Publié le 30 Sep 2016 - 18:03
ÉCISION DE LA JUSTICE FRANCAISE SUR L’AFFAIRE “ÉTAT DU SÉNÉGAL –KARIM WADE”

La preuve par mille...

 

Notre constitution consacre fort justement l’exclusivité de la nationalité sénégalaise pour les candidats à l’élection présidentielle. Cette maxime tire son fondement sur le postulat que la conscience humaine ne peut pas admettre la possibilité pour une personne, quelqu’elle soit, de briguer la magistrature suprême d’un pays, tout en ayant une autre patrie ; A ce niveau,  le dédoublement est inconcevable à cause des conflits d’intérêts manifestes que cette transnationalité pourrait générer  dans plusieurs domaines stratégiques. Il en va de même sur la  renonciation  à l’appartenance  à une autre patrie des plurinationaux s’intéressant à diriger les sénégalais, afin d éviter  que celle-ci   soit  circonstancielle ou formaliste, sans être véridique ou de conviction. Aussi, le délai de renonciation doit –il être le plus long possible pour ne souffrir d’aucune accommodation suspecte.

C’est pourquoi, si l’on se fonde sur les dispositions constitutionnelles actuelles, la déclaration sur l’honneur pour la renonciation à une ou plusieurs nationalités pour les candidats à l’élection présidentielle ne suffit pas , pour éviter qu’ elle soit entachée de manque de sincérité ; C’est la raison pour laquelle le code de la nationalité prévoit un délai de maturation ou période probatoire d’une dizaine d’années pour l’acquisition de la nationalité sénégalaise pour les  étrangers qui vivent parmi nous.

Dans l’esprit de la loi sur le code de la nationalité sénégalaise, le délai de renonciation  des plurinationaux candidats à l’élection présidentielle doit être équivalent à celui observé pour  l’acquisition de la nationalité sénégalaise, en vertu du parallélisme des formes, c'est-à-dire dix années , ou ,au moins égal à la durée du mandat  présidentiel de cinq années pour être crédible et ne souffrir d’aucune apatridie .

A la lumière de la décision rendue par les juridictions françaises sur l’affaire ‘’état du Sénégal- Karim Wade ‘’ relative à l’exécution des peines pécuniaires prononcées par la CREI, le conflit d’intérêts que l’appartenance à plusieurs nationalités  peut générer, lorsque des plurinationaux aux affaires sont rattrapés par la justice apparait clairement ici. En effet, le juge français, sur la requête de l’état sénégalais a refusé de dépouiller ses concitoyens, Karim Wade et Bibo Bougi bénéficiant de la nationalité française  dont les biens se trouvent sur le territoire français, en dépit de la condamnation des juridictions sénégalaises et du respect des traités internationaux ratifiés sur la corruption et l’enrichissement sans cause ; Là où la justice  française  protège ses concitoyens, la justice sénégalaise condamne ces mêmes citoyens dits sénégalais.

Si bien que, cet exemple de conflits d’intérêts provoqués par l’appartenance à plusieurs nationalités qui peuvent s’étendre aussi à d’autres domaines stratégiques, constitue la preuve manifeste que le délai de renonciation pour être candidat à l’élection présidentielle devrait être encadré et étendu à d’autres niveaux de responsabilité , pour éviter demain que les intérêts du Sénégal soient compromis . La pluri nationalité, pour ceux  qui désirent  être aux affaires étatiques, pose en réalité des problèmes de choix entre pays, lorsque des différents apparaissent ; Et, c’est la raison pour laquelle, en dehors de la fonction présidentielle qui doit être protégée, les hautes fonctions étatiques doivent aussi subir le même traitement afin  de ne pas compromettre demain les intérêts stratégiques du Sénégal avec l’appartenance à plusieurs nationalités.

Kadialy Gassama, Economiste

Rue Faidherbe X Pierre Verger

Rufisque

 

Section: 
FÉDÉRATION SÉNÉGALAISE DE FOOTBALL (FSF) : La caste inamovible qui asphyxie les Lions doit tomber
Quand le rapport Forvis Mazars révèle un risque systémique... et ouvre paradoxalement un nouvel espoir institutionnel
OUSMANE TANOR DIENG : L’héritage d’une rigueur, l’appel d’une responsabilité
Le Sénégal a besoin d’une gouvernance, pas d’un vainqueur
L’ILLUSION DÉMOCRATIQUE À L’ÉPREUVE DU RÉEL Le Sénégal ou le piège de la politique-spectacle
L’emploi ne nait pas par hasard
Le Sénégal comme illustration d’un nouveau paradigme de reconstruction productive
ACTE IV DE LA DÉCENTRALISATION : La formule clé d’une opérationnalisation immédiate des pôles territoires
LE RENDEZ-VOUS DE TOUS LES RENIEMENTS : Le Palais, nouvel épicentre de la transhumance
À propos des démissions des directeurs généraux
L’ACTE IV DE LA DÉCENTRALISATION : Vers une refonte du cadre territorial ?
Le défi africain du temps long
QUAND LE TALENT NE SUFFIT PLUS : Les leçons du match Sénégal–Belgique au prisme du Seuil de Thiam (Seuil de Pertinence Stratégique)
DÉFENDRE LA CONSTITUTION, C'EST D'ABORD DÉFENDRE LE DROIT : Quelques observations sur la Déclaration du Réseau des Universitaires pour la Défense de la Constitution et de la démocratie du 29 juin 2026
LE SOMMET DU G7 À ÉVIAN : Une ambition affichée, mais des limites structurelles persistantes
MOURDIAH ET NARA : Le JNIM et la conquête des fonctions étatiques
ASSEMBLÉE NATIONALE : AU NOM DE LA DÉMOCRATIE, IL EST TEMPS DE DÉCIDER Appel de 143 personnalités pour l’adoption de la révision constitutionnelle
NOUVEL ARTICLE 92 DE L'AVANT-PROJET REPRIS PAR LA PROPOSITION DE RÉVISION CONSTITUTIONNELLE : L’intrusion du Juge dans l’Hémicycle
ÉPISTÉMOLOGIES DU SUD : CAPITAL HUMAIN ET PLANS TACTIQUES Temps long vs posture tactique dans le Sénégal contemporain
DU TERRAIN DE FOOTBALL AU CORPS FÉMININ : Quand une défaite sportive révèle les normes sociales du corps au Sénégal