Publié le 11 Nov 2020 - 21:31
15 FEMMES TUEES, 706 AGRESSIONS SEXUELLES ET PLUS DE 1 200 CAS DE VIOL

Les chiffres de la honte

 

Fléau mondial, les violences faites aux femmes et aux filles ne connaissent pas de frontières géographiques, ni culturelles. Au niveau de la région de Diourbel, elles se chiffrent à 80 % des cas recensés au Sénégal et font que la région porte le bonnet d’âne.

 

Les statistiques font froid sur le dos. En 2019, d’après la Stratégie nationale pour l’équité et l’égalité de genre (SNEGG 2), les violences faites aux femmes et aux filles recensées au Sénégal, se chiffrent à 668 cas de violence sur mineures, 706 agressions sexuelles, 15 femmes tuées et plus de 1 200 cas de viol. Et d’après une étude menée par des enseignants-chercheurs de l’université Gaston Berger de Saint-Louis, avec l’appui d’ONU-Femmes, la prévalence de violences sur les femmes est de 60 % au Sénégal, et la région de Diourbel a battu le record des violences basées sur le genre, avec plus de 80 % des femmes.

La révélation a été faite par Maguette Niane, responsable de la zone centre du pays (régions de Fatick, Kaolack, Kaffrine et Diourbel) du projet Voix et leadership des femmes au Sénégal. Elle intervenait lors du lancement du projet ‘’Xamlee li yoon wakh ci kou sakou nitte’’ du Groupe des femmes pour le développement de Diourbel partenaire de VLF.

‘’Cette loi, dit-elle, est une graine d’espoir, car nous sommes presque sûrs que si elle est appropriée par les communautés et appliquée convenablement par les autorités compétentes, elle peut permettre, à défaut d’élimination, la réduction de toutes les formes de violence basées sur le genre’’. Ce projet, d’après la coordonnatrice Daba Diouf Bop, vise à vulgariser la loi n°2020-05 du 20 janvier 2020 qui criminalise le viol et la pédophilie.

A son avis, il est impératif, voire souhaitable que la communauté soit informée sur les tenants et les aboutissants de cette loi à la fois répressive et dissuasive, parce que, ‘’du fait de l’apparition de la Covid-19, les populations n’ont pas été suffisamment informées sur cette loi. Nous voulons aussi, à terme, que la région de Diourbel ne soit plus classée comme la première en matière de violences faites aux femmes et aux filles’’.

Pour y parvenir, le Groupement des femmes pour le développement de Diourbel compte organiser des séances de causerie et de sensibilisation en direction des différentes catégories sociales. Prenant part à la cérémonie de lancement, Mamadou Saidou Diawo, le premier substitut du procureur près le tribunal de grande instance de Diourbel, a livré une communication pour entretenir les participants sur la loi qui criminalise le viol et la pédophilie.

Le magistrat, après avoir salué la pertinence de cette initiative, a expliqué les changements apportés sur cette loi. ‘’Les peines, explique-t-il, ont été corsées par rapport à leur nature. Au-delà de l’emprisonnement, il y a des peines accessoires telles que l’emprisonnement, la dégradation civique, la double incapacité de disposer et de recevoir, ce qui enlève à la personne une importante part de ses droits en tant que citoyen. C’est sous cet angle qu’il faut voir que c’est une loi beaucoup plus sévère que celle qui était là depuis l’amendement de 1999 de l’article 320 et 320 bis’’.

Le magistrat d’ajouter : ‘’Actuellement, on a un bon nombre de dossiers qui ont trait à des questions de viol et de pédophilie. Je n’ai pas les données pour les autres juridictions. Maintenant, si on dit que dans les statistiques que Diourbel a, beaucoup de cas n’ont pas été dénoncés, cela peut être lié au caractère religieux de la zone. Mais comme partout au Sénégal, cela peut être lié au fait que les familles ne soient pas très enclines à dénoncer.’’ 

BOUCAR ALIOU DIALLO          

Section: 
MIGRATION DE RETOUR : Le Sénégal se dote d’un mécanisme structurant de réinsertion
Vols aggravés et flagrant délit
Un incident technique affecte les systèmes du trésor public
AYANT MARRE DE SUBIR LES VIOLENCES EXERCÉES PAR SON ÉPOUSE SUR LUI Un père de famille de 4 enfants s’est donné la mort à la Médina
THIES - NEUF ANS APRES LA DISPARITION DE LAMINE NDIAYE : Les recherches pour retrouver son corps se poursuivent
Association de malfaiteurs
Vol matos COJOS
TRAFIC INTERNATIONAL DE DROGUE - CASABLANCA : Deux Sénégalaises arrêtées avec 14,8 kg de cocaïne
LUTTE CONTRE LES MÉDICAMENTS ILLICITES Interpol saisit 6,42 millions de doses estimées à 15,5 millions de dollars
Mairie kaolack
Police-ISRA
Séquestration de mineures
TRAFIC D'ESPÈCES SAUVAGES EN LIGNE : Facebook, la plateforme préférée des trafiquants
AFFAIRE WEST AFRICAN ENERGY : Samuel Sarr n’a plus de bracelet électronique depuis le 6 mai
DÉFORESTATION AU COURS DES DIX DERNIÈRES ANNÉES : Le Sénégal perd 11 500 hectares de forêts par an
ÉCRITURE EN MILIEU SCOLAIRE : Des élèves de Saly initiés à travers un atelier
TRAITE DE PERSONNES PAR EXPLOITATION SEXUELLE ET PROXÉNÉTISME : Comment la Nigériane tenait ses péripatéticiennes
CINQUANTENAIRE DE LA CEDEAO L’Université Iba Der Thiam appelle au dialogue pour préserver l’unité régionale
RISQUES DE PROPAGATION MONDIALE DES CAS DE HANTAVIRUS L’OMS met les bouchées doubles
OPERATION "ELOL" EN CASAMANCE : 14 rebelles interpellés et 6 tonnes de chanvre saisis