Publié le 10 May 2026 - 02:29
LITIGE FÉDÉRATION SÉNÉGALAISE DE CYCLISME

Michel Thioub exige le retour à la légalité

 

Huit mois après le jugement d’annulation de l’assemblée générale du 15 janvier 2022 de la Fédération sénégalaise de cyclisme (FSC) par le Tribunal de Grande Instance de Dakar, le 18 septembre 2025, l’ancien président de la FSC, Michel Thioub, exige l’application de cette décision.

 

L’ancien président de la Fédération sénégalaise de cyclisme (FSC) court toujours derrière l’exécution de la décision du Tribunal de Grande Instance de Dakar annulant l’assemblée générale du 15 janvier 2022. Le 18 septembre 2025, le juge du TGI a ordonné l’annulation de l’AG qui a abouti à la désignation de Pape Fata Faye comme président de la FSC. Saisi par le président sortant, Michel Thioub, le tribunal, statuant en premier ressort, a décidé que l’assemblée générale élective est nulle en raison du manque de valeur juridique des statuts et du règlement intérieur de la Fédération sénégalaise de cyclisme versés au dossier par les parties, « ne comportant pas de signatures ». « L’assemblée générale élective du 15 janvier 2022, tenue sur le fondement de ces documents dont la validité n'est pas établie, est nulle », a indiqué le jugement civil n°708 du TGI de Dakar.

Depuis septembre dernier, Michel Thioub attend l’application du jugement, malgré toutes les initiatives entreprises. « Depuis cette date, j’ai fait le choix de la responsabilité. J’ai saisi les autorités compétentes. J’ai écrit au ministre en charge des Sports. J’ai saisi le Premier ministre. Non pas pour contester, mais pour permettre. Permettre une chose simple : le retour à la légalité. À ce jour, je n’ai reçu aucune réponse », a regretté M. Thioub dans un communiqué.

Ce dernier est sidéré par ce silence des autorités, huit mois après la décision du tribunal. À tel point qu’il s’interroge : « Dans notre pays, les décisions de justice doivent-elles être exécutées… ou ignorées ? »

Après avoir opté pour une démarche de « responsabilité », l’ancien patron du cyclisme sénégalais a pris un nouveau cap : « résoudre la crise » qui règne dans la gouvernance de ce sport. Cela passe inéluctablement, selon lui, par l’application du droit. « Ce qui est en jeu aujourd’hui dépasse largement la Fédération sénégalaise de cyclisme. Ce qui est en jeu, c’est : le respect de la justice, la crédibilité de nos institutions et l’avenir de la gouvernance du sport dans notre pays. Car si une décision de justice peut rester sans effet, alors plus aucune garantie n’est réelle. »

Michel Thioub « tend la main » aux acteurs du cyclisme sénégalais dans cet élan de pacification. Il exige le « respect intégral de la décision de justice », « la fin de toute situation juridiquement irrégulière » et « l’organisation d’une assemblée générale conforme aux textes, dans un cadre apaisé, transparent et crédible ». Pour lui, « le sport sénégalais mérite mieux que l’incertitude juridique, nos athlètes méritent des institutions légitimes, nos partenaires méritent de la clarté ».

Michel Thioub a été élu à la présidence de la Fédération sénégalaise de cyclisme en 2015 pour un mandat de quatre ans, succédant à Alioune Diop. Il a dirigé la discipline pendant sept ans. Le 15 janvier 2022, une assemblée générale élective a été organisée et Pape Fata Faye a été déclaré vainqueur à l’issue des votes, sous la supervision de Bamba Mbaye de la Direction des activités physiques et sportives (DAPS), représentant le ministère des Sports.

Relevant des irrégularités ayant entaché le déroulement de l’AG, Michel Thioub avait alors saisi le Tribunal de Grande Instance de Dakar pour violation des dispositions des statuts et du règlement de la FSC par le ministre des Sports et son représentant lors de ladite assemblée générale.

LOUIS GEORGES DIATTA

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