Publié le 27 Oct 2026 - 12:04
FONCIER ET DOMAINE PUBLIC MARITIME

Ouakam, Ngor et Yoff dénoncent leur mise à l’écart

 

Auditionnés le lundi 26 octobre par la commission d’enquête parlementaire, les maires de Ouakam, Ngor et Yoff ont affirmé ne pas avoir été associés à plusieurs dossiers fonciers depuis leur installation en 2022. Au cœur des échanges : le Hangar des Pèlerins, Recasement 2, la BOA, mais aussi les occupations du littoral et les compétences des communes en matière d’urbanisme.

 

Des dossiers fonciers traités sans leur participation et des démarches auprès des services de l’État restées sans réponse : c’est la situation décrite par les maires de Ouakam, Ngor et Yoff devant la commission d’enquête parlementaire sur le foncier et le domaine public maritime. Auditionnés le lundi 26 octobre à l’Assemblée nationale, Abdoul Aziz Guèye, Magueye Ndiaye et Seydina Issa Laye Samb ont défendu la nécessité de mieux associer les communes aux décisions concernant leur territoire.

Devant la commission dirigée par le député Oumar Sy, les trois élus ont déclaré n’avoir pas été associés, depuis leur prise de fonction en 2022, aux dossiers du Hangar des Pèlerins, de Recasement 2 et de la BOA. Selon leurs explications, les documents reçus lors des passations de service ne mentionnaient pas ces affaires. Ils ont également fait état d’interpellations adressées aux services de l’État sans avoir obtenu les éclaircissements recherchés. Leurs déclarations soulèvent notamment la question de la transmission des dossiers entre équipes municipales et de l’accès des communes aux décisions foncières prises sur leur territoire. Elles portent toutefois sur la période de leurs mandats et sur les informations dont ils disent disposer.

Yoff revendique des terrains au Hangar des Pèlerins

Au cours de son audition, le maire de Yoff, Seydina Issa Laye Samb, a attiré l’attention des députés sur des terrains situés dans le périmètre du Hangar des Pèlerins. Il les présente comme appartenant à la commune et indique qu’ils sont concernés par un projet de construction d’une gendarmerie. Cette revendication place le statut des parcelles au centre des vérifications à mener. Les éléments rapportés lors de l’audition ne permettent pas, à eux seuls, de trancher leur appartenance au patrimoine communal ni de déterminer les conditions dans lesquelles le projet a été engagé. Le Hangar des Pèlerins figure, avec Recasement 2 et la BOA, parmi les dossiers sur lesquels les élus ont été interrogés. Les auditions ont ainsi porté autant sur la connaissance de ces opérations par les équipes municipales actuelles que sur leur participation aux procédures.

Les accès aux plages en question

La gestion du domaine public maritime a également occupé une place importante dans les échanges. Les discussions ont concerné les occupations du littoral, les autorisations délivrées et la préservation de l’accès du public aux plages. Le maire de Ngor, Magueye Ndiaye, a évoqué les démarches engagées par l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko en faveur de la récupération du littoral, dans le prolongement de ses prises de position lorsqu’il était dans l’opposition. Il a rappelé les critiques visant certaines occupations qui auraient entraîné une privatisation de fait des accès aux plages, au détriment des populations.

Les échanges ont aussi fait apparaître des critiques sur le traitement réservé aux investisseurs. Les élus ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une préférence accordée à certains promoteurs étrangers au détriment des opérateurs locaux. Ils ont néanmoins relevé la contribution de certaines de ces activités à l’emploi de jeunes Sénégalais. Ces observations mettent en évidence les enjeux économiques et sociaux attachés à l’occupation du littoral, où se croisent activités privées, usages des populations et exigences de préservation de l’accès public.

Les maires veulent peser davantage dans les décisions

Les autorisations de construire constituent un autre point de désaccord avec les services de l’État. Les maires ont contesté un mécanisme qui permettrait, selon leurs explications, au sous-préfet de délivrer une autorisation lorsque l’autorité municipale refuse de la signer. Ils estiment que cette possibilité réduit leur capacité à maîtriser l’aménagement de leur commune et évoquent des conséquences sur les recettes municipales, sans en préciser le montant. Leur intervention pose ainsi la question de la portée de leurs prérogatives face à celles des représentants de l’État. Ce différend relatif aux autorisations de construire doit toutefois être distingué des procédures d’attribution des terrains et de gestion du domaine public maritime.

Les élus ont plaidé pour une réforme foncière renforçant le rôle des collectivités territoriales et la participation des populations aux choix d’aménagement. Au terme des auditions, plusieurs points restent à documenter, notamment la chronologie des opérations, les autorités intervenues et les actes établissant le statut des terrains concernés. Selon les indications des auditionnés, les pièces qui n’ont pas été produites pendant les séances pourront être transmises ultérieurement à la commission.

Khaly SARR

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