L’APR dénonce et réclame une réforme

Le parti de l'ancien président Macky Sall accuse le pouvoir d'organiser un « débauchage » d'élus locaux à la faveur de la création de la nouvelle formation présidentielle. Il plaide pour une réforme imposant la perte du mandat en cas de changement volontaire d'appartenance politique.
L'Alliance pour la République (APR) hausse le ton contre les ralliements d'élus locaux au nouveau parti présidentiel. Dans une déclaration rendue publique, le parti de l'ancien président Macky Sall dénonce ce qu'il qualifie de « débauchage » de maires, de conseillers municipaux, de conseillers départementaux et de présidents de conseils départementaux, estimant que cette dynamique porte atteinte à la volonté exprimée par les électeurs. Selon l'APR, ces changements d'appartenance politique en cours de mandat ne sauraient être réduits à de simples choix individuels. Le parti considère que les citoyens votent non seulement pour des candidats, mais également pour un projet politique, un programme et une formation. Dès lors, soutient-il, un élu qui quitte le parti sous les couleurs duquel il a été élu sans solliciter à nouveau les suffrages des électeurs rompt le contrat de confiance établi avec ces derniers.
Dans sa déclaration, l'APR estime que la transhumance politique « vide le vote de sa substance », « dénature la représentation » et transforme le mandat électif en un bien individuel pouvant être négocié au gré des intérêts politiques. Le parti va plus loin en accusant le pouvoir d'utiliser ces ralliements pour consolider sa majorité.
Selon lui, lorsque la transhumance est encouragée par les autorités, elle devient un instrument de recomposition politique qui ne traduit pas nécessairement une adhésion populaire, mais résulte de la capacité du pouvoir à attirer des élus grâce aux moyens dont il dispose. L'APR relève également ce qu'elle présente comme une contradiction entre les positions actuelles des autorités et les critiques qu'elles formulaient autrefois contre la transhumance politique.
Au-delà de la dénonciation, l'APR formule une proposition de réforme institutionnelle. Le parti plaide pour une modification du statut des élus afin que tout changement volontaire d'appartenance politique en cours de mandat entraîne, sauf pour les élus indépendants, la perte automatique du siège et l'organisation d'un nouveau scrutin. Une telle réforme, estime-t-il, permettrait aux électeurs de confirmer ou non leur confiance à un élu ayant choisi de changer de formation politique. Pour l'APR, la liberté de conscience d'un élu ne doit pas primer sur le respect du suffrage exprimé par les citoyens. Le parti affirme enfin qu'il poursuivra son combat pour « la sincérité du suffrage », « l'éthique républicaine » et le respect de la volonté populaire, qu'il considère comme des conditions essentielles au bon fonctionnement de la démocratie.
F. BA






