Publié le 9 Nov 2019 - 05:28
URGENCE HUMANITAIRE AU SAHEL

5 millions de personnes en situation de fragilité

 

Au moins 5 millions de personnes vivent actuellement en situation de fragilité dans le Sahel et ont besoin d’une aide humanitaire. C’est ce que révèle un communiqué de l’Ong Alima (The Alliance for International Medical Action) reçu à ‘’EnQuête’’.

 

Les déplacements massifs de population, la multiplication des attaques armées et l’insécurité alimentaire ont créé une situation d’urgence humanitaire dans la zone des trois frontières (Burkina Faso, Mali et Niger). Pour faire face à l’augmentation continue des besoins, l’Ong Alima (The Alliance for International Medical Action) renforce son mécanisme de réponse rapide.

Dans un communiqué reçu hier à ‘’EnQuête’’, l’Ong, qui regroupe des médecins africains, explique que ce mécanisme vise à assurer l’accès aux soins médico-nutritionnels des populations les plus vulnérables dans un contexte marqué par une dégradation ou un retrait des services publics essentiels. ‘’Alima, une alliance de médecins africains qui transforment la médecine humanitaire, a mis en place un dispositif d’intervention basé sur un système d’alerte précoce permettant une veille humanitaire sur la zone des trois frontières, où 5 millions de personnes vivent actuellement en situation de fragilité et ont besoin d’une aide humanitaire’’, affirme le document.

Au fait, la même source rappelle que depuis mai 2018, 360 lanceurs d’alerte ont été formés. Ceci pour pouvoir remonter les informations sur des situations de souffrance et d’urgence médico-nutritionnelle du terrain à des coordinateurs locaux. Et en cas d’alerte, ce dispositif permet de dépêcher une équipe, en 72 heures, pour évaluer la situation et intervenir si besoin. Si l’alerte est confirmée, des cliniques mobiles d’Alima sont déployées très rapidement. ‘’Dans un camp de déplacés, le déclenchement d’une épidémie peut être très rapide et la situation sanitaire se détériorer très vite. Ce dispositif nous permet de gagner un temps précieux et d’aller soigner des patients là où personne ne va. Ce modèle, qui a fait ses preuves, est extrêmement performant. Il permet de prendre en charge les urgences dans un contexte où l’accès est difficile’’, soutient dans le communiqué le directeur des opérations de l’Ong, Dr. Kinda Moumouni.

D’après ces acteurs, la crise au Sahel a forcé des millions de personnes à quitter leur foyer. ‘’Privés de moyens de subsistance et d’accès aux structures de soins, ces réfugiés et déplacés sont extrêmement vulnérables. Si l’accès aux populations, du fait de l’insécurité, reste le principal défi opérationnel, le sujet du financement constitue aujourd’hui un enjeu majeur’’, lit-on dans la note. Et selon le coordinateur général de l’Ong Bien-Être de la femme et de l’enfant (Befen) du Niger, Dr. Oumarou Maidadji, les besoins humanitaires ‘’augmentent’’, alors que les ressources demeurent ‘’insuffisantes’’.

‘’Nous avons besoin de plus de soutien financier afin de pouvoir accompagner des initiatives opérationnelles comme le Rrm. Ces fonds doivent nous permettre de mieux lutter contre la surmortalité liée à la malnutrition aiguë et aux maladies pédiatriques au Sahel. Nous déplorons la baisse des financements pour la lutte contre la malnutrition. La montée de l’insécurité au Sahel impacte lourdement les populations de la région qui voient diminuer concomitamment les financements humanitaires et les dépenses publiques en santé pour financer les dépenses de sécurité’’, renchérit-il.

Sur ce, Alima exhorte toutes les parties prenantes à répondre à la détérioration de la situation humanitaire. Celle-ci affecte l'ensemble de la région du Sahel avec des ressources financières à la hauteur des besoins urgents. ‘’La mobilisation face aux conséquences humanitaires de la crise sécuritaire ne saurait se faire au détriment de la crise médico-nutritionnelle chronique dans ces trois pays où, en 2019, plus de 660 000 enfants souffrent de la forme la plus mortelle de malnutrition (malnutrition aiguë sévère) selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’Onu (Ocha)’’, soulignent les médecins. L’Ong estime également que la volonté d'imposer le ‘’triple Nexus’’, une approche qui tente d'intégrer aide d’urgence, développement et sécurité, peut provoquer une ‘’confusion’’ entre agendas militaires et humanitaires. Mais ‘’mettre en péril’’ l'assistance aux populations vulnérables.

MARIAMA DIEME

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