Publié le 5 Feb 2026 - 10:54

Lutte contre la traite humaine

 

La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a porté un nouveau coup aux réseaux de traite des personnes. Une ressortissante étrangère a été déférée devant le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye pour traite d’êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle et proxénétisme. L’affaire a débuté le 28 janvier dernier, lorsque l’antenne régionale de la DNLT basée à Kédougou a été alertée par la présence de deux jeunes Nigérianes aux abords d’un commissariat. Visiblement en détresse, les deux victimes venaient de s’échapper d’un réseau structuré dont la cheffe opérait depuis Yeumbeul, dans la banlieue dakaroise.

Selon leurs déclarations, les jeunes femmes avaient été attirées au Sénégal par la promesse d’un travail décent. Après leur arrivée, elles ont transité par Bakel avant d’être conduites à Dakar, où elles ont été privées de liberté et contraintes à se prostituer. Le réseau leur imposait une prétendue dette de trois millions de francs CFA, censée couvrir les frais de voyage. Pour la rembourser, elles devaient reverser l’intégralité de leurs revenus quotidiens à leur exploiteuse, un mécanisme d’endettement destiné à les maintenir sous emprise.

...Les investigations ont révélé des méthodes de coercition particulièrement inquiétantes. Les victimes ont évoqué des pratiques destinées à les terroriser et à empêcher toute tentative de fuite, notamment un rituel de soumission à leur arrivée, impliquant des prélèvements de poils et de sang conservés dans un récipient. Elles ont également reçu, via WhatsApp, des images de leurs portraits associés à des mises en scène à caractère mystique, communément appelées « juju », utilisées comme moyen de pression psychologique. Localisée à Yeumbeul, la principale suspecte a d’abord tenté de justifier la présence des jeunes femmes par une activité de restauration.

Mais la perquisition et les éléments recueillis au cours de l’enquête ont contredit cette version. Confrontée aux preuves, elle a reconnu avoir envoyé les photos menaçantes, affirmant avoir voulu « faire peur » pour récupérer les sommes engagées. Placée en garde à vue, elle a finalement été présentée au parquet. Les poursuites portent sur des faits de traite de personnes et de proxénétisme. Cette opération illustre la vigilance accrue des services spécialisés face aux réseaux d’exploitation qui ciblent des jeunes femmes vulnérables, souvent recrutées par la tromperie et maintenues sous contrainte psychologique.

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