Publié le 7 Aug 2019 - 13:29
RELAXE PAR LE JUGE D’INSTANCE

Abdoul Mbaye condamné au sursis par la Cour d’appel 

 

Abdoul Mbaye n’est plus blanc comme neige, dans l’affaire de faux l’opposant à son ex-épouse Aminata Diack. La Cour d’appel de Dakar a infirmé le jugement de première instance qui le relaxait, en le condamnant au sursis, en sus d’une amende. Toutefois, la bataille est loin de finir, car les conseils du leader de l’Alliance pour la citoyenneté et le travail (Act) annoncent un pourvoi en cassation.

 

Un an de prison assorti du sursis. C’est la peine que la Cour d’appel de Dakar a infligée, hier, à l’ex-Premier ministre Abdoul Mbaye. Il a été condamné dans l’affaire de faux l’opposant à son ex-épouse Aminata Diack. Alors qu’il a été innocenté en première instance, le juge d’appel a infirmé le jugement, en le condamnant pour usage de faux et tentative d’escroquerie au préjuge de la dame Aminata Diack.

Outre la sanction pénale, il doit payer une amende d’un montant de 1 million, sans compter la somme de 100 millions de francs Cfa qu’il devra allouer à son ex-femme.

Quant à l’officier d’état civil à la retraite, Adama Thiam, il a été reconnu coupable de faux et condamné à la même peine qu’Abdoul Mbaye, mais avec une amende de 200 000 F Cfa.  

Le leader de l’Alliance pour la citoyenneté et le travail (Act) avait été attrait pour complicité de faux et usage de faux en écritures publiques authentiques et tentative d’escroquerie commis en 1994 au préjudice de son ex-épouse. Relaxé en première instance par le tribunal correctionnel de Dakar, le 18 mars 2017, la partie civile et le parquet avaient fait appel. Et lors du procès en appel, le parquet général a requis l’infirmation du premier jugement, en demandant que les faits soient requalifiés en obtention indue d’un document administratif. Il avait requis 1 an ferme contre Abdoul Mbaye et 6 mois assortis du sursis contre Adama Thiam.

Tous les deux ont été poursuivis, suite à une procédure de divorce ouverte courant 2014-2015, par les ex-conjoints Mbaye, mariés en 1981. En fait, Abdoul Mbaye s’était présenté devant la défunte présidente du tribunal de Dakar, pour ladite procédure, avec le livret de famille dans lequel est consignée la séparation des biens. Mais la magistrate avait découvert que l’acte de mariage avait été signé sous le régime de la communauté des biens. Abdoul Mbaye a toujours contesté les faits, s’estimant innocent. ’’Voilà trois ans que je suis poursuivi et relaxé, sans qu’on me montre une preuve. Peut-être aujourd’hui, on me montrera les preuves que j’ai tenté de soustraire à Mme Diack une partie de son patrimoine’’, déclarait-il.

Par rapport au changement de régime matrimonial, il a soutenu : ”Nous avions décidé, d’un commun accord, de changer de régime. C’est une requête conjointe faite avec mon épouse d’alors. J’envisageais des investissements risqués et je voulais préserver le patrimoine de Mme Diack. Cette décision n’a pas été contestée pendant 20 ans. Elle s’est prévalue de cette séparation pour faire des emprunts. Il y avait un bien immobilier et de la dette.’’

Si ses dénégations avaient convaincu le juge Ndary Diop et ses collègues d’instance, elles n’ont pu l’être avec le président Amath Diouf et ses conseils de la Cour d’appel de Dakar.

‘’C’est un scandale ! Nous allons nous pourvoir en cassation’’ 

Cette décision surprend la défense. L’un des conseils d’Abdoul Mbaye, Me Sadel Ndiaye, la trouve même ‘’scandaleuse’’ car, dit-il, il s’agit de faits qui remontent à 1994. ‘’C’est comme si on peut faire des actes aujourd’hui, mais 20 ans après, ils peuvent servir pour une procédure’’, soutient la robe noire qui estime que même si tant est qu’il y a délit, il y a prescription. Il dit ne pas comprendre pourquoi l’exception de nullité sur la prescription a été rejetée. ‘’C’est aberrant et c’est une décision qui ne nous satisfait pas du tout’’, martèle-t-il. Et d’annoncer qu’ils vont se pourvoir en cassation devant la Cour suprême.

Quant à Abdoul Mbaye, il dit attendre la notification du jugement pour pouvoir réagir. ‘’J'espère que je vais enfin savoir quel est le faux document administratif dont j'aurais fait usage. Également quels biens j'ai tenté d'escroquer à mon ex-épouse. J'attends l'écrit de la décision pour mieux comprendre. Mais pour l'instant, la justice reposant sur des preuves, je n'ai eu connaissance d'aucune de ces preuves’’, s’est contenté de réagir l’ex-Premier ministre.

FATOU SY

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