La Fondation Tano Kora scelle le lien mémoriel entre la Côte d’Ivoire et le Sénégal

Une délégation ivoirienne s’est rendue ce mercredi à la Maison des esclaves pour célébrer l’installation de la statue « Kunta Kinté ». Ce don de la Fondation Tano Kora, réalisé par l’artiste Massa Chula, se veut un symbole fort de la résistance et du rayonnement des cultures africaines par-delà les frontières.
Le sanctuaire de la mémoire africaine s’enrichit d’un nouveau symbole de liberté. Ce mercredi, la Maison des esclaves de l’île de Gorée a reçu la visite officielle d’une délégation de la fondation ivoirienne Tano Kora. Ce déplacement marque une étape clé dans la collaboration culturelle entre Abidjan et Dakar, autour d’une œuvre magistrale : la statue de « Kunta Kinté ».
Offerte au Sénégal en mars 2025, cette sculpture est le fruit du travail de l’artiste ivoirien Ibrahim Touré, plus connu sous le nom de Massa Chula. Pour le président de la fondation, l’enjeu dépasse la simple remise d’une œuvre d’art. « Nous sommes ici à la Maison des esclaves pour une visite officielle de la Fondation qui est en étroite collaboration avec l’ambassade de Côte d’Ivoire, en vue de contribuer au rayonnement de la culture, que ce soit ivoirienne, africaine ou sénégalaise », a déclaré Cédric-Edward Yapi au terme de la visite.
Installée au cœur de ce lieu classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1978, la statue rend hommage à Kunta Kinté, figure universelle de la quête d'émancipation. M. Yapi a rappelé que le choix de Gorée n'était pas fortuit, qualifiant le site de lieu historique majeur de l’Afrique noire. « C’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons décidé d’offrir cette sculpture pour laquelle l’artiste Massa Chula a travaillé d’arrache-pied », a-t-il précisé.
Se décrivant lui-même comme un « pèlerin », le président de la fondation a insisté sur la dimension spirituelle et politique de l’île, qui incarne à ses yeux « la résistance et la renaissance africaine ».
Un écho au-delà des frontières
Du côté des autorités du musée, cette initiative ivoirienne est perçue comme une consécration du travail de mémoire entrepris depuis des décennies sur l'île. Georges Denis Diatta, conservateur adjoint de la Maison des esclaves, a salué cet engagement qui renforce la portée universelle du récit mémoriel. « C’est un très grand plaisir, car le récit mémorial que nous entretenons, le discours que nous essayons de relayer à travers des âges et des années, quand il a un écho favorable au-delà de nos frontières, nous considérons par-là que l’œuvre est en train d’être parachevée », s’est réjoui M. Diatta.
Réalisée en 2023, la statue de Massa Chula s'érige désormais comme un pont artistique et historique entre les peuples, rappelant que la quête de liberté est un héritage partagé par tout le continent.
Mamadou Diop






