Publié le 3 Nov 2016 - 11:48

Le Sytjust en grève pour 72 heures 

 

Face au ‘’mutisme’’ de leur tutelle, les membres du Syndicat des travailleurs de la justice (Sytjust), qui réclament plus de moyens dans leur secteur, un ‘’bon traitement salarial’’…, ont décrété hier, lors d’un point de presse tenu à Dakar, une grève de 72 heures.

 

Le Syndicat des travailleurs de la justice (Sytjust) ne décolère pas. Hier, lors de son point de presse tenu à Dakar, il a décrété 72 heures de grève. Ce mot d’ordre s’inscrit dans le cadre son cinquième plan d’action. Très remonté contre le gouvernement du Sénégal qui, dit-il, ‘’n’accorde aucun intérêt’’ aux travailleurs de la Justice, le secrétaire général dudit syndicat a martelé : ‘’Nous sommes en grève pour protester contre le non-respect des engagements que le gouvernement a pris avec le Sytjust, depuis le 8 août dernier. Les techniciens qui siègent dans les commissions chargées de produire les conclusions éclairantes pour le gouvernement sont en train de saboter les travaux. Malheureusement, les experts de la Fonction publique sont dans un dilatoire’’. El Hadji Ayé Boun Malick Diop a ajouté qu’ils ont dépassé le délai (29 août dernier) qui leur avait été fixé. Ceci du fait de ces ‘’agissements’’.

Les revendications du Sytjust sont axées sur plusieurs points. Il s’agit de l’indemnisation des travailleurs de la Justice (frais de nantissement), de l’octroi de moyens pour rendre un ‘’bon service public’’, d’un ‘’bon traitement salarial’’, de revoir le régime indemnitaire, etc. ‘’Ces réformes vont dans le sens d’améliorer la qualité du service public de la Justice. On ne doit pas jouer avec ce secteur. Au Sénégal, toutes les décisions de Justice sont signées par les magistrats et les greffiers. Malheureusement, ces derniers sont oubliés, de même que leurs collaborateurs. Il y a un ratio à respecter pour faire un bon service public de la Justice. Si vous avez un magistrat, il vous faut deux greffiers. Et le Sénégal ne respecte pas ce ratio. Parce que les magistrats sont plus nombreux que les greffiers qui ne sont pas assistés par un personnel bien outillé’’, constate M. Diop.

‘’En moins de cinq ans, 40 greffiers ont quitté le secteur’’

Selon le syndicaliste, cette situation a provoqué un départ ‘’massif’’ de bras chargés de faire fonctionner la Justice. ‘’Cette année, en dix mois, on a enregistré le départ de dix greffiers. En moins de cinq ans, 40 greffiers ont quitté le secteur. Ils sont en train de déserter la Justice’’, regrette le secrétaire général du Sytjust, qui invite l’Etat à accorder toute son attention à cette institution. Car cette rentrée risque d’être ‘’une année judiciaire invalide’’. Selon Me Ameth Touré, chargé de communication du Sytjust, la Justice sénégalaise est ‘’malade d’insuffisance de moyens’’. ‘’Cette situation qui perdure  est en train de causer beaucoup de désagréments aux citoyens sénégalais. La justice, qui est un rempart dans un Etat de droit, a besoin d’être en bonne santé. Parce qu’elle est le gage d’un développement possible. Or, au  Sénégal, pendant toutes ces dernières années, nous avons noté des grèves cycliques qui empêchent les Sénégalais de pouvoir disposer d’un service public de qualité’’, condamne Me Touré, avant de faire savoir que le manque de moyens dans les juridictions fait qu’un Sénégalais, après avoir obtenu une décision, peut rester un mois sans disposer de cette dernière.

‘’Après deux mois, aucune conclusion n’a été déposée sur la table du gouvernement. Le privilège des juridictions est le seul point qui a connu une évolution. Tous les autres sont restés en l’état. C’est donc une situation d’injustice. On ne peut pas rendre la Justice accessible, si les travailleurs ne sont pas dotés de moyens’’, poursuit-il. Fort de ce constat, Me Touré ajoute que ce pouvoir judiciaire n’a pas les moyens de sa politique. Sur un budget de plus de 3 000 milliards, signale-t-il, il n’y a que 28 milliards de F Cfa accordés à la Justice.

PAPE NOUHA SOUANE

 

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