Publié le 11 Apr 2017 - 20:08
PROFESSEUR MARTIN CHOBLI, URGENTISTE

‘’Il n’y a pas de formation diplômante d’urgentistes en Afrique subsaharienne’’

 

Les médecins du Sénégal et ceux d’autres pays d’Afrique et de l’Europe ont échangé hier sur les voies et moyens de relever les défis qui plombent la prise en charge correcte des urgences en Afrique. C’était au cours de l’ouverture des 18èmes  journées médicales de la Faculté de médecine de l’université Cheikh Anta Diop.

 

Le déficit de médecins spécialistes n’est pas seulement un problème propre au Sénégal. C’est toute l’Afrique qui est touchée par cette ‘’épidémie’’. Faisant une présentation hier sur ‘’les urgences en Afrique : quelles solutions’’, au cours de l’ouverture des 18èmes journées médicales pharmaceutiques, odontologiques et vétérinaires de la Faculté de médecine, le directeur du service médical d’urgence (Samu) du Bénin, le Professeur Martin Chobli, a soutenu que le problème des urgences en Afrique est préoccupant.  Car tout le monde sait que l’Africain  n’est pas soigné comme il faut en situation d’urgence. Cela est dû, dit-il, à plusieurs facteurs. ‘’Il n’y a pas de formation diplômante d’urgentistes en Afrique subsaharienne.

En Afrique, il n’y en a pas beaucoup sauf dans les pays d’Afrique du Nord (Maroc, Algérie) où il y a une formation. On commence à former en anesthésiste réanimation, en chirurgie et en médecine d’urgence. Cela dure cinq ans’’, a expliqué le Pr Chobli. Selon ce titulaire honoraire en anesthésie réanimation et médecine d’urgence à la Faculté de médecine de Cotonou, il faut un DES (diplôme d’étude spécialisée) comme dans d’autres spécialités pour qu’il y ait des urgentistes en nombre important qui s’occupent des urgences tout le temps. Parce que les urgentistes ne sont pas nombreux.

 Mais, a-t-il précisé, ceux qui peuvent s’occuper des urgences sont nombreux. Il y a les urgentistes, les anesthésistes réanimateurs. En dehors de ceux-là, il a précisé que chaque spécialiste doit pouvoir contrôler les urgences dans son domaine. Car, à son avis, les gynécologues obstétriciens qui sont à la maternité donnent la première alerte si une femme saigne. Ainsi, s’ils ne peuvent pas tout faire, c’est à ce moment que doit intervenir l’anesthésiste réanimateur qui est l’urgentiste polyvalent.  Sur ce point, il a également relevé le manque énorme des anesthésistes réanimateurs. ‘’On en forme au Sénégal, au Bénin, en Côte-d’Ivoire, au Cameroun et progressivement avec une société savante très dynamique (la société d’anesthésistes réanimateurs d’Afrique noire francophone). On tend vers une amélioration réelle des anesthésistes réanimateurs qui viennent appuyer la gestion des urgences dans nos pays’’, a renseigné le Professeur Chobli.

Défis à relever

Toutefois, le spécialiste a renseigné qu’il y a nécessité de disposer d’un réseau de médecine d’urgence. ‘’Nous avons besoin que les urgentistes d’Afrique soient en réseau. Que l’on fasse un réseau pour penser aux problèmes des urgences dans nos pays et échanger les expériences pour rendre les protocoles plus importants’’, a-t-il plaidé. Il précise en effet que la société francophone africaine de médecine d’urgence s’occupe actuellement de cette question. Ainsi, selon l’urgentiste, beaucoup de défis doivent être relevés. Il s’agit du pré-hospitalier. ‘’Nous devons faire en sorte que dans tous les pays d’Afrique, on ait un système de prise en charge pré-hospitalière.

Le transport du malade, du lieu de l’accident ou de son domicile jusqu’à l’hôpital, n’est pas toujours assuré médicalement avec une ambulance aux normes, du personnel et des équipements à bord’’, a-t-il dénoncé. A l’en croire, le Sénégal et le Bénin en ont, mais le Burkina Faso, le Togo, le Mali, la Centrafrique, le Congo n’en ont pas. Le deuxième défi est lié à l’organisation des structures d’accueil des urgences dans les hôpitaux. ‘’Il y a parfois les cafouillages à l’accueil des urgences, ce qui fait que la mortalité précoce des malades admis aux urgences des hôpitaux est très élevée. Cela ne sert à rien de transporter le malade dans un hôpital ou le service des urgences n’est pas organisé. Ce sont des tests, des préparations, des équipements’’, a-t-il fait savoir.

Le troisième défi, poursuit-il,  est la situation de post-urgence. C’est-à-dire le malade qui sort des urgences, il faut que les autres services soient bien organisés pour l’accueillir. ‘’C’est toute la médecine qui doit s’organiser. Si on a la volonté politique, on peut y arriver. Nous voulons relever ces trois défis au cours de ce siècle en Afrique’’, a-promis le professeur.

VIVIANE DIATTA

 

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