Le préfet encadre la création des “Leul”

À l’approche du Septembre mandingue, le préfet de Mbour, Amadou Diop, durcit les conditions d’organisation des activités liées à la circoncision, au séjour initiatique et aux sorties du Kankourang. Les demandes de création de cellules devront désormais être validées par la Collectivité mandingue avant leur transmission à l’autorité administrative.
Le préfet du département de Mbour veut prévenir la prolifération des cellules, communément appelées « Leul », durant le Septembre mandingue. Dans un communiqué daté du 18 août 2026, Amadou Diop a fixé les conditions auxquelles devront se conformer les personnes souhaitant organiser des activités dans le cadre de cette manifestation mystico-culturelle. Les porteurs d’initiatives liées à la circoncision, au séjour initiatique et aux sorties du Kankourang sont invités à se rapprocher préalablement de la Collectivité mandingue de Mbour.
Présentée comme la seule structure habilitée à valider les demandes de création de cellules dans la commune, celle-ci devra apposer son visa sur chaque liste. Le dossier validé, accompagné d’une copie du récépissé de la structure et d’une déclaration signée par au moins trois personnes, devra ensuite être transmis à la préfecture au plus tard le jeudi 27 août 2026. L’autorité administrative prévient que toute demande ne respectant pas cette procédure sera rejetée. « Toute liste déposée sans le visa de la Collectivité mandingue sera irrecevable », précise le préfet.
Ce dispositif vise à limiter la prolifération des « Leul », contre laquelle la Collectivité mandingue de Mbour dit se mobiliser depuis 2016. La multiplication des cellules est considérée par certains acteurs comme un facteur de désacralisation de cette tradition. Le Kankourang, rite initiatique mandingue pratiqué notamment au Sénégal et en Gambie, est inscrit depuis 2008 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco.
L’encadrement annoncé par le préfet intervient après une édition 2025 particulièrement agitée. Par un arrêté pris le 29 août 2025, l’autorité administrative avait initialement autorisé quatre entités à organiser des activités. Dès le lendemain, à la veille du démarrage des manifestations, elle avait retiré les autorisations accordées aux cellules Dingol et Doumassou, invoquant la « préservation de l’ordre public ». Malgré cette interdiction, la cellule Doumassou avait effectué une sortie le 31 août dans les zones de Sonatel et de Térou Mballing. L’édition avait également été marquée par des accrochages entre différentes cellules.
Le 20 septembre 2025, Seyni Mané, porteur du masque Kankourang, avait perdu la vie à Ngaparou après une agression dont avaient également été victimes ses accompagnateurs, appelés « Selbés ». À travers les nouvelles formalités imposées, l’autorité administrative cherche ainsi à mieux identifier les organisateurs et à prévenir les rivalités entre cellules. L’efficacité du dispositif se mesurera lors des prochaines sorties du Kankourang, au cours d’un Septembre mandingue dont le déroulement reste étroitement lié aux enjeux de sécurité et de préservation de la tradition.
Pape Mbar Faye






