Publié le 14 Sep 2018 - 19:29
CONTENU LOCAL PETROLE & GAZ

L’adéquation de la formation en débats

 

Pour que les entreprises sénégalaises profitent au maximum de l’exploitation des hydrocarbures, il est impératif de s’aligner sur les exigences du secteur.

 

Comment le tissu industriel local va-t-il bénéficier des retombées économiques de l’exploitation du pétrole et du gaz ? C’est tout le sens du thème de la conférence du journal ‘‘Le Quotidien’’ sur la valorisation du contenu local dans le secteur des hydrocarbures. Et c’est forcément la question de l’adéquation de la formation et des compétences aux exigences du secteur pétrolier et gazier qui a occupé l’essentiel des débats, hier à Dakar.

Au Sénégal, où la question est inédite, des mesures sont à l’étude, du côté des pouvoirs publics, comme l’obligation, pour les titulaires de contrats pétroliers, de choisir leur sous-traitant, en priorité parmi les entreprises sénégalaises. Par exemple, les entreprises de droit sénégalais, dont le personnel technique et d’encadrement serait constitué d’au moins 60 % de Sénégalais, répondant à la satisfaction des besoins de l’activité pétrolière et gazière, ainsi que le versement d’une contribution à la formation professionnelle, pourraient bien en profiter. Mais l’expertise locale est-elle au niveau ? ‘‘Il nous faudra attaquer la question de la formation et des compétences nationales et leur employabilité aux différents niveaux de la chaîne à travers des programmes de renforcement de capacités et de transfert de technologie et de savoir-faire, et une formation permanente aux métiers du pétrole et du gaz’’, a lancé le Premier ministre Boun Abdallah Dionne hier.

Le chef du gouvernement, qui était l’invité de la conférence, a salué les efforts des politiques publiques pour mettre le pays à niveau avant le ‘‘first oil’’ et le ‘‘first gas’’ prévus pour 2021-2022. L’exploitation devrait contribuer, à travers une politique volontariste et inclusive du contenu local, à la création d’emplois directs et indirects tout en favorisant le développement des entreprises sénégalaises, en particulier les Pme et les Pmi sur toute la chaine de valeurs pétrolière et parapétrolière. A ce jeu, le Brésil est champion, captant plus de 70 % de contenu local, alors que la moyenne en Afrique tourne autour de 20 %. Ce qui a suscité l’analyse réaliste du Premier ministre. ‘‘Rien ne se fera uniquement par la loi qui donne seulement un cadre légal et réglementaire. Il faut que le secteur privé fasse du volontarisme, car on peut dire que toute entreprise à l’obligation d’avoir 60 % de compétences nationales. Mais si le pays n’est pas prêt, on ne pourra pas remplir cette obligation légale. Il faut préparer les Pme et Pmi aux attentes de l’industrie pétrolière et gazière avec des stratégies efficaces’’, a-t-il suggéré. 

S’y mettre dès maintenant

L’expert sud-africain sur la question des hydrocarbures, N. J. Ayuk, estime également qu’il ne faut pas rater le train de la formation. ‘‘Mais ça doit se faire dès maintenant. Il ne faut pas attendre l’exploitation pour s’y mettre’’, a-t-il déclaré, insistant surtout sur la question de l’ingénierie. Les autorités sénégalaises s’efforcent de s’aligner sur les standards internationaux. Après la création du Cospetrogaz qui doit définir les orientations stratégiques pour l’exploitation des hydrocarbures, l’Institut national du pétrole et du gaz (Inpg) ‘‘qui vient d’être créé’’, assure le Pm, devrait pallier le problème de la formation. ‘‘Avec l’Inpg, nos Pme et Pmi doivent être aux normes Hse et qualité via un système de pré-qualification, renforcer leurs capacités pour satisfaire tous les besoins exprimés en termes d’approvisionnement divers au niveau de l’activité pétrolière et gazière. L’objectif final étant d’accroitre les retombées financières découlant de l’exploitation de ces ressources sur l’économie nationale et développer des synergies productives entre ce secteur et les autres’’, promet le chef du gouvernement.

OUSMANE LAYE DIOP

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