Publié le 16 Aug 2023 - 10:42
SAINT-LOUIS : POUR UNE MEILLEURE GESTION

Le Sames liste ses doléances et alerte

 

Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames) était en conclave dans la capitale du Nord. Une rencontre qui a permis à son Comité exécutif  de réfléchir sur la judiciarisation de la pratique médicale et le syndicalisme comme outil de défense des intérêts des travailleurs.   L'occasion a été également saisie par  les participants pour  se pencher  sur les revendications  du syndicat.

 

Au sortir de la rencontre de Saint-Louis, le Syndicat autonome des médecins pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames) a salué les efforts du gouvernement en matière de réalisations d’infrastructures sanitaires.

 Cependant, ont souligné  les médecins-syndicalistes, beaucoup  de problèmes persistent dans  du secteur de la santé et qui sont liés, entre autres, aux déficits en ressources humaines de qualité, à la vétusté et à l’inadaptation de certaines structures avec un faible taux de rehaussement du plateau technique, l’insuffisance et l’obsolescence des équipements. Ce qui compromet gravement la qualité des soins et la sécurité des usagers.

 Pour le docteur Diabel Dramé, Secrétaire général national adjoint du Sames chargé des affaires médicales,  tous les membres sont appelés à redoubler  d’efforts pour la satisfaction des besoins sanitaires de la population et à se tenir prêts à lutter pour avoir un meilleur système sanitaire.  "Le Sames  appelle les camarades de à tenir prêts à engager tous les moyens pour la satisfaction intégrale de nos revendications légitimes. Nous tenons à alerter l’opinion nationale et internationale sur l’impérieuse nécessité de la reconstruction de la majorité des hôpitaux régionaux qui sont devenus vétustes et ne répondent plus à une garantie des qualités de soins. Les besoins sanitaires de la région de Saint-Louis ont été également passés en revue et d’importants gaps sur le plan des infrastructures et des ressources humaines, notamment de médecins spécialistes ont été constatés à l’EPS 1 de Richard Toll, à l’EPS 2 de Ndioum et en appellent à des solutions immédiates", a déclaré le Dr Dramé. Avant  d'enchaîner sur la situation peu favorable des médecins internes et  des médecins en spécialisation  des hôpitaux.

"Le Sames  constate la dégradation des conditions des internes et des médecins en spécialisation, notamment des logements de fonction quasi inexistants en violation de leurs droits, conformément à leur statut d’interne des hôpitaux, mais également un octroi modeste des bourses de spécialisation contrastant avec un besoin exponentiel de médecins spécialistes. Le Sénégal ne peut pas se passer d’une concertation entre le ministère de l’Enseignement supérieur et celui de la Santé pour disposer d’une formation en santé conforme à ses ambitions en matière de développement du système de santé. Dans ce même sillage, nous demandons l’octroi obligatoire de bourses de santé publique à tous les médecins-chefs de district. S’agissant de la gestion des ressources humaines, le syndicat dénonce avec la dernière énergie la gestion calamiteuse du personnel avec des nominations qui ne respectent aucune norme de compétition", a ajouté  le porte-parole du jour.

La révision des textes  juridiques réclamée

Pour le secrétaire général adjoint  du Sames, les deux problématiques abordées à Saint-Louis  trouvent toute leur pertinence, au regard de l’actualité marquée par des arrestations tous azimuts et systématiques des personnels de santé pour de simples faits supposés et en l’absence de  toute enquête préalable.

"Le syndicat s’offusque avec la dernière énergie de ces pratiques imprudentes  qui portent atteinte au bon fonctionnement des structures sanitaires avec des conséquences parfois  dramatiques. En aucun cas, cette position du Sames  ne remet en cause ni le principe de l’égalité des  citoyens devant la loi ni le fait que ses membres soient des justiciables, mais s’inscrit dans une  dynamique de garantir un environnement favorable à l’exercice de la profession médicale en mettant  en place un régime juridique particulier à l’image des autres professions qui bénéficient d’un privilège  de juridiction", a insisté le docteur Falla Mané, Secrétaire général national adjoint du Sames chargé des affaires pharmaceutiques.

Raison pour laquelle le syndicat  invite les autorités  à une révision des procédures impliquant un médecin, un pharmacien  et un chirurgien-dentiste dans l’exercice de leurs fonctions, avec une saisie obligatoire des instances de leurs   ordres respectifs ainsi que le ministère de tutelle afin d’éviter toute interruption dans les prestations  de soins pour l’intérêt des populations.

Le conclave de Saint-Louis a été également mis à profit par les médecins syndicalistes pour faire un diagnostic approfondi des difficultés et préoccupations de leurs  camarades. "Ces points sont inscrits en grande priorité dans notre plateforme revendicative et s’articulent autour de la nécessité absolue d’améliorer les conditions de travail du personnel. Le Sames appelle à une gestion efficiente et transparente des ressources humaines, financières et matérielles largement insuffisantes allouées au secteur de la santé. Sur cela, nous condamnons les supposés détournements des fonds destinés à la Covid-19 et exigeons des autorités un traitement diligent et impartial sans délai afin de traduire devant la justice les auteurs de ces actes répréhensibles, surtout en période de résilience épidémique. S’agissant de notre plateforme revendicative, les membres du CEN l’ont étudiée et adoptée. Elle sera l’objet des prochaines négociations avec le gouvernement",  a soutenu le Dr Mané.

Revenant sur  la situation sociopolitique nationale, le syndicat exhorte l’État du Sénégal et appelle toute la classe politique et la société civile à œuvrer davantage pour une consolidation des acquis démocratiques et la préservation de la paix sociale en instaurant un dialogue permanent, inclusif et sincère.

IBRAHIMA BOCAR SENE SAINT-LOUIS

 

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