Les étudiants de l’UGB bloquent la RN2

La route nationale numéro 2 a été paralysée pendant plusieurs heures hier à Saint-Louis, où des étudiants de l’Université Gaston-Berger se sont violemment affrontés aux forces de l’ordre. Cette mobilisation s’inscrit dans le cadre du plan d’action visant à faire toute la lumière sur la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’Ucad.
La tension est montée d’un cran hier à Saint-Louis. Les étudiants de l’Université Gaston-Berger (UGB) ont investi la route nationale numéro 2 (RN2) aux environs de 9 heures, bloquant totalement la circulation sur cet axe stratégique reliant notamment la ville à Rosso, Richard-Toll et le Fouta. Cette action s’inscrit dans le plan d’action décrété par la coordination estudiantine pour exiger la vérité sur les circonstances du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) de Dakar.
Réunis en assemblée générale au campus social, dans une atmosphère particulièrement électrique, les étudiants ont décidé de passer à l’action. Peu après, des groupes ont convergé vers le grand portail de l’université avant d’ériger des barricades sur la RN2. Pneus brûlés, jets de pierres et slogans hostiles ont rythmé la matinée. En face, les gendarmes, déployés en nombre, ont tenté de disperser les manifestants à coups de grenades lacrymogènes.
De 9 heures à midi, le trafic est resté totalement paralysé. Des centaines de véhicules se sont retrouvés immobilisés à plusieurs mètres des lieux d’affrontement. Si certains chauffeurs ont tenté de contourner le blocus en empruntant des pistes secondaires par le village de Bango pour rejoindre Diama, d’autres ont préféré patienter, formant de longues files sous un temps poussiéreux. Usagers, transporteurs et commerçants ont exprimé leur exaspération face à ces désagréments sur ce tronçon international particulièrement fréquenté.
Après plus de trois heures d’échanges tendus entre manifestants et forces de sécurité, les étudiants ont finalement regagné le campus social vers midi. La détermination des gendarmes et l’important dispositif sécuritaire mis en place aux abords de l’UGB ont progressivement permis la reprise de la circulation. Les véhicules ont alors pu traverser tranquillement le portail principal sous haute surveillance.
Il faut signaler que le mouvement de contestation ne s’est pas limité à l’université. Dans plusieurs lycées et collèges publics de la vieille cité de Ndar, des élèves ont également manifesté leur solidarité. Certains établissements ont été perturbés, des élèves en pleine composition ayant été délogés par des jets de pierres lancés par d’autres camarades en soutien aux étudiants arrêtés et pour revendiquer de meilleures conditions d’études.
Pour rappel, les étudiants ont décrété depuis lundi 72 heures de « journées sans tickets » (JST), renouvelables, pour exiger la libération sans condition de leurs camarades représentants de l’Ucad, ainsi que « la vérité, rien que la vérité et la justice » dans l’affaire Abdoulaye Ba. Alors que des voix appellent à l’apaisement, cette nouvelle flambée de violence laisse présager une crise universitaire encore loin de connaître son épilogue.
IBRAHIMA BOCAR SENE
SAINT-LOUI







