La CSA dénonce une « trahison » et des pratiques antisyndicales

La Confédération des syndicats autonomes du Sénégal (CSA) a vivement dénoncé, dans une déclaration rendue publique le 13 janvier 2026, la situation qu’elle qualifie de « grave » au sein de la société Sen’Eau, accusée de mener une politique de répression contre le Syndicat autonome des travailleurs des eaux du Sénégal (Sates).
Intitulée « Sates-Sen’Eau : la rançon de la trahison ! », la déclaration estime que les tensions actuelles ne sont ni fortuites ni accidentelles. Selon la CSA, elles résultent d’une « trahison organisée » par la direction de Sen’Eau, qui aurait tourné le dos au dialogue social pour privilégier l’intimidation, la répression et la liquidation syndicale.
La centrale syndicale affirme que, en s’attaquant au Sates, la direction de Sen’Eau s’en prend non seulement à une organisation légalement constituée, mais aussi aux libertés syndicales, au droit d’organisation des travailleurs et, plus largement, aux principes démocratiques consacrés par la Constitution sénégalaise et les conventions internationales du travail.
La CSA accuse la direction de l’entreprise d’avoir instauré un climat de confrontation antisyndicale, à travers des sanctions, des mutations jugées arbitraires, des pressions multiformes et des tentatives de division des travailleurs. Elle y voit une rupture avec les engagements sociaux pris lors de la reprise du service public de l’eau, notamment la promesse d’un partenariat social responsable.
Selon la centrale, cette politique aurait déjà des conséquences lourdes : détérioration du climat social, méfiance généralisée, tensions permanentes et risque réel de perturbation durable du service public de l’eau, au détriment des populations.
Face à cette situation, la CSA, aux côtés du Sates, tient la direction de Sen’Eau pour « entièrement responsable » de toute escalade. Elle lui demande solennellement de mettre fin immédiatement aux pratiques antisyndicales, de rétablir les droits des responsables et militants du SATES, de renouer sans délai avec un dialogue social sincère, inclusif et responsable, et d’organiser les élections des délégués du personnel, conformément à une décision de justice datée du 7 janvier 2026.
La centrale syndicale avertit qu’à défaut de réponses concrètes, les travailleurs sauront tirer « toutes les conséquences nécessaires ». « On peut intimider, mais on ne muselle pas une conscience collective », prévient-elle, ajoutant que « la trahison, tôt ou tard, se paie toujours ».
Cette sortie de la CSA remet au premier plan la question du dialogue social dans le secteur de l’eau, à un moment où la stabilité de ce service public essentiel reste une préoccupation majeure pour les usagers comme pour les autorités.






