Publié le 7 Jul 2023 - 12:15
FIN DE L’ILLUSION DU TROISIÈME MANDAT

Une grande victoire d’étape

 

La lutte du peuple sénégalais contre la dictature néocoloniale a enregistré le 03 Juillet 2023 une importante victoire d’étape.

En mettant défectivement fin aux prétentions à une « troisième candidature pour un second quinquennat » anticonstitutionnel, le peuple sénégalais et singulièrement sa jeunesse, a brisé une arrogance qui défiait toute logique juridique et morale.

Dans sa forme, l’humiliant discours de capitulation qui a mis fin à la suspense entretenue par « Niangal », n’a même pas fait référence à une consultation d’un Conseil Constitutionnel qui allait certainement et comme d’habitude, donner son blanc-seing à la forfaiture.

La forte pression subie de toutes parts semble pouvoir expliquer le fait que ni la direction de son parti ni celle de sa coalition n’ont été mises au parfum de cette décision déroutante pour elles tellement l’option de la continuité après Février 2024 était ancrée dans les esprits.

En fait la victoire du 03 Juillet 2023, qui a désormais mis le Pouvoir néocolonial sur la défensive, est l’aboutissement d’un combat héroïque et de sacrifices immenses de la jeunesse sénégalaise.

Une jeunesse en première ligne du combat et qui a consenti à verser son sang pour la libération du pays de la férule d’un régime néocolonial qui se croyait invincible du fait de manouvres perfides déployées et de forces répressives qu’il avait accumulées ces dernières années.

Cette reculade du régime néocolonial que des hypocrites qualifient de « sortie par la grande porte » a été en fait le fruit d’une lutte implacable qui a couté au Peuple sénégalais la vie d’une cinquantaine de ses valeureux enfants, des centaines de blessés et prisonniers politiques sans parler des pertes matérielles non-négligeables.

Cette victoire est aussi le résultat de l’unité, de la détermination, du sens politique d’alliance et de la vision stratégique d’une direction du Parti PASTEF-LES-PATRIOTES, consciente des enjeux de la lutte et des efforts nécessaires à son aboutissement.

Ainsi, la fin de l’illusion « d’un troisième mandant » illégal est un acquis qualitatif de haute portée en ce qu’elle signe un renversement de taille : l’affirmation claire et sans ambiguïté de la souveraineté du Peuple désormais maitre de son destin.

En effet, il ne sera désormais plus question, qu’un dirigeant méprisant, à la tête d’une clique corrompue de parvenus, prenant le peuple sénégalais pour une cohorte d’individus immatures, tente d’imposer un agenda anticonstitutionnel sur la base de soutiens que lui fournissent des puissances impérialistes.

Après l’épisode du « waxwaxeet » de 2011/12, aucun dirigeant, quelques soient les appuis que lui fourniront les tenants du néocolonialisme, n’osera plus défier aussi ouvertement les lois constitutionnelles de la République dont le Peuple souverain est le Gardien véritable.

 L’acquis de taille obtenu est que désormais, les intérêts étrangers, sur la base d’un contrôle néocolonial sur le pouvoir d’Etat, ne dicteront plus leur loi sur le sol du Sénégal.

Il est à noter que ce combat multiforme, principalement porté par la jeunesse des villes et des campagnes, a revêtu des formes variées et a ciblé le Régime néocolonial dont les vulnérabilités avaient été bien repérées.

L’occupation de la rue combinée à la multiplicité des foyers de combat et à la tension constante entretenue sur le terrain par une population civile aux mains nues, ont mobilisé les forces adverses sur la durée, émoussé leur moral et épuisé leurs réserves.

La coordination des actions internes avec la mobilisation internationale de la Diaspora, l’appoint du combat judiciaire international et les pressions diplomatiques ont multiplié les fronts de lutte et fini, dans la durée, par à peser les nerfs d’un adversaire dont les alliés doutaient des options répressives.  

Cette coordination des actions de protestation, la mise au-devant de la scène audiovisuelle des milices et des nervis, la médiatisation des crimes et de l’usage d’armes létales, ont fini par mettre à nu la propagande mensongère sur des « forces occultes » crées de toutes pièces.

Il faudrait toutefois garder à l’esprit que cette victoire d’étape fait apparaitre de nouveaux défis d’ampleur et de complexité insoupçonnées liés à la volonté de sauver un système néocolonial moribond :

-tentatives d’isolement et de marginalisation du camp patriotique par la remise en selle de « vieux chevaux de retour », désormais habillés de boubous « d’opposition responsable » après avoir été trainés dans la boue pour « crimes économiques. »

-séquestration à domicile et isolement illégal et sans mandat de justice du Président du parti PASTEF-Les Patriotes Ousmane Sonko.

-maintien en détention de quelques six cents (600) prisonniers politiques sur la base d’accusations sans fondement.  

-maintien en l’état du dispositif répressif malgré les coûts, l’épuisement évident des hommes exposés dans les rues et en état d’alerte sur une si longue période.

-appel pressant à l’appui de puissances étrangères qui louent avec une hypocrisie ahurissante « le geste d’un grand homme d’Etat » qu’elles venaient de contraindre à renoncer à une éventuelle candidature illégale.

Face à cette situation délicate mais transitoire, il importe de maintenir la mobilisation du Peuple par une « pression tous azimuts » sur le régime néocolonial qui doit rester la cible principale du combat de libération.

En plus de la libération de tous les prisonniers politiques illégalement détenus, cette pression doit viser le rétablissement dans tous ses droits du Présent du parti Pastef-Les-Patriotes Ousmane Sonko dont le dossier judiciaire a montré, dans un procès inique, en son absence et en l’absence de ses avocats, toute sa vacuité.

Il est important de noter que les sacrifices consentis et la victoire engrangée n’auront de sens que dans l’atteinte de ces objectifs qui conditionneront la tenue d’un scrutin ouvert et transparent en Février 2024. 

En attendant, il faudra suivre avec attention la situation globale et en particulier la reconfiguration du camp adverse après que les tenants de la « troisième candidature » aient subi la déconfiture que l’on sait.

Il faudrait s’attendre à une lutte d’egos et de positionnement dont l’opposition en général et la plus déterminée en particulier, pourrait tirer profit. 

Il faudrait surtout veiller à ce que l’isolement du Président du Pastef-les Patriotes, voulue pour impacter négativement sur les activités du Parti, ne soit une cause de reflux en cette période cruciale.

Bien au contraire, la Direction, tous les organes et tous les militants et sympathisants ainsi que les Forces alliées doivent multiplier les efforts de mobilisation et de pression sur le régime néocolonial pour qu’il se persuade qu’il ne pourra jamais venir à bout de l’engagement et de la combativité du Peuple sénégalais, prêt à tous les sacrifices pour aboutir à la victoire.

Nous devons ses efforts aux sénégalais illégalement détenus, aux nombreux concitoyens blessés qui souffrent dans leur chair des méfaits de la répression du régime néocolonial, aux morts pour l’avènement d’un Sénégal de Liberté et dont les noms seront un jour inscrits en lettres d’or sur les monuments dressés en leur honneur.

Dakar, le 05 Juillet 2023
Doyen Alla Kane,
MAGI PASTEF    

 

Section: 
DU TEXTE AU GESTE : L’ordre de préséance et la valorisation des élus à la lumière du décret n°99 252 du 19 mars 1999
AU SENEGAL, LES PAUVRES PAIENT PLUS POUR SE SOIGNER : Le paradoxe de notre système de santé
DE LA SUPRÉMATIE PRÉSIDENTIELLE : Entre conflits et primauté
Analyse de la décision n° 2/C/2026 du Conseil Constitutionnel
De grâce ne nous faites pas ça !
SONKO MOY DIOMAYE - DIOMAYE MOY SONKO : C’est le difficile qui est le chemin
Vous n’avez même pas honte : récit d’une fraternité trahie
Refus de l’intangibilité absolue du titre foncier et fondement juridique d’une politique de récupération des biens publics irrégulièrement appropriés
CULTURE AU SÉNÉGAL : Une puissance créative entravée par ses propres failles
Les mineurs artisanaux africains méritent le développement, pas l’effacement
LE SÉNÉGAL DEVANT UN DÉTROIT D’ORMUZ FINANCIER : Explication métaphorique des TRS
L’ÉCONOMIE DES SOINS : Une condition d’autonomisation économique des femmes et de prospérité partagée au Sénégal
SÉNÉGAL–FMI Entre souveraineté proclamée et dépendance réelle
SONKO–DIOMAYE : Pourquoi la coopération vaut mieux que la rivalité
UNE DÉCISION JURIDIQUEMENT INDÉFENDABLE Pourquoi le Tribunal Arbitral du Sport annulera le forfait infligé au Sénégal
Qui dirige le Sénégal ?
NOS RESSOURCES NE DOIVENT PLUS ENRICHIR LES AUTRES. “L’Afrique doit servir d’abord les Africains”
DIOMAYE–SONKO ET LA TECTONIQUE DU POUVOIR : Quand les fissures du sommet traversent l’État
LA PAGE DE “L’AFFAIRE SOFTCARE” TOURNÉE : Les consommatrices soulagées
SÉNÉGAL : De nouveau sur la nécessaire et urgente refondation des institutions