Publié le 17 Feb 2026 - 18:41
LITTÉRATURE – AMOUR, TRANSPARENCE, CONFIANCE, CONTRÔLE…

« L’Équilibre du cœur » suscite réflexion

 

Trouver l’équilibre dans une vie de couple. C’est l’invite lancée par Paul Sédar Ndiaye à travers son roman L’Équilibre du cœur, présenté dans le contexte de la fête de l’amour. L’auteur y explore les thèmes de l’amour, de la confiance, de la liberté et du contrôle dans des sociétés où se mêlent tradition et modernité.

 

Une plongée dans la psychologie d’un couple au bord de l’implosion. C’est ce que propose Paul Sédar Ndiaye dans son ouvrage L’Équilibre du cœur. À travers cette fiction, l’écrivain entend susciter une réflexion sur l’ancrage culturel des Sénégalais, leurs valeurs et l’héritage philosophique du sage Kocc Barma Fall.

« Ce livre nous permet de revisiter une partie de notre histoire, de questionner l’amour, la confiance ou la méfiance », a déclaré l’auteur lors d’un Café littéraire consacré à la présentation de son roman. L’Équilibre du cœur, dit-il, est une exploration de la confiance, de l’honneur et de la frontière ténue entre l’amour et la possession.

Selon le synopsis, Alassane et Yeuma Seck forment, en apparence, le couple idéal. Lui est un cadre supérieur influent et fortuné ; elle, une jeune femme belle et discrète, issue d’une famille modeste. « Leur mariage est célébré comme une consécration sociale. Mais derrière la façade de la réussite, le doute s’installe, insidieux et dévastateur », peut-on lire dans la note de présentation.

Hanté par la peur de la trahison, Alassane devient progressivement obsédé par le contrôle. Il surveille les moindres faits et gestes de son épouse, transformant leur foyer en une prison dorée. Yeuma, prise au piège entre la loyauté envers son mari et les pressions de sa famille, qui dépend financièrement du couple, s’enferme dans un silence douloureux.

Dans cette configuration, le mariage n’apparaît plus comme la fin de la solitude, mais comme son prolongement. « C’est parfois là que tout commence. Absolument. Alassane et Yeuma sont deux personnages profondément seuls, mais de manières différentes », explique l’auteur. Alassane est isolé au sommet de sa réussite sociale, prisonnier d’une méfiance maladive qui l’empêche de se connecter authentiquement. Yeuma, elle, est seule face à un destin qu’on lui impose, écrasée par le poids des attentes familiales.

Pour Paul Sédar Ndiaye, le drame du roman ne réside pas tant dans une éventuelle séparation que dans l’incapacité des deux protagonistes à transformer leur solitude en force commune. « Le véritable drame de ce livre n’est pas la mort de l’amour, mais le fait qu’il n’a jamais eu l’oxygène nécessaire pour grandir », affirme-t-il.

L’ouvrage explore ainsi la ligne de crête entre passion fusionnelle et préservation de soi. « C’est l’équilibre entre donner sa confiance et garder son jardin secret, entre l’engagement envers l’autre et la loyauté envers soi-même. C’est aussi l’équilibre entre les attentes de la société et les besoins intimes du couple », poursuit l’écrivain.

La transparence totale est-elle une preuve d’amour ou une forme de contrôle ? Le jardin secret est-il un mensonge ou un espace de liberté nécessaire à la survie du couple ? Faut-il, comme les personnages à la fin du récit, privilégier l’autonomie financière et émotionnelle à la fusion ? Autant de questions qui ont nourri les échanges lors du Café littéraire.

Parmi les intervenants figuraient notamment Badara Dafé, le Pr Thierno Guèye, le colonel des douanes Habib Ampa Dieng et le critique littéraire Waly Ba. L’auteur, pour sa part, ne propose pas de réponses toutes faites. Il invite plutôt le lecteur à s’interroger et à mesurer l’importance de la confiance dans les relations humaines. Car, souligne-t-il, l’équilibre du cœur nécessite un ajustement permanent.

Paul Sédar Ndiaye aborde également la question sensible de la belle-famille. Au Sénégal, rappelle-t-il, on n’épouse pas seulement une personne, mais une lignée, avec tout ce que cela implique. Le roman pose ainsi une question centrale : où s’arrête la solidarité familiale et où commence l’ingérence ?

« Le mariage au Sénégal reste une alliance entre deux familles avant d’être une union entre deux individus. Cette tradition, qui peut être une force et un soutien, devient ici une source de pression insoutenable », analyse-t-il. La belle-famille agit alors comme un conseil d’administration s’arrogeant un droit de regard sur la gestion du couple. Toutefois, l’auteur précise que son livre ne plaide pas pour une rupture avec la famille, mais pour une redéfinition des frontières, afin de créer un espace sanctuarisé où le couple peut construire sa propre identité.

BABACAR SY SEYE

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