Publié le 13 Jul 2023 - 12:37
AFFAIRE MANIFESTATIONS DE JUIN DERNIER

La France porte plainte contre l'avocat Juan Branco

 

''La France porte plainte contre moi. Mon pays. Mon peuple. Ma patrie. Pourquoi ? Pour avoir révélé la commission de crimes contre l'humanité", a alerté l'avocat d'Ousmane Sonko, Juan Branco, sur Twitter. La plainte a été déposée par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères de la France.  Le Quai d'Orsay demande que l’avocat soit rappelé à l’ordre. Que reproche-t-on à monsieur Branco ?

Lors d'une conférence de presse en marge de laquelle il se prononçait sur les manifestations réprimées au Sénégal du mois de juin, l'avocat du leader de Pastef a annoncé une plainte contre le gouvernement de Macky Sall pour crime contre l'humanité. La robe noire a accusé particulièrement deux coopérants français en les citant par leur nom, communiquant par la suite  les données personnelles de l’un comme son numéro de téléphone ou son matricule. Cinq autres noms d'agents français ont également été cités par le plaignant Juan Branco. Dans deux tweets publiés précédant sa conférence de presse du 22 juin dernier, il avait déjà parlé d'une implication de ces deux coopérants français dans les violences au Sénégal, non sans appeler à révéler leurs identités.

Dans un autre  tweet, Juan Branco avait dit avoir identifié  les militaires français intégrés au commandement de la gendarmerie sénégalaise, soulignant ''un rôle de la France dans la répression des violences''.

Or, selon le Quai d'Orsay, la situation étant tendue au Sénégal, ''les deux agents français, dont l’identité est désormais connue, ne sont plus en sécurité et sont directement exposés à toute forme de représailles. Les faits de dénonciation de Juan Branco peuvent caractériser un délit de mise en danger de la personne prévu par l’article 223-1-1 du Code pénal qui a été créé après l’affaire Paty''. Le texte fut adopté dans la loi du 24 août 2021 "confortant le respect des principes de la République". Il dicte que "le fait de révéler, de diffuser ou de transmettre, par quelques moyens que ce soit, des informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle d'une personne, permettant de l'identifier ou de la localiser aux fins de l'exposer ou d'exposer les membres de sa famille à un risque direct d'atteinte à la personne ou aux biens que l'auteur ne pouvait ignorer, est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende".

En tout cas, pour Juan Branco, son seul tort, c'est d'avoir  révélé ''la commission de crimes contre l'humanité'', tandis que ''ceux-ci sont commis sans jamais être dénoncés, ceux qui les exposent sont harcelés et persécutés'', dit-il.

''Les faits que nous avons révélés ont montré l'implication d'agents français dans l'organisation et l'exécution de la répression mise en œuvre par le régime de Macky Sall contre des manifestants démocratiques, ayant fait 60 morts, ainsi que des milliers de détenus et blessés'', s'est-il défendu.

Il note que ce sont des crimes contre l'humanité, passibles de poursuites devant la Cour pénale internationale et devant les juridictions françaises.

''Ils sont imprescriptibles. Le Quai d'Orsay ne les a jamais dénoncés'', regrette l'avocat. ''Nous ne céderons à aucune intimidation. Pour qu'ailleurs l'on puisse continuer à se dire : oui, il y a en France, encore, des êtres qui ont du courage, des valeurs, un rapport à l'honneur, à l'intégrité et à la dignité. Pour que notre pays ne puisse être humilié, et encore une fois, rabaissé parce que certains êtres auront décidé de le souiller'', a-t-il prévenu.

 

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