Publié le 25 Jan 2014 - 17:35
DOSSIER AIDA NDIONGUE

Halte à la médisance ! (ll n’y a de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre)

 

Goebbels, l’artisan en chef de la propagande nazie, disait qu’il suffisait de répéter un mensonge trois fois pour qu’il devienne vérité. Il est désolant de voir à quel point aujourd’hui la scène politico-juridico-médiatique sénégalaise est devenue un terreau favorable à l’épanouissement de ce genre de théorie.

Pour l’illustrer, je me propose de lister une des plus grosses (grossières même) manipulation qui a fait le tour des médias sénégalais ces derniers jours, avec beaucoup de succès auprès de certains esprits illuminés qui croient à tout ce qu’ils aiment entendre (…) dont ce refrain faisant d'un procureur de la République l'exécuteur de la volonté d'un Premier ministre.

Qui est derrière ? Dans quel but ? Je ne détiens pas de réponse. Comme l’avait dit quelqu’un en essayant de donner une définition du sous-développement, c’est l’écart entre la perception et la réalité. Si nous souhaitons vraiment mettre notre pays sur le chemin du progrès, nous savons ce qu’il nous reste à commencer par faire…

Essayer de neutraliser le pouvoir de nuisance des apprentis-sorciers, les émules de Goebbels, ne pas contribuer à la propagation d’intox et à la manipulation de l’opinion est avant tout un acte d’engagement citoyen. Il n’est ni patriotique ni intelligent dans cette étape critique de l’histoire de notre pays de recourir à de tels procédés.

Parallèlement à la vague de froid sans précédent qui sévit depuis quelques jours sur notre cher pays, il semblerait que le phénomène d’intoxication «judiciaire» ait également pris une ampleur sans précédent.

De tout temps et dans toutes les contrées, les techniques qu’on appelle communément ‘agit-prop’ ont été une arme redoutable et malheureusement parfois efficace pour déstabiliser les adversaires politiques, en ayant recours au besoin à des coups sous la ceinture.

Ce qui fait peut-être l’originalité du cas sénégalais, c’est qu’on est plutôt habitué à ce que ce genre de basse besogne soit plutôt l’apanage des politiques pour jeter l’anathème sur toute forme d’opposition.

Aujourd’hui, j’ai bien l’impression que ces techniques sont aussi utilisées dans l’autre sens (c’est-à-dire contre le pouvoir en place, en particulier Mme le Premier Ministre, profitant probablement de la fragilité du contexte de la traque des biens supposés mal acquis).

Ce phénomène ne peut que nuire à la transition démocratique et à l’exercice de la citoyenneté et de l’esprit civique que nous sommes tous en train d’apprendre, au-delà de nos affinités et de nos croyances.

Patrice SANE, membre CCR/APR

Pdt Collectif des Amis de Mame BOYE DIAO

 

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