Publié le 4 May 2026 - 20:04
KHALIFA A. SALL (TAXAWU SÉNÉGAL)

“Notre temps d’observation de 24 mois est terminé”

 

Après une pause délibérée de 24 mois sur le débat politique, Khalifa Sall a annoncé qu'il va désormais se prononcer sur le débat politique, tout en demandant à ses responsables d'investir le terrain

 

La rentrée solennelle de la Cellule des cadres de Taxawu Sénégal (CAPS) a servi de tribune à Khalifa Ababacar Sall pour faire un retour remarqué dans le débat politique. Lors de la conférence publique organisée à Thiaroye à cet effet, il s'est longuement prononcé sur l'actualité politique.

Avant cela, il a annoncé que Taxawu Sénégal va tenir son congrès les 9 et 10 mai prochain. Selon ses dires, ce sera l'occasion de construire une vraie alternative au plan programmatique, de la stratégie et des choix politiques. Il n'y aura pas de sujet tabou dans leur approche, car, dit-il, tout sera mis sur la table.

"Nous sommes dans une phase de remise en cause et de remise en question. Et cette soirée n'est qu'un coup de départ de ce que nous voulons poursuivre. Parce que notre ambition, c'est d'être une alternative, de construire une alternative pour le Sénégal et pour le pouvoir actuel. Nous les avons vus travailler. Nous voulons procéder différemment et faire autrement, si les Sénégalais nous font confiance », annonce Khalifa Sall.

Il dit avoir observé le paysage politique, depuis deux ans, en tant que politique. Il a opté pour ce choix qui est difficile pour l'homme politique qu'il est. Mais cette phase est derrière lui maintenant, car la donne va changer. "On est sur le point de se refaire. On a commis des erreurs dans le passé. On ne va pas se leurrer. Nous avons commis des erreurs de management. On le reconnaît et on l'assume. L'erreur est humaine. Nous allons corriger et passer à l'avant. L'avenir nous intéresse. Nous allons discuter de tout. Depuis 10 mois, on travaille et, les 9 et 10, ce sera un nouveau départ pour réadapter notre posture et notre méthode de travail pour mieux être à l'écoute de la population et à leur service", indique-t-il.

Il demande à ses responsables d'aller à l'assaut du terrain et de discuter avec les militants, de débattre et non d'insulter ou de dénigrer des personnes, de présenter leur offre politique.

L’ancien maire de la capitale de déclarer : « Vous savez, comme je l'ai dit, nous faisons partie des acteurs qui ont été dans tous les processus, surtout en matière électorale dans ce pays. Nous avons participé à tous les dialogues et nous avons souvent été à l'initiative d'un certain nombre de changements en la matière. Ce qui a été fait, je ne sais pas comment qualifier ce jeu pour être poli. C'est une même majorité qui, sur une même question, a des attitudes et des comportements différents ».

S’agissant de la révision du code électoral, il se dit inquiet et s'interroge sur plusieurs points. "Qu'est-ce que ça signifie ? Qu'est-ce que ça induit ? Qu'est-ce que ça explique ? Qu'est-ce qui peut le justifier ? Nous nous interrogeons. Je ne fais pas de jugement de valeur, mais je suis quand même inquiet, parce qu'on aurait pu nous faire l'économie de ça. Nous avions été au dialogue initié par le président de la République, donc par cette majorité. Les questions qui étaient réglées avaient été débattues là-bas et avaient été rejetées. Pourquoi ce qu'on a rejeté hier, on l'accepte aujourd'hui ? Moi, c'est ça qui me gêne. J'ai un problème à comprendre ou à suivre la cohérence de nos amis (le pouvoir), en tout cas des gouvernants."

Il poursuit : "La tradition dans notre pays est que la matière électorale a toujours fait l'objet de consensus, en tout cas de discussion au moins. On s'entend ou on ne s'entend pas, mais au moins on en débat. Et ce passage en force est inexplicable ».

Economie

Khalifa Sall s'est aussi prononcé sur la question de la dette du Sénégal qui étrangle le régime. "La dette n'est pas une mauvaise chose, tout dépend de là où elle va ainsi que des réalisations qui s'en suivront. Il n'existe pas de pays sans dette. C'est la raison pour laquelle les débats soulevés sur les dettes nous font rire. Quand on laissait le pouvoir à Wade, les dettes étaient presque nulles. Ce qui nous permettait de faire des investissements. (…) On ne comprend pas qu'on négative les dettes. Ce débat pourrait être évité. Il nous retarde. La façon dont on instrumentalise les dettes risque d'être un handicap pour ce pays. Nous, les socialistes, savons ce qu'est une dette. Pour l'instant, le pays est difficile et cela ira de l'avant. Il faut se préparer à ça. Je ne vois pour l'instant pas de solution à cela", indique le leader politique.

CHEIKH THIAM

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