Publié le 16 Aug 2012 - 10:05
RAMADAN

Le festin des prisonniers du Mac de Thiès

 

À la maison d’arrêt et de correction de Thiès, la plus populaire depuis qu'elle accueille le guide des Thiantacounes, en détention préventive, le menu a changé durant le mois de ramadan. Un mois béni qui a pris les allures d'une aubaine pour les détenus. Qui reçoivent plus de repas de la part des bonnes volontés de la cité du Rail.

 

Une goutte d’eau dans la mare. C'est ainsi que l'on pourrait qualifier le budget alimentaire alloué par l’État du Sénégal aux détenus de la MAC de Thiès. Avec plus de 1000 détenus, sur un plafond de 600, la prison de Thiès est en sur-effectif. Par ailleurs, rares sont aujourd'hui les parents qui apportent un repas à leurs détenus. Pis, il y a des détenus totalement abandonnés. En l'occurrence, ceux qui viennent des régions comme Diourbel distante de 70 km.

 

Durant le Ramadan, de nombreuses bonnes volontés viennent avant l’heure de la rupture du jeûne faire des dons de repas, de jus, de dattes, etc. Inutile de dire qu'ils sont accueillis avec joie et déférence. En ce mercredi 08 août 2012, à 17 h déjà, le marathon des bols commencent. Quelques rares parents de prisonniers ont apporté le ndogu à leur détenus. Les plats sont soigneusement enveloppés avec un foulard sur lequel est fixée une étiquette portant le nom du propriétaire. Ils sont déposés sur un chariot. Lorsque les portes de la prison s’ouvrent, les grands bols de repas sont acheminés vers les destinataires.

 

Des bâtiments peints en gris blanc sont visibles, depuis la porte d'entrée 4 : Le poste de police et la direction à droite, le greffe à gauche et le bâtiment de la police administrative en face. Cette dernière donne directement sur la cour des prisonniers. Une chambre insignifiante est visible en face du greffe. Un ventilateur tourne inlassablement. La porte et les fenêtres sont grandement ouvertes. Elle donne l'impression d'être inoccupée, pour celui qui pénètre pour la première fois dans la prison. C'est la cellule du guide des Thiantacounes, Cheikh Béthio Thioune. Le détenu de luxe est gâté.

 

Au fond, un bâtiment, avec une grande porte soigneusement fermée, sépare la cour des prisonniers de celle de la direction. Le chef de cour, le directeur de la prison, Adama Diallo et un garde pénitencier sont debout face à la porte d’entrée principale. Drapé dans un costume gris, le directeur fait les cent pas, certainement pour se dégourdir les jambes. A côté de lui, huit détenus bavardent tranquillement. Deux autres prisonniers sont en train de répartir les repas dans des plateaux, pour les servir aux prisonniers restés à l’intérieur. L’ambiance est détendue. Les détenus de confiance vont et viennent. Ils prennent les bols de repas offerts par les bonnes volontés, sur fond de rires et de plaisanteries entre eux et le chef de cour.

 

''Nous avons besoin de ces repas, parce que ce n’est pas tous les jours que nous mangeons à notre faim'', nous dit à voix basse un prisonnier ragaillardi par les plats remplis de victuailles. Même son de cloche chez les responsables de la Mac qui soutiennent que la prison a besoin d’aide. Dans la mesure où le nombre de pensionnaires est supérieur à la norme. ''Le besoin est là bien présent et nous sommes vraiment contents de recevoir cette aide de la part des bonnes volontés'', dit-on.

 

Le ballet des bienfaiteurs

 

Au nombre des bienfaiteurs figure le groupe Yavuz Selim. Le groupe scolaire est présent depuis le début du Ramadan, avec des repas quotidiens servis aux détenus. En ce mercredi, sont également présents les travailleurs de l’université de Thiès qui ont mis sur pied une structure dénommée : ''La contribution volontaire à la marmite du détenu''. Le responsable des jeunesses musulmanes, Ahmed Nasir, est également venu faire des dons. Il y a aussi l'omniprésence des Thiantacounes. Selon Ibrahima Cissé, chargé du volet social au groupe Yavuz Selim, le but recherché, dans cet élan de solidarité, est d’apporter aux prisonniers une assistance ponctuelle. ''Les gens qui sont ici sont dans la solitude et enfermés, donc privés de liberté. C’est pourquoi ils méritent une attention particulière. Au-delà, ils doivent être recyclés, pour être réinsérés dans la société à leur sortie’’. Pour d’autres, cette sollicitude à l’endroit des détenus s’explique par le fait que le mois de ramadan est un mois béni donc de pardon et d’entraide.

 

 

NDÈYE FATOU NIANG

 

 

Section: 
DISCOURS DE LA HAINE AU SÉNÉGAL - ÉTUDE DE “TOURNONS LA PAGE” Les facteurs déclenchants, recommandations et impacts
"Terou JOJ"
MIGRATION EN MER VERS L'EUROPE : Unreculdeprèsde60%au premier semestre de 2026
NON-RESPECT DES ACCORDS DANS L’ÉDUCATION Le G7 annonce trois jours de grève
Affaire Nourah Ba
MARIE KHONE FAYE (PREMIÈRE DAME) : "Pourquoi je me suis engagée aux côtés des femmes et des filles"
Justice climatique
CORED : L’intelligence artificielle à l’épreuve de l’éthique journalistique
MENACES DE GREVE GENERALE - LE FSDT A MBOUR Mody Guiro hausse le ton face à l'État
Des comprimés de tapentadol saisis dans un bus à Koungheul
IA ET CYBERMENACES : Les États africains face à l’urgence d’une riposte continentale
Affaire Modou Ngom
PARUTION - « A LETTER TO MY YOUNGER SELF » Dix-sept femmes africaines écrivent à celles qu’elles étaient
RENTRÉE SCOLAIRE 2026-2027 À NOTTO DIOBASS : Vingt-trois millions pour les fournitures, des besoins en papier persistent
CONSEIL DES MINISTRES : Diomaye Faye en croisade contre les inondations
RENTRÉE SCOLAIRE 2026-2027 : Les cours reprennent, les inondations retardent encore certaines écoles
LUTTE CONTRE LES VBG : Quand le Sénégal s'inspire du modèle Béninois
EXÉCUTÉS À GIGNY EN 1940 Yali Fall et Souleymane Ly, la mémoire retrouvée
ACCUSATIONS SUR LE FINANCEMENT DES SALAIRES : Sen TV porte plainte contre Cheikh Bara Ndiaye
VIOLENCES CONTRE LES FEMMES ÂGÉES : Des abus encore largement invisibles