Publié le 15 Jul 2015 - 09:30
C. FALL, 18 ANS, SUR SON PRESUME VIOL

‘’Je n’ai pas été violée, ma tante me l’a fait dire’’  

 

C’est un cas de viol assez singulier qui a été jugé hier devant le tribunal des flagrants délits. La victime C. Fall a surpris tout son monde, en soutenant devant la barre qu’elle n’a pas été violée par son petit ami J. Diouf.

 

Lorsqu’elle s’est présentée hier à la barre du tribunal des Flagrants délits, on s’attendait à un témoignage poignant sur le viol qu’elle a, selon les éléments de la procédure, subi. Surprise, C. Fall a dit tout haut qu’elle n’a jamais été violée. Mieux, elle a présenté son supposé bourreau comme son petit ami. Au grand dam de ses parents présents dans la salle. Et en dépit du certificat médical lu par le président du tribunal attestant une déchirure de l’hymen chez la fille. Conséquence : son petit chéri a été libéré.

En effet, il ressort du procès-verbal des enquêteurs que C. Fall a été violée par J. E. Diouf. Puisqu’un certificat médical faisant état d’une déchirure de l’hymen résultant d’un abus sexuel a été versé au dossier. Interrogée donc par les policiers, la fille avait affirmé que son copain avait abusé d’elle alors qu’ils étaient chez sa copine. Entendues, son amie et une autre copine présentes au moment des faits avaient soutenu avoir vu une tache de sang sur le drap de lit, après les avoir laissés seuls dans la chambre. Elles avaient informé être sorties de la chambre pour laisser le couple seul.

‘’Je l’aime. On sort depuis un an’’

Devant le juge, la présumée victime a soutenu une toute autre histoire. Elle a fait part de son idylle avec le prévenu. Et ce jour-là, elle s’est rendue chez son amie pour y rencontrer son copain et l’entretenir de la rumeur sur sa grossesse qui s’était propagée dans la localité. C’est ainsi, a-t-elle dit, qu’elle a remarqué une tache de sang sur le drap de lit. Apeurée, parce qu’ignorant sa provenance, elle est rentrée chez elle, en pleurant. A ce stade de son récit, le juge l’a interrompue et lui a demandé si elle confirmait les faits de viol. Elle a répondu : ‘’Non, je n’ai pas été touchée, mais on me l’a fait dire. C’est la sœur de mon père qui m’a demandé de le dire aux inspecteurs.’’

Après ce coup de théâtre, l’avocat qui s’était constitué pour sa défense a annoncé qu’il se retirait du procès. Son père, frappé de stupeur, s’est avancé pour dire au juge que sa fille devait être perturbée pour tenir de tels propos. Mais il n’a pas terminé son audition, car l’avocat du prévenu a révélé que la plaignante est née en avril 1997, donc qu’elle est majeure et peut être entendue sans l’intervention de son père. Le juge a alors demandé à la fille pourquoi ils se sont donné rendez-vous chez sa copine. La fille a répondu : ‘’Da gnou doon tek deal’’ (c’était une ruse pour se voir). Etonné, l’assesseur a demandé à la victime ce qui a provoqué la rumeur sur son état de grossesse. Là également, sans se démonter, elle a répondu : ‘’J’avais l’habitude de le dire entre filles, mais juste pour faire des blagues.’’

A propos des rapports qui la lient au prévenu, la jeune fille de 18 ans a martelé : ’’C’est mon petit-ami, depuis un an. Il est aussi l’encadreur de notre groupe de danse.’’ Réagissant à une autre question, elle a dit : ‘’Oui, je l’aime.’’ Ensuite, ses deux amies ont été entendues. La première, propriétaire de la chambre, a dit qu’elle devait faire la cuisine avant le retour de ses parents. Elle s’est rendue dans la cuisine et ne sait pas ce qui s’est passé. C’est le témoignage de la seconde fille, A. N., qui a égayé la salle du tribunal. Egalement interpellée sur les raisons de son éloignement, elle a déclaré : ‘’Nioom niaar da gnou doon beuré’’, pour dire que les deux tourtereaux étaient en train de flirter en sa présence. Elle a préféré sortir. Elle a ajouté qu’elle a retrouvé un drap tacheté de sang.   

Ainsi, le procureur a demandé une application de la loi. La défense a soutenu qu’il y a eu un rapport consenti entre deux personnes majeures. A la suite des plaidoiries, le juge a relaxé le prévenu purement et simplement, après plus d’un mois 12 jours de détention…

AMINATA FAYE (Stagiaire)

 

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