Deuxième revers pour les Lions, dos au mur avant d'affronter l'Irak

Battus par la Norvège (3-2), après leur défaite initiale contre la France, le Sénégal a grillé son joker. Les hommes de Pape Thiaw, plombés par des choix tactiques discutables, n'ont plus leur destin en main et devront sortir la calculatrice pour arracher une place parmi les meilleurs troisièmes.
Le réveil tardif des Lions de la Teranga n’aura pas suffi. Après une entrée en matière manquée face à la France (3-1), le Sénégal a essuyé une deuxième défaite consécutive dans le groupe I, cette fois contre la Norvège (3-2). Un résultat cruel mais logique, qui prive définitivement les Sénégalais des deux premières places qualificatives et plonge le staff technique au cœur de la tempête.
L'entêtement de Pape Thiaw pointé du doigt
Malgré les vives critiques qui avaient escorté la prestation inaugurale face aux Bleus, le sélectionneur Pape Thiaw a choisi la continuité. Un pari audacieux ou un entêtement tactique, selon les observateurs, puisqu'il a reconduit exactement le même onze de départ. Malheureusement pour le technicien sénégalais, les mêmes causes ont produit les mêmes effets. Souvent dominés dans l'entrejeu et en manque d'inspiration, les Lions ont bégayé leur football pendant une grande partie de la rencontre, laissant la Norvège dicter son rythme et prendre le grand au tableau d'affichage.
Le sursaut héroïque, mais trop tardif d'Ismaïla Sarr
Alors que le match semblait plié après cinquante minutes de jeu (2-0), la dernière demi-heure a basculé dans une folie totale. Portés par un orgueil retrouvé, les Sénégalais ont enfin élevé leur niveau d'intensité. C'est l'attaquant de Crystal Palace, Ismaïla Sarr, qui a sonné la révolte en particulier l'écart à 2-1 au terme d'une belle séquence collective.
Ce mais a totalement métamorphosé les Lions, acculant des Norvégiens parfois fébriles dans leurs derniers retranchements. Contre le cours du match, les Drillos ont corsé l'addition grâce à l'inévitable Haaland, qui a réalisé un doublé avant l'heure de jeu (58e, 3-1). Malgré ce coup de masse, les Sénégalais n'ont pas jeté les armes. Dans le temps additionnel, au cœur d'un suspense insoutenable, le même Ismaïla Sarr a profité d'un cafouillage dans la surface pour s'offrir un doublé et tromper le gardien Ørjan Nyland (90e +3, 3-2). Malgré une pression asphyxiante dans les ultimes secondes, le miracle de l'égalisation n'a pas eu lieu. Les regrets sont immenses.
Sortez les calculatrices avant le choc contre l'Irak
Avec zéro point au compteur en deux journées, la situation comptable est critique, mais mathématiquement pas désespérée. Dans un format de compétition où les huit meilleurs troisièmes valident leur billet pour les seizièmes de finale, une lueur d'espoir subsiste.
L'équation est simple : le Sénégal n'a plus son destin entre les mains. Pour espérer voir les phases finales, les Lions devront impérativement s'imposer le 26 juin prochain face à l'Irak, tout en croisant les doigts pour que les résultats des autres groupes leur soient favorables. L'heure des calculs à sonné.
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Ismaela Sarr, en feu, permet de garder espoir
L'attaque sénégalaise, portée par un bon Ismaela Sarr, n'est pas parvenue à faire gagner le Sénégal contre la Norvège. Un match pénible pour les attaquants sénégalais qui ont souvent buté contre un bloc défensif norvégien très discipliné.
Le Sénégal a raté le coche, cette nuit, contre la Norvège. L'équipe a eu beaucoup de mal à contourner le bloc norvégien qui a opposé au Sénégal un pressage haut qui a contraint les deux ports sénégalais à énormément allonger.
En effet, les Norvégiens ont beaucoup de densité au milieu. Ainsi, les Sénégalais sont beaucoup passés par les ailes. Les passes transversales des axiaux ont permis de déployer beaucoup de jeu sur les côtés. Il y a eu énormément de renversement de jeu. Nos excentrés et nos latéraux ont souvent été trouvés seuls sur le côté. Mais leurs nombreux centres ont été annihilés par les deux tours de contrôle dans l'axe de la défense adverse. Les centres de Krépin et d'El Hadji Malick Diouf ont rarement trouvé preneur.
Nicolas Jackson ayant bien été muselé, le danger est exclusivement venu Ismaïla Sarr qui s'est plusieurs fois mis en position de frappe. Comme sur cette action à la 82 e minute où sur un centre de Mané depuis le côté gauche, il a reçu et tenté une reprise de volée qui a été contré de la main par le défenseur. Sur cette action, il y avait une pénalité, mais la VAR n'a pas bronché et les attaquants sénégalais n'ont rien réclamé.
Pourtant, la première demi-heure de la première mi-temps avait été prometteuse. Grâce à un bon pressing, les sénégalais ont beaucoup gêné les coéquipiers de Haaland. Durant cette séquence temporelle, le Sénégal a beaucoup allongé. Ainsi, Jackson et Mané ont été souvent touchés. Les deux ont bien joué, dos au but, conservant le ballon et permettent au bloc de remonter.
Lors de ce premier acte, les Sénégalais, contrairement au deuxième mi-temps contre la France, ont récupéré beaucoup de deuxièmes ballons. Cela a donné lieu à des situations intéressantes dans le camp adverse. Les attaquants ont touché quelques ballons dans la surface norvégienne. A la 27e minute, Jackson a tiré mollement au-dessus, après un bon échange avec Mané sur le côté gauche. Il y a eu des tirs de loin.
Mais, dans l'ensemble, la première mi-temps a été poussive, avec peu de construction dans le jeu et beaucoup de longs ballons devant. Comme lors du premier match, il y a eu des pertes de balles évitables dans la phase de construction qui ont empêché les actions de déboucher sur des occasions de mais.
Le deuxième but de Haaland coupe les jambes sénégalaises
En deuxième mi-temps, la réduction du score de Ismaïla Sarr (53 e ), suite à une belle action initiée par Gana Guèye dans l'axe, avec une déviation de Sadio Mané, aurait dû déboucher sur un temps fort sénégalais, mais Haaland a rapidement marqué le but du break (58 e ) qui a coupé les jambes des Sénégalais.
Après ce troisième mais, les Sénégalais ont clairement marqué le coup. Il y a eu un festival de pertes de balle. L'équipe s'est mise à jouer par à-coup, étant entendu que les actions initiées depuis l'arrière-garde étaient facilement annihilées par le milieu norvégien. Pendant un bon quart d'heure, les attaquants sénégalais ont été privés de ballons.
Les de Pape Thiaw ont mis du temps à redonner du peps à l'attaque sénégalaise. Le capitaine Koulibaly qui a beaucoup souffert, fautif sur les trois buts, a été remplacé par Pape Matar Sarr. Pathé Ciss qui avait pris la place de Lamine Camara (63 e ) est passé derrière. Avant cela, à la 54 e mn, Ismaila Jacobs et surtout le virevoltant Ibrahima Mbaye avaient remplacé Elhadji Malick Diouf et Pape Guèye.
Mais, ce n'est que dans les dernières minutes que les Sénégalais sont parvenus à s'installer aux abords de la défense norvégienne. Ainsi, le but de l'espoir est venu d'une belle combinaison : sur une remise de Jackson, Ismaïla Sarr a ajusté Nyland (93 e ). L'attaquant de Crystal Palace a eu la balle de l'égalisation, au bout du temps additionnel, mais sa tête sur un corner botté par Ismail Jakobs, est passé au-dessus de la cage norvégienne.
Dans ce deuxième match charnière, lors duquel la défaite était interdite, pour garder ses chances de qualification en 16 e de finale, seul Ismaila Sarra a donné satisfaction. Auteur d'un doublé, il a pesé sur la défense norvégienne, en étant dans tous les bons coups. Même s'il a continué à avoir beaucoup de difficultés dans le jeu, à cause d'un déchet technique important, sa vitesse et sa combativité ont néanmoins fait du bien à l'attaque sénégalaise. C'est une prestation qui peut lui permettre de prendre de la confiance et d'aider le Sénégal à faire un bon résultat contre l'Irak et ainsi espérer une qualification au second tour.
Par contre, Nicolas Jackson a été plutôt décevant. Bien pris par Ajer et Heggem, il s'est éteint, après une première demi-heure intéressante. Il sauve son match par sa remise sur le deuxième but de Ismaïla Sarr. Sadio Mané a lui essayé de faire jouer ses coéquipiers, mais il a eu du mal à peser dans les débats. Il n'a pas eu d'occasion à se mettre sous la dent. Mais, c'est lui qui dévie le ballon pour Ismaïla Sarr, sur le but du 2-1.
Le sélectionneur Pape Thiaw s'est ainsi passé d'Iliman Ndiaye, le milieu offensif d'Everton. Son choix de laisser Mané sur le terrain jusqu'au bout est discutable, car la star est plutôt sur la jante. Il n'a plus le coup de rein qui faisait chavirer les défenses adverses. Pape Thiaw a cependant fait entrer Ibrahima Mbaye assez tôt, mais l'attaquant du PSG n'a pas eu assez de munitions pour mettre le feu dans la défense norvégienne.
Au final, c'est une défaite frustrante pour le Sénégal qui, malgré les difficultés rencontrées dans l'élaboration de ses attaques, a eu la place pour faire un résultat et arracher au moins le match nul.
GASTON COLY / MAMADOU DIOP






