Publié le 22 Jan 2015 - 07:09
LIBRE PAROLE

Charlie quoi ? crésus, grâce a rassoul allah ! 

 

L’affaire dite «Charlie Hebdo» emplit la planète et, en toutes les latitudes qui la composent, suscitent les passions les plus folles, du coup, les divisant en pro et anti-«Charlie». Au-delà des fureurs et des bruits, des rages, des drames et tragédies enregistrés et, pour l'éternité, fichée en nos têtes et diaporamas mentaux, il est des conclusions à tirer qui sont autant de questions pour lesquelles des réponses idoines et pressantes doivent être trouvées. Car, elles posent les essentielles équations qui donnent du sens à notre présence au monde, à nos statuts et condition d'Homme, à nos droits et devoirs.

Ceux icelles-là encore dotés de ce minimum qui nous distingue des animaux et qu'universellement on dénomme la raison, y adjoignent de plus élémentaires interpellations et qui ne sont que des adresses à la conscience humaine : Qu'est-ce être libre ? Qu'autorise et n'autorise la Liberté ? Qu'est-ce la religion, en général ? Singulièrement, qu'est-ce l'Islam et quelle place est le sien dans des temps et des espaces où on a déjà (presque) fini de l'assimiler à la barbarie, à l'obscurantisme et/ou aux tares contenues en de tels concepts ? Ceux-là qui savent décrypter les symboles et les signes sont unanimes à considérer que le hasard n'existant pas du côté des livres divinement révélés, l'affaire «Charlie Hebdo» est un double révélateur : de l'imperfection qui est la marque de fabrique de l'Homme, mais, surtout, la preuve de Suprême Majesté d'Allah.

À ces deux, on pourrait ajouter une troisième évidence et que les dits «survivants» du «canard» en question confirmeraient bien, à moins d'être (pour des raisons probables de ligne rédactionnelle ?) viscéralement et intellectuellement non-honnêtes. Ainsi, leur est créé pouvoir et devoir d'avouer que le nom (et rien que le nom du Prophète Mouhammad/PSL !) est une bouée qui sauve de dépôt de bilan et un fort juteux fonds de commerce. Qui plus est, sujet et objet de commérages compassionnels planétaires, d'outrancières communications, de coups de pub et de service après-ventes jamais contenus, voire jamais espérés, en aucun plan-média.

De l'entame du monde à cette matinée de Janvier 2015 où deux pseudo «soldats», kalachs aux poings, ont rabouté les plumes, les pinceaux et crayons de dessinateurs qui en faisaient trop et en avaient, cette fois, un peu trop fait. On le dit, de par le monde ! Et j'adhère tout à fait à cette version. Pour des raisons liées à la foi et à la décence, au respect de soi et au respect dû à qui n'est pas soi, à la destinée et à la coexistence pacifique, aux devoirs et aux droits de l'Homme. «Nul n'échappe à son destin». C'est écrit. Que «le respect est réciprocité». «Qu'on rigole point avec la foi d'autrui». Que «tout n'est pas drôle». Que «tout à des limites».

Qu'«à salaud, salaud et demi», hein ? Et quoi, encore ? Que ces assertions-là aussi, noir sur blanc, sont écrites. Comme autant de lignes rouges à ne surtout pas franchir ! Mais le monde est ainsi : qu'il y faut des ultras et des nigauds, des lâches et des voyous, des cocos et des anars, des hypocrites et des vassaux, des esprits suicidaires et des censeurs, des âmes damnées et des cons-damnés, des juges, des justiciers et des bourreaux. Et que ça aussi, noir sur blanc, était écrit. Hélas, à «Charlie», hebdomadairement, on s'en foutait. Le résultat, depuis lors, fait le «buzz» et ne paraît hélas pas prêt à se tasser. Au-delà du génie qui a consisté à «croquer» leur arrêt de mort et d'avoir réussi à intégrer dans le Dictionnaire le verbe «charlier», que retiendrons-nous des Charb, Cabu, Tignous et Wolinski ? Rien ou presque rien. D'avoir joué avec le feu et par le feu rendu leurs ultimes croquis.

Sinon, d'eux, on retiendra pour un temps- et seulement pour un temps - des calembours et autres propos salaces comme pour aguicher, entretenir les haines meurtrières qui devraient les gommer de la mappemonde. Si c'était donc cela ce qui donnait du sens à leur vie, leur objectif est largement atteint. Et ?... Pouah ! Parce qu'il y avait et qu'il ya bien mieux que ça, je crois. Je ne paraderai point dans les allées de ceux icelles-là qui ont déjà, et de façon quasi-irrémissible, voué aux fers le Président Sall, comme si Allah tenait secrétariat particulier, avait pré-carré et rendu verdict entre «Min Touba et Ilaa Charlie». Sur ce point, je ne ferai, donc, que dans cette autre divine injonction qu'est l'humilité. Non pas pour dédouaner le Président Sall, mais l'inviter à se départir de tout égotisme pour n'écouter que lui-même et, à ses concitoyens, toutes religions confondues, présenter des excuses publiques.

Car, il est des réalités socioculturelles qu'on ne peut occulter encore moins contourner. Et cela n'est ni honteux pour sa personne ni dévalorisant pour le symbole qu'il incarne de s'y conformer. Cette carte est bien jouable ! D'autant qu’il ya comme une inflation de plausibles arguments dans les airs du temps. En attente de ce geste de courage et, surtout, de grandeur, il faudrait qu'enfin les Sénégalais saisissent l'opportunité qu'est «l'affaire Charlie Hebdo» pour non pas se limiter à clamer, à proclamer et à déclamer en menaçant «je ne suis pas Charlie», mais, procéder à une introspection généralisée.

Sans aucune légèreté, il urge revoir nos manières de vivre et, tout bonnement, d'être mouride c’est-à-dire, tout bonnement, d’être musulman. Selon le Coran et selon la Bible, il urge nous plier franchement à un pareil impératif. C'est, pour sûr, non pas seulement la preuve d'existence, au Sénégal, de 95% de vrais musulmans et de 5% de réels chrétiens, mais la certitude de prévenir et neutraliser toutes les dérives et éventualités barbares, mais d'éradiquer toutes les tares, tous les tics et tous les hics qui nous maintiennent dans le lot des PPTE et autres Etats sous tutelles de la Banque mondiale, du FMI, et des sociétés et clubs assimilés.

Plus amplement, et comme jamais, il nous faut savoir que «Charlie» - plus qu'une hérésie ou un blasphème - est un rendez-vous qu'Allah donne aux Sénégalais d'avec eux-mêmes. Qu'ils se réclament de Mouhammad (PSL !), de Jésus, de RoogSeen ou de quelque totem que soit ! Car, nous sommes un peuple de cousins et de voisins avant tout. Car la cohésion sociale, telle la pacification du champ religieux, est prescription contenue en tous les Livres qui nous sont viatiques et parchemins. C'est aussi cela que le Cheikh Abdoul Aziz Sy - Daa'Baax, les quarante-quatre ans de son califat, n'eût de cesse nous recommander. Au nom d'Allah ! Au nom de Mouhammad (PSL) ! Au nom du pays qui nous unit. Le Sénégal, pardieu !

Elie-Charles Moreau

Mouvement Alternative-Culture

alternativeculture2017@yahoo.fr

 

Section: 
Le bruit autour de la fresque de Papa Ibra Tall à Thiès ne valait pas la peine
L’affaire Doudou Wade ou la frontière mouvante entre la parole politique et l’ordre public
La restructuration de la dette publique est-elle une solution face à la crise de l’endettement ?
NÉCROLOGIE : Christian Valantin : mémoire de notre histoire institutionnelle et diplomatique et emblème de l’unité culturelle du Sénégal
DIOM, FOULLA AK FAYDA : L’ADN immuable du sport sénégalais
CAN 2025 : Puisse la communion durer...
LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA FIFA Finale de la CAN 2025 : Quand l’impartialité devient un impératif politique mondial
SENEGAL–MAROC : Héritage commun, destin solidaire au-delà des rivalités sportives
“Zéro talibé mendiant dans la rue’’ : objectif inatteignable ?
MAROC - SENEGAL : Quand la politique tue le football !
L’île de Gorée est un lieu de révolte, de liberté et de dignité, mais pas seulement un site de mémoire victimaire de l’esclavage
PROTÉGER LE PATRIMOINE MANDINGUE Un enjeu stratégique pour l’influence culturelle du Sénégal en Afrique de l’ouest tique culturelle peut véritablement faire sens. Culture, narratifs et influence à l’ère du numérique et de l’IA
Lettre ouverte à Monsieur Amadou BÂ, Ministre de la Culture du Sénégal
Notre souveraineté à l’épreuve de la dette
LIVRE - PAR TOUS LES MOYENS : Dix voix féminines sur le monde
La politique de l'oubli et la défiguration urbaine : Une analyse historique des blessures de Dakar
Attention, nous sommes sur une pente glissante
Piratage massif des Impôts et Domaines : Le pire arrivera si l’État ne fait rien
SOCIOTIQUE : " L'impact de l'IA sur le marché du travail
Dettes cachées : L’impossible transparence ? Le cas du Sénégal et les leçons de l’histoire