Publié le 5 Sep 2015 - 21:37
CONTRIBUTION

Diamniadio à l’heure du réveil citoyen 

 

A Diamniadio, à l’instar de plusieurs communes du Sénégal, le sentiment le mieux partagé chez les populations locales est, sans doute, l’inquiétude et l’insatisfaction dans la conduite du développement local et de la gestion souvent chaotique et nébuleuse du foncier.

Ici, la récurrence des contestations individuelles et collectives sur les affectations ou attributions de terres et les conciliabules y afférents consomment beaucoup plus de temps et d’énergie que tout autre dossier dans une collectivité locale où tout à faire (assainissement, voirie, éclairage publique, aménagements publiques, terrains de sport, etc.).  Les dernières en date portent sur les tentatives d’amputation de l’espace du lycée refusées par les jeunes la semaine passée et le litige foncier relaté par le journal «Grand Place» dans sa parution du 02 septembre 2015 dans laquelle le Conseil municipal, par la voix du vice-président de la Commission domaniale et du porte – parole du Maire, réagit face la grogne des populations de Sebi Gare qui s’opposent à l’affectation de terres par la Mairie de Diamniadio.

Au lieu de penser à promouvoir  une véritable rupture et à engager véritablement le Conseil municipale dans une dynamique de développement palpable, le discours se résume aux conjectures consistant à dénoncer de soi-disant «politiciens véreux  à la recherche de reconnaissance publique», «d’oiseaux de mauvaise augure».

Si le Conseil est réellement  s’inscrit dans une perspective de développement permettant de «traduire en actes la vision du Chef de l’Etat.. », la population de Diamniadio est en droit d’exiger une évaluation publique du bilan de la gestion municipale et se pose légitimement les questions suivantes :

- Quelles sont réalisations structurantes de la mairie, susceptibles de booster le Développement du territoire ? ;

- Y a-t-il un impact visible de la gestion municipale dans la transformation structurelle de la Commune ?

- Quelles sont les politiques et stratégies viables du Conseil municipal capables de résorber les besoins croissants et multiformes de la population de Diamniadio ?

Cette dernière interrogation est d’autant plus pertinente et opportune que l’effectif démographique de la Commune estimé en 2013 à 23 547 personnes, est passé en 2015 à 24 999 dont 12731 hommes et  12269 femmes, et s’élèvera en 2018 à 27248 habitants, en 2021 à 29560 âmes dont 15054 hommes et 14507 femmes.

Il est à noter que le contrôle citoyen de la gestion municipale de Diamniadio est devenue une exigence nouvelle inhérente à la prise de conscience de la population par rapport aux énormes chances et opportunités «d’émergence» de leur localité, eu égard à la convergence et la concentration des investissements publiques et privés dans l’espace communal.

La réponse à ces questions suffit pour revoir la conduire, l’entourage et la stratégie du Conseil municipal afin de pouvoir permettre au maire en exercice de laisser à ses mandants un bilan salutaire pour la postérité. La question est, en effet, moins politicienne mais appelle les tenants de la décentralisation locale (et même du pouvoir central) à changer de paradigme pour prendre en compte la prise de conscience de la population plus exigeante pour des débats citoyens de fond porteurs de solutions durables à leurs souffrances quotidiennes.

Mais malheureusement à Diamniadio, on assiste souvent à des réactions épidermiques. Certains éléments de l’entourage du maire versent soit dans des intimidations, soit dans des menaces de toute sorte (y compris d’ordre mystique). Ce qui atteste d’un manque de hauteur pour inscrire notre Commune dans la sphère des espaces de démocratie et de dialogues constructifs intra muros.

Dans une Collectivité comme celle-là, aux opportunités et atouts inouïs, la compétence technique doit absolument sous-tendre le déroulement de l’offre de gouvernance locale sur la base de laquelle l’équipe municipale doit son existence à la confiance des citoyens. Donc les étiquettes de porte parole, de présidents de commission n’ont de sens que lorsque les attributaires soient en mesure de faire bouger les lignes du développement dans le sens souhaité par leurs concitoyens.

Diamniadio a changé de contenu et de contenant et l’heure est à la conscientisation et au contrôle citoyen de la population dépositaire de la légitimité publique. Celle-ci va s’inscrire dans une dynamique d’évaluation continue de l’action municipale des mandataires.

La population est en droit de se demander pourquoi le développement semble toujours lointain malgré les milliards injectés et les programmes de tout genre mis en œuvre depuis de décennies par les gouvernements successifs? Comme si nos «territoires refusaient le développement» pour paraphraser, à l’échelle locale, Axelle Kabou. Le principal problème se situerait donc à la fois sur l’adéquation de ces programmes et surtout sur la compétence des acteurs en charge de leur mise en œuvre.   

En définitive, les différentes interrogations soulevées plus haut doivent, par ailleurs, conduire les médias à imposer davantage de débats et de confrontations citoyennes entre les équipes municipales et leurs administrés. En cela la Commune de Diamniadio en appelle de tous ses vœux.

 

Dr Thierno NDOUR

Responsable politique FSD/BJ

Section communale de Diamniadio 

 

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