Publié le 8 Nov 2014 - 01:27
AMBIANCE (INTERIEUR)

Quand El Fakir éclipse l’astre du concret 

 

Mohammed El Bachir Diawara, jugé hier pour trouble d’audience, ne tiendra pas compagnie à son ‘’ami et frère Karim Wade’’ en prison puisqu’il est finalement relâché en fin d’audience. Un sérieux avertissement, donc, à l’intention de ce public que la cour estime trop souvent prompt aux débordements.

 

Ici s’arrête donc le Yendu* de Bachir Diawara chez Karim Wade ! Malgré la Teranga notoire du ‘’prisonnier politique’’ et de ses amis au pénitencier de Rebeuss, l’ex-chef de Cabinet finit par rentrer chez lui avec la bénédiction de la CREI, à l’issue d’un procès ayant duré hier la journée entière.

Ainsi, ce n’est pas loin de six avocats qui se sont constitués pour le défendre, en plus d’un nombre équivalent de témoins entendus (ou presque, mais on y reviendra) dans le cadre d’une affaire qui est beaucoup moins complexe qu’elle n’y paraît.

En effet, en écoutant l’ensemble des plaidoiries et témoignages faits au cours de l’audience, on se rend compte que tout le problème réside, littéralement, dans le fait de savoir si Bachir Diawara avait ou non franchi le palier de la salle 4 avant de se rendre coupable des troubles dont on l’accuse depuis la veille… Étonnant, n’est-ce-pas ?

Si, à l’évidence, la tenue du procès en bonne et due forme est à saluer car exprimant, dans sa plus pure expression, le formalisme et l’impartialité d’une justice voulant que chacun puisse librement se défendre à la barre, force est de constater qu’on a passé toute une journée sur ce qu’on peut tout aussi ‘’librement’’ appeler… une broutille.

Cela étant d’autant plus vrai que le verdict, lu par Henry Grégoire Diop, y va d’un ‘’renvoi de fin de poursuite’’ qui veut dire, en français facile, que le délit pour lequel on a poursuivi Bachir Diawara n’existe pas. Si cela n’est pas éloquent sur la conséquence de cette affaire, on se demande bien ce qui l’est !

Bachir Diawara, pour en revenir à lui, s’est remarquablement bien défendu au cours de son procès : sans jamais perdre contenance, il a su expliquer dans des termes simples ce qu’il a compris des faits tout en évitant l’écueil de se faire ‘’labelliser’’ à la fois par la Cour et le Parquet Spécial, de l’étiquette de militant.

C’est ainsi avec flair qu’il a su ‘’feinter’’ le Substitut du Procureur quand, avec les instincts de Squale qu’on lui connaît, ce dernier lui a demandé si, à son avis, ce procès était un ‘’procès politique’’. Et c’est avec les mêmes réflexes affutés qu’il a réitéré devant la Cour son respect, indifféremment à ses propres opinions politiques, pour toutes les institutions de la Républiques, quelles qu’elles soient… La politique est (décidément) une bonne école pour le sophiste avisé !

Outre El Bachir le Fakir, on a eu droit à une brochette de personnages atypiques se présentant à la barre, ce jeudi, en qualité de témoins… Ce sont ainsi deux gendarmes, un comptable engagé dans la vente de poulets et de moutons, un enseignant du primaire qui a fait l’école buissonnière pour venir témoigner et un transitaire qui estime qu’il n’a pas besoin de diplômes pour ‘’gagner de l’argent’’...

Le 4e témoin cité par Me Clédor Ly, conseil de Bachir Diawara, n’ayant jamais pu s’exprimer car la défense a renoncé à sa comparution après qu’on a découvert que l’un des témoins précités (le comptable) était arrivé en retard et avait, sans y être invité, rejoint de son propre chef la salle des témoins avant le déjeuner pour pouvoir, dixit Henry Grégoire Diop, ‘’manger au frais de la Cour’’.

Toute pingrerie de notre cher Président mise à part, on reconnaît que l’Auguste Grégoire est resté fidèle à son nom puisqu’il n’en a ni tenu rigueur au témoin, ni tenu rigueur à l’inculpé reparti libre ce jeudi soir retrouver femme et enfants.

Maintenant, reste à savoir comment il va s’expliquer, sur le chemin du retour vers Rebeuss, avec ce bonhomme au boubou immaculé dont il a occulté le rayonnement du matin au soir… Après tout, on doute que le Karim ait apprécié de passer son jeudi au frais, dans la ‘’cave’’ du Palais !

* : Visite

SOPHIANE  BENGELOUN

 

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