Portion congrue pour les Lions

C'est officiellement annoncé par la Fédération sénégalaise de football (FSF) : les champions d'Afrique en titre vont reprendre du service en mars, juste deux mois après leur deuxième sacre. Les Lions de la Teranga devront d'abord affronter le Pérou à Paris (28 mars) avant de recevoir la Gambie au stade Abdoulaye Wade de Diamniadio (31 mars). Mais il y a lieu de s'interroger : a-t-on vraiment bonifié cette fenêtre internationale, surtout dans un contexte de Coupe du Monde ?
Après le Brésil et l'Angleterre, retour un peu à la réalité pour les Lions : affronter des équipes d'un niveau un peu plus modeste. Le Pérou et la Gambie, respectivement 53e et 116e au dernier classement FIFA, ce n'est pas le gotha du football mondial. Mais pour le Pérou, on comprend vite que c'est pour préparer la Bolivie, probable prochain adversaire sud-américain du Sénégal lors de la Coupe du Monde 2026.
Mais qu'on ne s'y trompe pas, la Blanquirroja n'a pas fait mieux qu'une avant-dernière place lors de la dernière phase éliminatoire pour le Mondial américain. Les Péruviens, lors des 18 matchs de ce tournoi pour une place en Coupe du Monde, n'ont inscrit que 7 buts et en ont encaissé 21. Vainqueurs de deux Copa America, dont la dernière remonte à 1975, le dernier Mondial auquel les Péruviens ont pris part était en 2018, en Russie. Tout ça pour dire que la Bicolor, ce n'est pas ce qui se fait de mieux dans la zone sud-américaine.
Toujours est-il que c'est un bon test pour Pape Thiaw et ses hommes. Le Pérou, c'est une toute autre manière de jouer au football ; un style basé sur un jeu plus direct et beaucoup d'impact physique.
Un derby à la maison
Juste trois jours après le test péruvien, nous aurons droit à un derby. Sadio et sa bande accueillent le voisin gambien. Mais il ne faut pas s'emballer : c'est juste un match de gala, une dernière rencontre d'adieu à domicile avant la Coupe du Monde. C'est un choix qui peut paraître incompréhensible. Car, les Scorpions n'étaient même pas qualifiés pour la dernière Coupe d'Afrique des nations au Maroc.
En outre, dans la mesure où les Lions devront aussi en découdre avec la Norvège et la France, une confrontation avec une nation européenne aurait été beaucoup plus logique. Plus concrètement, un face-à-face avec une équipe scandinave et/ou ouest-européenne aurait été beaucoup plus judicieux.
Sur la lancée de son dernier sacre continental, le Sénégal ne devrait pas éprouver trop de mal à prendre le dessus contre ces deux formations. C’est apparemment, ce que cherche le staff. Ces rencontres vont permettre au sélectionneur de prendre des informations sur les joueurs, de répéter les gammes et de renforcer la confiance des troupes, en cas de succès probants.
Au-delà du résultat, ces rencontres permettront au moins d'être dans le bain, d'affûter les armes en testant peut-être de nouveaux systèmes de jeu et en intégrant d'autres footballeurs. Car il faudra patienter encore moins de trois mois pour que la plus grande compétition sportive au monde ne démarre.
Hormis un dernier match en mai face aux États-Unis, Pape Bouna Thiaw n'aura sans doute plus l'opportunité de peaufiner ses plans.
MAMADOU DIOP







