Synpics sur le CNRM

Le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics) a exprimé de vives préoccupations après l’adoption à l’Assemblée nationale, de la loi portant organisation et fonctionnement du Conseil national de régulation des médias (CNRM). Dans un communiqué reçu hier à EnQuête, le syndicat déplore notamment l’absence de concertation avec les acteurs du secteur lors de l’élaboration du texte. Cette réforme a été adoptée sans que le syndicat, pourtant acteur historique dans la défense des intérêts matériels et moraux des professionnels des médias, ne soit associé aux discussions préparatoires.
L’organisation syndicale estime que plusieurs dispositions du texte pourraient avoir des conséquences importantes sur l’exercice du métier de journaliste et de technicien des médias. Le syndicat pointe particulièrement l’article 31 du chapitre IV du projet de loi, qui confère au CNRM des pouvoirs étendus en matière de contrôle des entreprises de presse.
Le texte prévoit notamment la possibilité pour l’organe de régulation d’effectuer des visites dans les entreprises médiatiques, d’exiger la communication de documents professionnels et de recueillir des informations auprès des responsables concernés. Il stipule également que le secret professionnel ne peut être opposé au CNRM dans l’exercice de ses missions. Pour le Synpics, cette disposition constitue un précédent dangereux susceptible de fragiliser le principe du secret professionnel, considéré comme un pilier fondamental de l’exercice du journalisme.
Le syndicat redoute également des risques d’ingérence dans le fonctionnement des entreprises de presse, pouvant porter atteinte à la liberté éditoriale. L’organisation syndicale s’inquiète par ailleurs des prérogatives accordées au CNRM, notamment la possibilité de procéder à la fermeture administrative d’un média, à la suspension de sa diffusion, au blocage de contenus en ligne ou encore à la coupure d’accès à certaines plateformes audiovisuelles.
Selon le Synpics, de telles mesures pourraient avoir des conséquences sociales importantes, notamment en matière d’emploi, tout en menaçant le pluralisme de l’information. Face à ces préoccupations, le syndicat appelle les autorités à ouvrir un cadre de dialogue inclusif avec l’ensemble des acteurs des médias afin de revisiter les dispositions jugées controversées. Le Synpics réaffirme néanmoins son attachement à une régulation indépendante, transparente et équitable du secteur, tout en insistant sur la nécessité d’une démarche concertée respectueuse de la liberté de la presse et des standards internationaux en matière de régulation des médias.







