Publié le 16 Oct 2026 - 14:55
NON-RESPECT DES ACCORDS DANS L’ÉDUCATION

Le G7 annonce trois jours de grève

 

Les syndicats du G7 appellent à une grève totale les 21, 22 et 23 octobre dans tous les établissements scolaires du Sénégal. Dans une déclaration datée du 15 octobre, ils dénoncent le faible niveau d’application du protocole signé avec le gouvernement le 16 avril 2026 et lui imputent les risques de perturbation de l’année scolaire.

 

La rentrée à peine engagée, le G7 annonce un premier avertissement au gouvernement. Les syndicats appellent à une « grève totale dans tous les établissements scolaires du Sénégal », les mercredi 21, jeudi 22 et vendredi 23 octobre 2026. Ce plan d’actions vise, selon leur déclaration, à contraindre les autorités à respecter les engagements pris dans le protocole du 16 avril dernier.

Le constat dressé par les organisations syndicales est sévère. « Le Gouvernement du Sénégal a encore une fois failli à sa parole », écrivent-elles, rappelant les déclarations des ministres et l’engagement du Premier ministre sortant à se porter garant de l’accord lors de sa signature à la Primature. Pour le G7, « ce manquement majeur constitue le principal risque d’instabilité de la nouvelle année scolaire ».

Les griefs portent d’abord sur plusieurs échéances que les syndicats estiment non respectées. Le G7 cite la publication de l’étude sur le système de rémunération des agents de la fonction publique, attendue en septembre 2026, ainsi que le partage des résultats de l’audit sur les rappels dus aux enseignants, prévu en août. Il dénonce également le non-respect des engagements concernant le paiement des indemnités dès la fin des examens et la digitalisation du processus.

La Formation diplômante universelle (FDU) figure aussi parmi les points de désaccord. Les syndicats réclament son parachèvement et le respect du calendrier convenu. Ils signalent notamment des difficultés concernant le troisième regroupement des stagiaires à la FASTEF et un retard de paiement de l’enveloppe financière globale.

À ces revendications s’ajoutent l’application des dispositions du décret 2026-65 relatif aux « décisionnaires à tort », ainsi que la prise en compte, dans les échanges du Comité technique sectoriel, du relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans et de la revalorisation des pensions des décisionnaires. Le G7 réclame également le paiement des indemnités des classes EFA et la dotation des écoles élémentaires en manuels scolaires en arabe.

Au-delà du protocole, les syndicats font état de difficultés qui affectent directement les enseignants. Ils dénoncent la résurgence des retards de paiement des salaires des contractuels et des irrégularités dans l’octroi des prêts au logement. Selon leur déclaration, certains bénéficiaires subissent des « prélèvements multiples » sur leurs salaires alors que les crédits ne sont pas encore positionnés.

Le G7 relève par ailleurs des retards dans l’achèvement de la formation des animateurs polyvalents et de « nombreux errements » dans la préparation des CAP 2026. Il demande aussi un règlement définitif de la situation des écoles sénégalaises en Gambie.

Ces difficultés auraient dû, aux yeux des syndicats, faire l’objet d’échanges en amont. Ils déplorent ainsi l’absence de convocation de la session de rentrée, présentée comme un cadre permettant au ministère de l’Éducation nationale et aux différents acteurs d’anticiper les problèmes susceptibles de compromettre le déroulement de l’année. Leur diagnostic relève également des « lenteurs persistantes » dans les réformes structurelles du secteur.

Poursuivre la remise en état des écoles inondées

La déclaration revient aussi sur les conditions matérielles de la rentrée, marquées par les inondations dans certaines écoles et les difficultés de déplacement consécutives aux pluies du début du mois d’octobre. Le G7 exprime son « adhésion totale » à la décision du ministère de reporter la rentrée des élèves au lundi 12 octobre.

Les syndicats saluent les opérations de pompage, de nettoiement et de désherbage, tout en demandant aux autorités de poursuivre les interventions pour libérer toutes les écoles encore occupées par les eaux. Ils félicitent également les enseignants qui ont rejoint leurs postes le 5 octobre, malgré les intempéries et les difficultés d’accès.

Mais, pour le G7, la remise en état des établissements doit s’accompagner du règlement des engagements sociaux. Il estime que « le seul gage de stabilité de l’année demeure le strict respect de l’accord signé le 16 avril 2026 ». En annonçant ces trois jours de grève, les syndicats placent donc le gouvernement devant une échéance et l’exhortent à apporter des réponses pour éviter les perturbations.

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