Publié le 11 May 2013 - 09:15

La CEDEAO, "ce machin"…

En septembre 1960, le Général de Gaulle, déçu par l'inefficacité de l'ONU à atteindre l'objectif pour lequel elle a été créée, critiqua l'organisation en ces termes : "l'ONU, ce machin". Quand la CEDEAO a, deux fois de suite, par des décisions insolites donné raison au PDS dans son différend qui l'oppose à l'Etat du Sénégal, pays souverain, l'on est tenté, mutatis mutandis, de paraphraser le général. Commentant la décision de justice de l'organisation régionale, le professeur Madior DIOUF écrit : "Il ne faut pas que la Commission de la CEDEAO fasse de celle-ci ce que nous ne voulons pas. Elle doit être une institution au service des pays membres."

 

En effet quand Wade en 2011 ne s'était pas le moins du monde gêné pour violer les règles démocratiques établies par cette même CEDEAO à moins de six mois des élections, "nous lui avons envoyé un dossier ; alors qu'elle nous avait opposé une sourde oreille, c'est aujourd'hui que sa Commission peut prendre des décisions. Elle doit au préalable nous dire ce qui est advenu de notre requête. Si elle ne le fait pas, on serait tenté de penser que la CEDEAO fait de la politique, et par conséquent est en train de faillir à sa mission.

 

Le mot est lâché : "faillir à sa mission"…comme l'ONU du général de Gaulle citée plus haut Heureusement que le peuple sénégalais, dans sa souveraineté, a fait face, le 23 juin 2011. Le fait que la décision de la CEDEAO ait été contestée par d'éminents juristes montre qu'elle aurait dû se déclarer incompétente et se montrer neutre. Mais en tout état de cause, sa décision n'aura aucun effet juridique ; certaines décisions en droit sont sujettes à diverses interprétations, de sorte que chacun y voit midi à sa fenêtre.

 

Si le fils de l'ancien président était laissé libre d'aller à sa guise, et qu'il réussît à s'échapper en France, est-il sûr qu'il reviendrait au Sénégal ? Si la France n'extrade pas ses ressortissants, que ferait alors la CEDEAO ? Il aurait été très frustrant pour un peuple de voir, impuissant, que le fruit de son labeur a été impunément détourné au nom de je ne sais quel juridisme de mauvais aloi. Certes il est présumé innocent, mais aussi de très fortes présomptions pèsent sur lui. Le fils de l'ex-ministre de la Justice a été incarcéré sans qu'on manifeste. L'argument selon lequel Karim était ministre ne tient pas. Thierno Ousmane Sy n'était pas moins qu'un ministre de par ses fonctions et il était très, très proche de l'ancien Chef de l'Etat. Et pour maquiller la tromperie et rallier le plus grand nombre de gens possible, on invoque la cherté de la vie. Ce qui n'arrêtera pas la procédure.

 

Yatma DIEYE, professeur d'anglais, Rufisque

yatmadieye@orange.sn

 

 

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