Publié le 18 Jul 2019 - 02:57
SECTEUR DES SERVICES ET DU E-COMMERCE

Le Fmi préconise la modernisation du système commercial international

 

Il est ‘’prioritaire’’ de moderniser le système commercial international, notamment en ce qui concerne les services et le commerce électronique, pour réduire les tensions commerciales. C’est ce qu’a soutenu, hier, le directeur général par intérim du Fonds monétaire international (Fmi) David Lipton, lors de la conférence, à l’occasion du 75e anniversaire de Bretton Woods.

 

Dans son allocution, à l’occasion du 75e anniversaire de Bretton Woods célébré hier, le successeur de Christine Lagarde à la tête du Fonds monétaire international (Fmi) souligne que le vieillissement des populations dans les pays avancés ‘’épuisera progressivement’’ l’épargne. Alors même que d’autres pays doivent financer leurs investissements. Et dans un avenir relativement proche, du fait de l’augmentation de l’espérance de vie et de la baisse des taux de fécondité, David Lipton explique que cette question du vieillissement de la population concernera probablement le monde entier. Cela aura de ‘’profondes répercussions’’ sur le commerce mondial et les flux de capitaux. ‘’Les centres de l’activité économique se déplaceront au cours des prochaines décennies. De nouvelles places financières prendront de l’importance. De nouvelles monnaies de réserve pourraient voir le jour.

Il est prioritaire aussi de moderniser le système commercial international, notamment en ce qui concerne les services et le commerce électronique. Cela contribuera à réduire les tensions commerciales qui menacent d’affaiblir la croissance mondiale’’, affirme le directeur général par intérim du Fmi, qui s’exprimait hier, lors de la conférence, à l’occasion du 75e anniversaire de Bretton Woods.

Pour le nouveau patron de cette institution, les technologies financières, communément appelés les ‘’fintech’’, permettent d’entrevoir des gains d’efficience et de transparence considérables dans le secteur financier. M. Lipton estime qu’elles représentent un défi pour les acteurs en place et les autorités de réglementation. Qui s’efforcent de faire face à de nouvelles sources de risque.

‘’On a beaucoup parlé de l’impact de la banque mobile en Afrique, un continent qui, simplement pour suivre le rythme d’accroissement de sa population, devra créer 20 millions d’emplois par an dans les décennies à venir. C’est pourquoi nous avons élaboré avec la Banque mondiale le Programme fintech de Bali, qui aide nos pays membres à tirer parti de l’innovation, mais aussi à mieux faire face aux nouveaux risques’’, dit-il.

D’après le Dg du Fmi, un aspect ‘’particulièrement important’’ est le développement embryonnaire de monnaies numériques de banque centrale et l’émergence possible de monnaies privées appelées ‘’stablecoins’’. Ceci pour les paiements numériques, comme en témoigne l’attention portée récemment à la monnaie libra de Facebook. De nouveaux instruments qui visent à faire des paiements ce qu’Internet a fait de l’information : à savoir rendre les transactions ‘’sûres, instantanées et pratiquement gratuites’’.

Toutefois, David Lipton souligne que son institution a recensé plusieurs des risques liés au progrès technologiques. Il s’agit notamment de l’émergence éventuelle de nouveaux monopoles, avec des implications pour la monétisation des données personnelles. L’impact sur les monnaies ‘’plus faibles’’ et l’expansion de la dollarisation, les possibilités d’activités ‘’illicites’’, les menaces pour la stabilité financière et les problèmes liés à l’émission de monnaie par des entreprises qui en tireraient un revenu, un domaine autrefois réservé aux banques centrales, sont aussi des menaces relevées par le Fmi.

Ainsi, M. Lipton estime que les autorités de réglementation et le Fmi devront intervenir. ‘’Nous devons mettre en place un environnement où les bienfaits de ces technologies peuvent être retirés, tandis que les risques sont réduits au minimum’’, préconise le nouveau Dg.

MARIAMA DIEME

 

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