Publié le 15 Apr 2014 - 07:29
VINCENT FOUCHER

 '' En Guinée-Bissau, beaucoup de politiques sont aussi des hommes d'affaires''

 

D'après le chercheur français Vincent Foucher, analyste à l'International Crisis Group, la mainmise de l'État de Guinée-Bissau sur les leviers de l'économie freine le développement du pays.

 

Jeune Afrique : L'économie de la Guinée-Bissau a totalement sombré. Comment expliquez-vous ce phénomène ?

Vincent Foucher : Les Portugais, davantage intéressés par l'Angola, avaient peu investi dans l'économie et la formation de cette colonie. Quant au Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), il a accouché d'un État subventionné par les dons des grandes puissances communistes. Puis le pays a été sevré brutalement des aides internationales dans les années 1990.

Habituées à une économie administrée, les autorités n'ont jamais réussi à développer le potentiel économique du pays. Même le développement spectaculaire de la noix de cajou est un phénomène spontané. Par ailleurs, l'État ayant conservé des leviers - licences, exemptions, concessions, accès au crédit -, on constate une interpénétration entre l'économique et le politique. Beaucoup d'hommes politiques sont aussi des hommes d'affaires.

L'armée interfère régulièrement dans le jeu institutionnel. Veut-elle accéder au pouvoir ou craint-elle de perdre ses privilèges ?

Pour des raisons politiques et budgétaires, le pouvoir civil a toujours été tenté de réduire le poids excessif de l'armée. Mais, du fait d'une image d'affairisme et de mauvaise gestion, il a eu du mal à établir sa légitimité. Face à cela, beaucoup de militaires, issus de la guerre de libération et de la guerre civile de 1998-1999, ont le sentiment d'avoir des droits qui doivent être respectés.

Donc, quand l'armée prend le pouvoir, elle le rend ensuite à d'autres civils qui lui semblent mieux à même de respecter ses intérêts. En outre, cette armée est un assemblage de grands chefs militaires, disposant de leurs clientèles personnelles, qui entrent parfois en compétition les uns avec les autres.

Le futur président et son premier ministre auront-ils les moyens de réformer le pays ?

Les choses ne seront pas faciles, car ils devront faire bouger les lignes afin de motiver des bailleurs de fonds qui ont fini par se lasser de l'instabilité chronique du pays, sans pour autant braquer l'armée, qui appréhende la perspective d'une réforme.

 

 

Section: 
CANDIDATURE DE MACKY SALL À L’ONU : Plusieurs formations politiques sénégalaises affichent leur soutien
SUCCESSION D’ANTÓNIO GUTERRES À L’ONU : Macky Sall en pré campagne diplomatique à Paris
SUCCESSION SG ONU : Macky Sall, entre rancœur et espoir
SUCCESSION DE GUTERRES AU POSTE DE SECRÉTARIAT GÉNÉRAL DE L’ONU : Macky Sall officiellement dans la course
CANDIDATURE DE MACKY AU POSTE DE SG DE L’ONU : Ce n’est pas gagné !
Dans les secrets de la « Compagnie », le réseau russe chargé d’étendre l’influence de Moscou sur trois continents
COMMUNIQUÉ DE PRESSE : Air Sénégal lance la carte Trader pour accompagner les commerçants
DÉRIVES IMPÉRIALISTES : Vers la fin du multilatéralisme ?
COMMUNIQUÉ DE PRESSE : Air Sénégal intègre un B777 sur la ligne Dakar-Paris-Dakar
Air Sénégal s’engage sur sa première commande de Boeing 737 MAX
CRISE AU MALI : Bamako en alerte
COMMUNIQUE DE PRESSE : Air Sénégal accueille son 3ème Airbus A320
COMMUNIQUE DE PRESSE : Air Sénégal renforce sa flotte pour soutenir son réseau
67ᵉ ANNIVERSAIRE D’INDÉPENDANCE GUINÉE : Alpha Condé promet de « libérer la Guinée » et appelle à l’unité nationale
MASSACRE DE GAZA : La blague de Washington
MASSACRE DE GAZA : Les yeux braqués sur la Maison Blanche
G20-POLITIQUE ÉCONOMIQUE : L’Afrique dit stop !
SITUATION À GAZA : Le réveil timide des alliés
DIALOGUE POLITIQUE POUR LA CAPITALISATION DES RÉSULTATS DU PROGRAMME ADOS : Le Sénégal face aux défis des violences basées sur le genre
MANIFESTATIONS POLITIQUES : Paris sous tension