ce monde en mutation, Aujourd’hui, l’erratisme  de Trump qui commande la plus grande armée du monde, démontre les dangers du populisme.

Nus espérons que les français ne se tromperont pas ce Dimanche 07 Mai 2017 en votant massivement Macron, pour l’efficacité économique et le réalisme, pour la stabilité et l’ouverture de la France dans le monde contre l’égoïsme national et le protectionnisme anhistorique préconisés par le Pen.

Kadialy Gassama, Economiste

 

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