Publié le 12 Jul 2018 - 22:33
LOI D'ORIENTATION SOCIALE

Les personnes vivant avec un handicap appellent l’Etat à respecter ses engagements 

 

Pour une première fois, les personnes en situation de handicap ont organisé hier une marche, du rond-point de la RTS à la Place de la nation (ex-place de l’Obélisque). Ceci, pour exiger le respect de leurs droits et la signature des décrets d’application de la loi d’orientation sociale les concertant.

 

L’injustice, la discrimination, la non-signature des décrets d'application de la loi d'orientation sociale n°2010-15 du 06 juillet 2010, relative à la promotion et à la protection des droits des personnes handicapées, sont autant de raisons qui ont poussé, hier, les gens en situation de handicap à descendre dans la rue. Sans sonorisation ni vuvuzela, ils ont marché du rond-point RTS à la Place de nation (ex-place de l’Obélisque) sur leurs fauteuils roulants. Sur des morceaux de cartons, scotchés sur leur fauteuil, ils ont fait passer leurs messages : ‘’Les bourses familiales pour ceux qui le méritent’’ ; ‘’plus jamais de maltraitance d’une personne en situation de handicap’’…

‘’On s’est rendu compte que, depuis un certain temps, les personnes en situation de handicap sont en train d’être violentées. Or, nous sommes tous des Sénégalais, des membres à part entière de la société. C’est pourquoi nous nous sommes retrouvés à la Place de la nation pour crier notre ras-le-bol’’, confie le porte-parole du Collectif pour le respect du droit des personnes vivant avec un handicap, Yoro Niang. Il renseigne qu’avant, ils étaient ‘’victimes de violences verbales’’. ‘’On taxait les personnes handicapées de tous les noms d’oiseau, au sein de leur famille, de la société, etc. Maintenant, les gens sont passés à la violence physique. Et, là, c’est trop. Il faut qu’on se lève pour sensibiliser les autorités, les populations d’une manière générale’’, renchérit-il.

Loi d’orientation sociale

Selon M. Niang, tout ce qu’ils demandent, c’est le respect de leurs droits. Ils comptent se battre pour y parvenir. ‘’Nous avons invité tout le monde. Mais nous tenons à préciser que nous ne marchons ni pour le parti au pouvoir ni pour l’opposition. Parmi nous, il y a aussi bien des apéristes que des opposants. Cependant, quand quelqu’un parle, on le taxe de politique. Or, nous ne sommes contre personne. Ce que nous voulons, c’est le respect de nos droits. C’est une première dans l’histoire du Sénégal et nous allons continuer à nous battre pour que nos droits soient respectés’’, poursuit le porte-parole du collectif.

Il en appelle de ses vœux la signature des décrets d’application de la loi d’orientation sociale. ‘’Nous voulons l’effectivité de la loi d’orientation sociale. Si une personne en situation de handicap mendie, c’est parce qu’elle ne peut pas faire autre chose. Or, si la loi était votée, nul n’aurait le temps de passer la journée dans les rues’’, soutient-il. Sur ce, Yoro Niang a rappelé que cette loi a été proposée par la convention internationale relative aux droits des personnes vivant avec un handicap. Pour lui, c’est pour qu’elles puissent leur permettre de ‘’participer au développement’’ de leur pays.

‘’Cette loi parle de la discrimination positive, des sanctions positives à notre égard. Ce n’est pas intéressant de voter des lois qui tardent à être appliquées. La loi a été votée depuis 2010. Nous demandons au gouvernement de respecter les engagements faits, lors du conseil interministériel du 13 février 2018, où le chef de l’Etat avait donné instruction au gouvernement de signer tous les décrets d'application de cette loi, avant le 30 juin 2018’’, poursuit-il. Il faut noter que sur les 10 décrets d'application et 4 arrêtés, seuls 2 décrets sont signés.

Fonds d’appui

Au-delà de ce décret, les personnes en situation de handicap ont également revendiqué la mise en place de la haute autorité et du fonds d'appui pour éradiquer la mendicité. Tout en respectant le quota de 15% des emplois qui leur est réservé, la généralisation de la carte d’égalité des chances pour toutes les personnes handicapées, conformément à l'article 3 de cette loi. ‘’Pour le moment, 50 000 cartes sont distribuées sur une population en situation de handicap de plus d’un million. Nous voulons qu’ils puissent tous avoir leur carte et que celle-ci puisse leur servir. Parce qu’avoir une carte et qu’elle n’ait pas beaucoup d’importance aussi pose problème. Nous demandons aux autorités de continuer à distribuer les cartes. Elle ne permet que de bénéficier de la bourse familiale pour certains, et ce n’est même pas pour tout le monde’’, regrette Yoro Niang.

MARIAMA DIEME

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