Publié le 20 Aug 2013 - 14:40
SOCIÉTÉ MÉTALLURGIQUE SOMETA

300 employés travaillent dans des conditions apocalyptiques

 

Les travailleurs de la SOMETA, une usine de sidérurgie et de construction de fer à béton située à Sébikhotane, veulent mettre un terme au ''traitement inhumain'' infligé par leurs employeurs.

 

Les 300 travailleurs de la SOMETA ne supportent plus les conditions de travail infligées par leurs employeurs. Ils ont profité de leur assemblée générale de ce dimanche pour s’affilier à la Cnts/Fc de Cheikh Diop malgré, disent-ils, la volonté de leurs patrons chinois de les museler. La manifestation a été présidée par une délégation du bureau confédérale.

Leur porte-parole Kémo Diédhiou est largement revenu sur leurs conditions apocalyptiques de travail. ''Nous travaillons dans des conditions difficiles. Nous sortons le fer du four à 1 800 degrés, sans protection. Récemment, un de nos collègues a eu des brûlures au troisième degré. Après cet accident, ils nous ont donné des cagoules qui ne peuvent rien contre la chaleur. Nous n’avons pas de gants, ce qui signifie que les normes de sécurité sont royalement ignorées''. Le porte-parole renseigne que lorsque l’État a eu vent de ce qui se passe à la SOMETA, des inspecteurs sont allés s'enquérir de la situation. ''Ils ont été sidérés par le décor. Ils ne pouvaient même pas entrer, à cause de la fumée qui empêche de voir un camarade qui se trouve à deux mètres.''

 

15 accidents, depuis janvier 2012

Leurs malheurs ne s'arrêtent pas là. ''Ils nous imposent douze heures de travail, mais ils ne paient que les huit heures. Nous sommes alignés sur la convention mécanique générale, au lieu de la convention métallurgie'', souligne Kémo Diédhiou. Très en colère, il renseigne que ''la situation dure depuis Janvier 2012. Nous venons d’enregistrer un quinzième accident''. Kémo Diédhiou fait remarquer que ''c’est la loi du plus fort qui règne dans cette entreprise et une volonté de museler tout le monde. J’ai reçu deux lettres de menace. Nous avons enregistré sept licenciements dont deux anciens délégués accusés de semer le désordre dans l’entreprise''.

 

Mohamed Diandy : ''Des travailleurs brimés et réprimés''

Devant cette misère, Mohamed Diandy, secrétaire du Syndicat Industries Extractives et de la Prospection Minière, n'est pas resté insensible. Après avoir souligné la ''situation sociale très compliquée'' qui prévaut à la SOMETA, le syndicaliste a pointé cet état de fait. ''Les travailleurs ne jouissent d’aucun droit par rapport au code du travail et par rapport à la convention collective. Ce sont des travailleurs qui sont brimés et réprimés. Leurs employeurs sont frileux et font fi des droits élémentaires du travailleur'', a-t-il dit. Plus grave, les travailleurs de SOMETA étaient affiliés à une autre centrale syndicale, mais, les Chinois ont réussi à casser les velléités de syndicalisation. '''Des premiers délégués qui étaient venus prendre contact avec nous, certains ont été licenciés à la fin de leur contrat. D’autres ont tout bonnement abandonné la lutte parce que promus à des postes de responsabilité. Aujourd’hui, c’est la peur qui règne'', a dénoncé Mohamed Diandy qui a pointé du doigt l’inspection du travail. En effet, il est d'avis que ''l’inspection du travail a failli à sa mission parce que plus d’une fois, elle a visité l’usine. Le gouverneur de Thiès est aussi descendu sur les lieux, en donnant des recommandations. Mais, lorsqu’il est revenu, il a trouvé les mêmes injustices. Nous pensons que les autorités ont failli à leur mission''.

Leur affiliation maintenant accepté par la Cnts/Fc, le syndicaliste précise : ''Nous allons prendre langue avec l’employeur ou lui adresser une correspondance pour lui dire que désormais, ces Sénégalais, qu’il pensait être des orphelins, ont des parents, parce qu’affiliés à la Cnts/Fc, pour bénéficier de leurs droits les plus élémentaires. Une correspondance sera adressée à l’inspection du travail, aux autorités compétentes et à leur direction pour signaler tous les abus dans cette entreprise. Nous irons aussi au chevet de ces accidentés et voir le traitement dont ils ont bénéficié, après les drames qui les ont touchés''.

Nos tentatives pour entrer en contact avec les responsables de la SOMETA sont restées vaines.

 

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