L’APR dénonce une « forfaiture » et appelle à bloquer Pastef

L’Alliance pour la République est montée au créneau après le limogeage du Premier ministre et la démission du président de l’Assemblée nationale. Dans un communiqué virulent, le parti de Macky Sall accuse le pouvoir de vouloir manipuler les institutions au profit de Pastef et appelle les forces de l’opposition ainsi que la société civile à faire barrage à ce qu’il qualifie de « coup de force politique ».
L’Alliance pour la République (APR) hausse le ton face aux derniers développements politiques intervenus au sommet de l’État. Dans un communiqué publié dimanche, le Secrétariat exécutif national du parti de Macky Sall a vivement réagi au limogeage du Premier ministre et de son gouvernement, tout en dénonçant ce qu’il qualifie de « forfaiture politique et parlementaire » autour de l’Assemblée nationale.
Pour l’APR, la décision du président Bassirou Diomaye Faye de mettre fin aux fonctions du chef du gouvernement consacre « l’échec patent » d’un régime que le parti juge fragilisé depuis son installation par des rivalités internes, des contradictions au sommet de l’État et « une dangereuse confusion des responsabilités institutionnelles ».
Le parti de l’ancien président Macky Sall pointe particulièrement la démission du président de l’Assemblée nationale, qu’il considère comme une manœuvre destinée à ouvrir la voie à une prise de contrôle du perchoir par le Premier ministre sortant.
« Cette manœuvre politicienne, fondée sur des arrangements de circonstance et un détournement de l’esprit des institutions, constitue une véritable forfaiture politique et parlementaire », affirme le Secrétariat exécutif national.
L’APR estime que les institutions de la République ne sauraient être utilisées comme instruments de gestion des tensions internes au Pastef ni servir « de variable d’ajustement à des ambitions personnelles ». Le parti évoque une tentative de « recyclage politique » soulevant, selon lui, de sérieuses interrogations juridiques, institutionnelles et morales.
Face à la situation, la formation politique appelle les députés de l’opposition, les forces démocratiques, la société civile ainsi que les citoyens « attachés à la République » à faire barrage « par tous les moyens légaux et démocratiques » à ce qu’elle décrit comme une entreprise de confiscation des institutions.
L’APR interpelle également le chef de l’État afin qu’il « assume pleinement les responsabilités que lui confère son serment » et mette fin au « désordre institutionnel » ainsi qu’à « l’affaiblissement de l’État ».
Le parti profite aussi de cette déclaration pour dresser un tableau sombre de la situation économique et sociale du pays. Selon lui, pendant que le pouvoir se concentre sur des batailles de positionnement politique, les Sénégalais font face à la cherté de la vie, au chômage des jeunes, au ralentissement de l’économie et à une perte de confiance des investisseurs.
« Le Sénégal mérite mieux que les querelles de pouvoir et les manipulations institutionnelles. Notre pays mérite un État fort, juste, stable et respectueux du peuple et des principes républicains », soutient le communiqué.
Dans le même texte, l’APR dénonce par ailleurs « la dégradation continue des libertés publiques », les arrestations qu’elle juge arbitraires de responsables politiques, ainsi que les intimidations visant la presse et les voix critiques.
Le parti réclame enfin la libération immédiate de plusieurs personnalités poursuivies ou détenues, parmi lesquelles Pape Malick Ndour, Moustapha Diop, Mamadou Gueye, El Hadji Malick Mbaye, Alioune Badara Ly, Jérôme Bandiaky, Lat Diop et Ismaïla Madior Fall.
À travers cette sortie, l’APR appelle à la mobilisation de l’ensemble de ses structures et militants pour renforcer le travail d’organisation et préparer ce qu’elle présente comme une « reconquête démocratique » sur l’ensemble du territoire national.
M. DIOP






