La Ld fait le diagnostic et offre des remèdes

La dégradation de l’image de l’Assemblée nationale préoccupe la Ligue démocratique. Lors d’une conférence publique ce samedi, les partisans de Mamadou Ndoye ont fait un diagnostic qui a révélé plusieurs failles.
« Le Parlement au Sénégal : forces et faiblesses, défis et perspectives. » C’est le thème de la conférence organisée ce samedi par la Ligue démocratique (Ld) à son siège. Les deux conférenciers Oumar Sarr, député non inscrit, et la Sociologue Fatou Sow Sarr ont fait une critique qu’ils ont voulu objective de l’Assemblée nationale. Une institution dont l’image est mal perçue par les citoyens et qui, selon eux, mérite plus qu’un débat sérieux. Selon le député, la question qui mérite d’être posée est : pourquoi le Parlement dégage une image négative par rapport à ce qu’on attend elle ? « Le diagnostic est simple. Nous nous rendons compte que cet affaiblissement est lié à l’inféodation du pouvoir législatif sur le pouvoir exécutif », soutient Oumar Sarr.
Il explique qu’il y a aussi le profil des députés qui pose problème. Cela rend difficile le travail des parlementaires, car « on ne peut pas avoir des députés experts dans toutes les questions qui leur sont posées ». A en croire le panéliste, il y a aussi un manque d’encadrement technique, notamment en matière d’assistance parlementaire. Il a ensuite déploré le comportement de certains de ses collègues qui contribue à discréditer l’institution. « Il y a des facteurs d’ordre comportemental individuel. Ils sont tellement spectaculaires que l’opinion ne retient que la faute individuelle d’un seul député qu’on met sur le dos des 150 élus. Il y a l’opinion qui est très exigeante et peu tolérante vis-à-vis de ses parlementaires », a-t-il expliqué devant les militants et partisans de la Ld. Interpellé sur l’impact des interventions des commissions de l’Assemblée sur les programmes du gouvernement, il soutient que pour ce qui concerne le budget, tout passe devant celles-ci, mais les députés ne sont pas assez outillés pour dire si la gestion est transparente ou non.
Malgré ces problèmes soulevés, le député affirme que le jeu démocratique n’est plus à démontrer et le Parlement joue un rôle indispensable. Selon lui, depuis 1958, date de l’instauration de la première Constitution sénégalaise, cette institution a toujours occupé une place primordiale dans toutes les lois fondamentales. Elle a même existé avant la création du Sénégal moderne, car les populations ont toujours eu des assemblées où elles discutent des problèmes les concernant.
L’autre panéliste, Fatou Sow Sarr, estime que le Parlement doit être réformé et le rôle du député repensé. « Il faut redéfinir le rôle du député qui n’est pas de distribuer des billets de banque, mais être au service du peuple. Les élus ne sont pas accessibles. J’ai une grande déception, après l’instauration de la parité, par rapport au comportement des députés. Quand on retourne dans les zones les plus reculées, avec tout le travail qu’on avait fait, les gens nous disent que depuis que vous avez quitté, on n’a revu aucun député », a-t-elle regretté. La sociologue et spécialiste des questions de genre pense qu’il faudrait restaurer les valeurs et l’éthique politique. Elle n’a pas manqué, à ce titre, d’inviter les partis de gauche ou communistes à rester ce qu’ils ont toujours été au lieu de s’embourgeoiser. « Les militants de gauche ont aujourd’hui renoncé facilement à leur mission. Mais vous devez tout faire pour transmettre les valeurs que vous défendiez aux jeunes », a-t-elle recommandé aux membres de la Ld.
Prenant la parole pour clôturer la rencontre dénommée les « samedis de la Ld », le Secrétaire général du parti, Mamadou Ndoye, a estimé que les critiques et recommandations de Fatou Sow Sarr ont été déjà prises en charge. « C’est pour cette raison que la Ld a décidé d’organiser des débats d’idées et des conférences, chaque quinzaine du mois, pour former ses militants ». Comme les autres intervenants, le jallarbiste en chef a soutenu que le peuple a une perception négative du Parlement au Sénégal.
ABDOURAHIM BARRY (STAGIAIRE)