Publié le 7 Oct 2022 - 09:31
INDUSTRIE FARINE DE POISSON

Une usine de production accusée de pollution

 

Historique ! Du moins, d’après l’ONG Green Peace, c’est la première fois qu’un tel procès se tient. Il s’agit d’une affaire jugée hier au tribunal de Thiès et opposant le Collectif Taxawu Cayar à une usine de fabrication de farine de poisson. C’est le premier cité qui a attrait à la barre les tenants de l’usine.

D’après le collectif, l'usine mise en cause a violé le droit de la communauté à un environnement sain en polluant l'air de la ville et sa source d'eau potable.

D’ailleurs, ‘’une analyse indépendante effectuée par le Laboratoire d'hydrologie et de toxicologie de la Faculté de médecine de l'Université de Dakar, qui révèle des niveaux de chrome et de sélénium dépassant les limites légales dans l'eau du robinet de Cayar, et la présence de ces mêmes métaux toxiques en quantités élevées dans le lac Mbawane, qui est relié à la nappe phréatique’’, fait-on savoir. Cette dernière révèle ‘’des niveaux élevés de métaux toxiques dans l'eau du robinet, dont plus de trente fois le niveau de sélénium et quatre fois le niveau légal de chrome, selon le code juridique sénégalais NS-05-033, qui s'applique à l'eau potable. Des niveaux élevés de métaux toxiques dans l'eau du lac, dont près de quatre fois le niveau légal de sélénium et près de trois fois le niveau légal de chrome, selon le code juridique sénégalais NS-05-061, qui s'applique aux masses d'eau telles que les lacs’’.

On déclare, dans la même étude, la présence ‘’de faibles niveaux d'oxygène dans l'eau du lac. Les résultats suggèrent que le lac Mbawane est pollué par des matières organiques biodégradables et que, par conséquent, le lac est mal oxygéné empêchant ainsi toute forme de vie aquatique. Cela concorde avec la documentation de Greenpeace Afrique d’un camion de l'usine déversant ses déchets liquides de poissons dans le lac’’.

Par ailleurs, ‘’le tribunal a reçu des images vidéo filmées au mois d’août de cette année, où des membres du Collectif Taxawu Cayar, des militants de Greenpeace Afrique et un huissier ont vu un camion de l'usine arriver au lac, y déverser des déchets liquides et repartir’’, ajoute-t-on. 

 En attendant que le tribunal se prononce, le 3 novembre prochain, jour du délibéré, le porte-parole du collectif Taxawu Cayar,  Allé Sy, semble confiant quant à l’issue de cette affaire. "Les preuves sont là. Les propriétaires de l'usine ont enfreint la loi et ont pollué notre eau et nous ont mis en danger, nous et nos enfants. Et ceci dans le seul but de faire du profit au détriment de notre santé, de la sécurité alimentaire et du bien-être des populations. C'est méprisable. Les habitants de Cayar sont impatients de voir cette usine fermer ses portes", dit-il.

Le Conseil du collectif, Maître Bathily embouche la même trompette. "L'usine a enfreint la loi environnementale de notre pays à plusieurs reprises - et voici des preuves indépendantes montrant le terrible impact de leur comportement insensible et inhumain. Nous ne pouvons que conclure que l'usine n’a pas dit la vérité au tribunal, aux médias et, plus choquant encore, aux habitants de Cayar et du Sénégal", regrette-t-il.

"Voilà comment fonctionne l'industrie mondiale de la farine de poisson. Ils volent notre poisson, ils nous privent de nos emplois, ils rendent le poisson inaccessible aux populations, et ils nuisent à l’environnement. Les profits générés par cette entreprise alimentent de grandes compagnies, et qui en paie le prix ? Ce sont les communautés locales de Cayar et d’Afrique de l'Ouest. Mais plus maintenant ! Les habitants de Cayar sont déterminés à se battre jusqu’à obtenir gain de cause", assure le responsable de la campagne Océans de Greenpeace Afrique, Dr Aliou Ba.

 

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