Publié le 19 Mar 2026 - 09:55
DECISION SCANDALEUSE DE LA CAF

Chronique d’une CAN truquée

 

Dans sa volonté résolue de livrer la commande de Lekjaa, la CAF n’a pas tremblé pour prendre la décision la plus absurde et la plus ridicule de l’histoire du football mondial. Retour sur les signes avant-coureurs d’une CAN aux contours scandaleux.

 

“Ce qui serait bien, c’est qu’on gagne un petit peu de temps et qu’on leur donne leur coupe direct, et qu’on arrête de me prendre, moi, pour une bille en tant que spectateur. Qu’on arrête d’insulter le foot et qu’on arrête d’insulter ceux qui jouent au foot, les joueurs, parce que c’est les premières victimes. Ce que j’ai vu ce soir est invraisemblable.” Ainsi s’exprimait le célèbre consultant de L’Équipe, Gregory Schneider, à la suite des décisions scandaleuses des demi-finales, en particulier lors du match Maroc-Cameroun.

D’autres sommités du football africains comme le journaliste Hédi Hamel avaient attiré l’attention sur les conditions scandaleuses dans lesquelles la CAN marocaine a été organisée, avec un arbitrage des plus calamiteux. Il disait : “Jamais, depuis 70 ans, la CAN n'a été autant malmenée sur le plan stratégique...  C'est une CAN à oublier très très rapidement. Elle ne donne rien d’historique.”

Parmi les arguments avancés, il y avait certes les conditions d’organisation, mais il y avait aussi l’arbitrage catastrophique. “Jamais, une CAN n’a connu des arbitres aussi peu compétents, aussi aussi peu expérimentés, aussi peu connaisseurs et observateurs, respectueux des règlements et des lois du football. Le niveau était catastrophique”, dénonçait le journaliste sportif, conseiller de plusieurs présidents de la CAF, qui suit la compétition depuis plusieurs décennies.

La CAN la plus honteuse de l’histoire

On était tenté de croire que ces erreurs d’arbitrage étaient juste des faits de jeu, un manque de compétence notoire des arbitres ayant participé à cette compétition. Mais ce qui s’est passé lors de la finale a fini de convaincre que c’était bien plus que de simples méprises humaines. Tout dans cette CAN a été fait pour livrer la commande du duo Lekjaa-Motsepe. Même avec l’assistance vidéo, ces derniers étaient incapables de prendre de bonnes décisions. Il aura fallu la rébellion de la bande à Pape Thiaw, pour ramener un peu de respect sur le terrain.

Mais qui eut cru que les dirigeants du foot africain oseraient pousser le bouchon aussi loin ? Jurgen Klopp s’est senti excédé. “L'une des choses les plus absurdes que j'ai jamais vues. Le Maroc, champions de la Coupe d'Afrique des Nations 2026”, a-t-il réagi sur ses plateformes.

Mais certains voyaient venir avec l’activisme du président de la fédération marocaine et de ses vallets dont le président de la Commission des arbitres, le ridicule Olivier Safari, qui a osé accuser les serviettes, le président de la fédération mauricienne qui avait déjà donné la couleur en présentant de pseudo-excuses au Maroc.

Tout semble avoir été savamment orchestré depuis très longtemps, avec une série de scandales qui a secoué le football continental. Dans une tribune largement diffusée sur les réseaux sociaux et dans certains médias, certains attiraient l’attention sur ce qu’ils ont appelé “l’accord de Kinshasa : comment la commission des arbitres a été vendue au Maroc”.

Dans ladite tribune, on évoque notamment un audit accablant contre le secrétariat général de la CAF, dirigé par le tout-puissant Véron Mosengo-Omba : un autre Congolais, au sommet de la pyramide, très proche de Gianni Infantino avec qui il a étudié à l’université de Fribourg. En l’absence de Motsepe pris par ses affaires, Mosengo-Omba dirige presque de main de fer l’organisation, avec le soutien des vrais boss : le président de la CAF et son influent vice-président Fouzi Lekjaa….

La mise en place de la mafia

Ce qui est constant, écrivions-nous dans nos précédentes éditions, c’est que des accusations accablantes ont bel et bien eu lieu contre le bras droit de Motsepe et Lekjaa, Mosengo-Omba. Un audit a même été ordonné par la CAF en 2024. “Mosengo-Omba était aussi visé par une enquête ouverte en Suisse, après des soupçons graves de blanchiment d’argent émis par une banque auprès du MROS, le bureau de communication central helvétique en matière de renseignement financier”, rappelait EnQuête.

Les allégations portaient notamment sur des bonus supposés excessifs perçus par le dirigeant – jusqu’à cinq fois le montant prévu dans le contrat qu’il avait signé avec la CAF en mars 2021 –, mais également sur des soupçons de gestion déloyale, fraude et falsification de documents financiers, avait informé Le monde. Il n’a dû son salut devant la justice suisse que grâce à une absence de preuves.

Pour beaucoup d’observateurs, le SG Véron Mosengo-Omba qui est au bord de la retraite devait aussi son salut à Motsepe et à Lekjaa qui, lui, voulait surtout sa coupe d’Afrique, quelqu’en soit le prix.

Acte 1 de la mascarade

Pour mettre en œuvre son plan, Lekjaa avait écarté tous ceux qui refusaient d’entrer dans son schéma. À la suite de la défaite de l’équipe marocaine (encore chez elle) devant le Nigéria, le président de la fédération marocaine était dans tous ses états. Face à la pression, la CAF cède et limoge l’Ivoirien Noumandiez jusque-là directeur de l’arbitrage. Depuis, ce dernier n’a pas été remplacé.

Acte 2

Dans le même contexte, Lekjaa et sa clique avaient fait dégager le président de la commission des arbitres Adjovi pour mettre à la place le congolais Olivier Safari. Une décision qui a été très contestée au niveau des instances parce que dénuée de tout fondement objectif.

Acte 3

Après avoir écarté le président de la Commission et le directeur de l’arbitrage, les maîtres de la CAF pouvaient dérouler leur plan, avec leurs pantins Safari et Omba. Pour désigner l’arbitre du match d’ouverture et de la finale de la CAN, le duo n’a pas cherché très loin. Ils ont juste pris leur compatriote et ancien patron de Safari, Jean Jaques Ndala.

Acte 4

Ce n’est que la face visible de l’iceberg. Les amoureux du football ont été scandalisés le long de cette CAN à cause de décisions d’arbitrage plus que douteuses, surtout lors des matches du Maroc. Même avec l’assistance vidéo, les arbitres ont été incapables de prendre de bonnes décisions. Dans une interview avec APS, l’arbitre gambien Bakary Gassama disait : “Nous avons vu que les gens ne maîtrisent pas la VAR. C’est valable pour tout le monde mais surtout les arbitres. Il y a eu beaucoup de problèmes qui sont dus à une mauvaise utilisation de la VAR….” Pour lui, il y a des décisions qui sont intolérables en Coupe d’Afrique…. L’arbitre ne voulait pas approfondir, parce que la commission des arbitres n’avait pas encore fait ses évaluations.

Ce que l’international gambien semble ne pas prendre en compte : c’est le facteur corruption dans son analyse.

Mor AMAR

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