Publié le 22 Feb 2018 - 23:47

Et si on interpellait Abdou DIOUF ?

 

Personne n’a oublié que lorsqu’il quittait le pouvoir, le Président Abdou Diouf avait dit qu’il s’en allait et qu’il ne regarderait pas dans le rétroviseur. En me souvenant du cas du Président Amadou Ahidjo qui, se résignant à quitter le pouvoir d’Etat au Cameroun, n’aurait pas la même intention qu’Abdou Diouf. La conséquence a été que ses relations avec son successeur s’étaient mal passées, d’où son émigration au Sénégal, où il termina sa vie, manifestement non sans regretter quelque chose en rapport avec son divorce avec le pouvoir et ceux qui l’y avaient succédé.

Mais si le Président Abdou Diouf assume sa déclaration, force est de constater que depuis un certain temps, il a eu à tenir des propos qui peuvent faire penser qu’il est peut-être entrain de revoir son engagement de ne pas regarder dans le rétroviseur.

Qu’à cela ne tienne, mais qu’est-ce qui l’empêche alors de réajuster son rétroviseur et d’y jeter de temps en temps des coups d’œil pour se rendre compte de l’état actuel du parti, qu’il avait hérité du Président Léopold Sédar Senghor, celui-là qui contrairement à lui n’a pas regardé dans le rétroviseur jusqu’à sa mort ? Pour avoir conservé sa qualité de membre du parti socialiste, il aurait dû se faire le devoir moral de prodiguer des conseils à ses camarades et utiliser sa position privilégiée près du Président Macky Sall afin qu’ils ne souffrent pas de torture morale injustifiée, comme Khalifa Sall qui est en train de subir des maltraitances en s’accrochant aux valeurs de son parti et pour avoir refusé de se livrer à ce genre de combine qu’on propose aux détenus politiques qu’on suppose prêts à se rendre à Canossa.

Je ne sais pas s’il est une fois arrivé aux oreilles du Président Diouf, les bruits qui circulent dans le landerneau politique depuis des mois. Des gens, peut-être mal intentionnés subodorent la possibilité de sa transhumance. « Astahfiroulah ! ». Pourquoi pas des lors que les Sénégalais ne s’étonnent plus de ce dont sont capables les hommes et femmes politiques. On se permet de penser que les faits et gestes caractéristiques de retournement de veste ont toujours pour cause le désir d’un changement de statut social avec tous les avantages qui vont avec.

La cause que certains imaginent par les temps qui courent est le fait que notre actuel Chef de l’Etat et Abdou Diouf ont eu plus d’une fois à s’envoyer des civilités à caractère politique pour ceux qui savent lire entre les lignes, ceci expliquerait le fait qu’Abdou Diouf aurait choisi de se mettre à l’écart, quelque soit le tort que le régime est en train de faire subir à Khalifa dont l’unique tort serait que celui-ci qui a le droit d’avoir des ambitions cherche à voler de ses propres ailes dans le cadre des lois et de la pratique de tous ses prédécesseurs à la mairie de Dakar.

Tout ce qui se fait dans notre pays qu’il urge de rectifier dans  l’intérêt général ne doit laisser personne indifférent, au motif qu’il faut respecter le fameux principe de la non-ingérence.

                                                                                                            Dakar, le 21 février 2018

 

                                                                                                            Maître Wagane FAYE

 

 

Section: 
L’ACTE IV DE LA DÉCENTRALISATION : Vers une refonte du cadre territorial ?
Le défi africain du temps long
QUAND LE TALENT NE SUFFIT PLUS : Les leçons du match Sénégal–Belgique au prisme du Seuil de Thiam (Seuil de Pertinence Stratégique)
DÉFENDRE LA CONSTITUTION, C'EST D'ABORD DÉFENDRE LE DROIT : Quelques observations sur la Déclaration du Réseau des Universitaires pour la Défense de la Constitution et de la démocratie du 29 juin 2026
LE SOMMET DU G7 À ÉVIAN : Une ambition affichée, mais des limites structurelles persistantes
MOURDIAH ET NARA : Le JNIM et la conquête des fonctions étatiques
ASSEMBLÉE NATIONALE : AU NOM DE LA DÉMOCRATIE, IL EST TEMPS DE DÉCIDER Appel de 143 personnalités pour l’adoption de la révision constitutionnelle
NOUVEL ARTICLE 92 DE L'AVANT-PROJET REPRIS PAR LA PROPOSITION DE RÉVISION CONSTITUTIONNELLE : L’intrusion du Juge dans l’Hémicycle
ÉPISTÉMOLOGIES DU SUD : CAPITAL HUMAIN ET PLANS TACTIQUES Temps long vs posture tactique dans le Sénégal contemporain
DU TERRAIN DE FOOTBALL AU CORPS FÉMININ : Quand une défaite sportive révèle les normes sociales du corps au Sénégal
APPEL HSF POUR 40 MIGRANTS SÉNÉGALAIS EMPRISONNÉS EN MAURITANIE “Ils meurent à petit feu”
MOBILITÉS HUMAINES- SPORT ET CULTURES : Une coupe du monde raciste, xénophobe et discriminatoire !
CONCILIER LES AMBITIONS SOUVERAINES DU PEUPLE AVEC LES EXIGENCES DE RIGUEUR DU FMI Un exercice cornélien pour le nouveau gouvernement ?
De la nécessité d’une réforme de l’enseignement à la nécessaire rééducation de l’intelligentsia au Sénégal
MES CONSEILS AU DUO DIOMAYE-SONKO : Tout est possible !
Lettre ouverte à Monsieur Bacary Sarr, Ministre de la Communication et des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement
CONCERTATIONS NATIONALES : L’économie ne peut plus attendre
AU-DELÀ DES RÉFORMES : Refonder l’éducation sénégalaise pour bâtir le capital humain du XXIe siècle
SÉNÉGAL : Quand gouverner sans la majorité devient le défi démocratique
Petite reflexion sur la figure messianique au Sénégal