Publié le 28 Jan 2026 - 13:54
NECROLOGIE

Le rideau tombe sur Halima Gadji, l’étoile du cinéma sénégalais

 

Le monde de l’audiovisuel, de l'art d'une manière générale, est en deuil. L’actrice sénégalaise Halima Gadji, icône de la série à succès Maîtresse d’un homme marié, s'est éteinte ce lundi 26 janvier 2026 à l'âge de 36 ans.

 

La grande faucheuse a encore frappé en ce début de semaine, emportant avec elle un véritable talent du petit écran sénégalais. Selon les informations confirmées par le ministère de la Culture du Sénégal et plusieurs médias officiels, la comédienne est décédée des suites d'un malaise. Bien que les premières sources aient divergé sur le lieu exact, il apparaît qu’elle s'est éteinte lors d'un séjour à Paris, en France.

Née le 25 août 1989 à Dakar, Halima Gadji a marqué l'histoire de la fiction africaine contemporaine. Elle a accédé au rang de star internationale, grâce à son interprétation magistrale de Marème Dial, un personnage complexe et audacieux qui a brisé de nombreux tabous sociétaux dans la série à succès Maîtresse d'un homme marié. Elle s'était également illustrée dans d'autres productions majeures telles que Sakho & Mangane, Le futur est à nous et plus récemment Bete-bete.

Au-delà de son talent d'actrice, Halima était une femme engagée. Elle avait courageusement pris la parole à plusieurs reprises sur la question de la santé mentale et de la dépression, notamment dans le documentaire Don’t Call me Fire, devenant une voix inspirante pour toute une génération.

Une onde de choc et des hommages unanimes

Dès l'annonce de sa disparition, les réseaux sociaux ont été submergés par ses photos et des messages de condoléances. Ses collègues de la production Marodi TV, ainsi que des figures de la musique et de la culture comme le rappeur Mokobé, ont salué la mémoire d'une femme « lumineuse » et « authentique ». Au niveau local, le leader du Super Étoile y est allé avec son message de condoléances : « Je présente mes condoléances à sa famille et je prie pour que Dieu lui accorde la paix et la miséricorde », a écrit depuis ses réseaux Youssou Ndour.

« Si demain je pars, je te prie juste de faire deux rakkas pour moi et de me pardonner. » Une phrase de l'actrice, écrite de son vivant, qui résonne aujourd'hui avec une émotion particulière. Halima Gadji laisse derrière elle une fille et un héritage artistique immense qui continuera de briller sur les écrans du continent.

 Il faut juste espérer que la série Bete-bete ne la remplace pas par une autre actrice pour prendre en charge sa disparition tragique, comme pour lui rendre un hommage posthume qui serait bien mérité.

Rappelons juste que la vie n’a pas été de tout repos pour cette jeune artiste qui, à plusieurs reprises, a été rattrapée par des crises de dépression qui ont régulièrement perturbé sa carrière ces dernières années.

La dépression, une maladie universelle

La disparition de Halima Gadji ainsi que les réactions qui ont suivi, notamment sur les réseaux sociaux, laissent apparaître une autre réalité. Car ce sont ceux-là même qui prenaient à la légère ses problèmes de santé mentale qui, à l'unanimité, font circuler des condoléances sur Facebook, X, TikTok, etc.

Il faut juste espérer que la perte de cette jeune femme ouvre les yeux à plus d'un : la dépression ainsi que le stress ne sont pas que des « maladies de blancs », comme d'aucuns aiment nous le faire croire. Et celles et ceux qui méritent davantage d'attention restent les membres du groupe de la souffrance silencieuse qui consume de l'intérieur à petit feu.

MAMADOU DIO

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