Publié le 21 Nov 2015 - 22:22
25e ANNIVERSAIRE DE LA CDE

Le Sénégal parmi les mauvais élèves à cause de la mendicité des enfants

 

Les organisations de défense des droits de l’enfant affirment qu’il y aurait 30 000 enfants dans les rues de la capitale sénégalaise. Elles estiment que l’Etat du Sénégal ne fait pas assez pour protéger cette couche vulnérable de la société composée en très grande majorité de talibés. A l’occasion de la célébration du 25ème anniversaire de la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant (CDE) hier, à l’hôtel de ville de Dakar, les acteurs ont déploré le non-respect des textes qui interdisent ce phénomène dégradant.

Selon les membres du Collectif « Stop à la mendicité des enfants » et la Plate-forme pour la promotion et protection des droits humains (PPDH), le gouvernement refuse d’appliquer la loi sur l’interdiction de la mendicité. Malgré l’obligation constitutionnelle, le Sénégal ignore volontairement la convention qu’il a signée et ratifiée depuis 25 ans. « Tant qu’il y aura des mendiants dans la rue, il n’y aura pas d’émergence. L’Etat est coupable de non-assistance à des personnes en danger », a déclaré Hulo Guillabert membre du Collectif. Elle estime que les autorités ne doivent pas se cacher derrière la laïcité, car l’éducation de tous les fils du pays lui incombe.

« Les gens font l’amalgame entre la mendicité et la religion »

La mendicité associée souvent à la religion n’a été recommandée nulle part par Dieu et son Messager Mouhamad (PSL), selon Oustaz Niasse imam et maître coranique à Guédiawaye. « Tous ceux qui enseignent le Saint Coran connaissent le verset où Dieu Lui-même dit : J’ai honoré le fils d’Adam. Ce qui est une preuve qu’on doit respecter la dignité de ces mineurs fragiles. » Il soutient qu’il est tout à fait possible d’enseigner le Livre Saint sans livrer les apprenants à la mendicité. « Les gens font l’amalgame entre la mendicité et la religion. Cette dernière n’a rien à voir avec ce phénomène. Aujourd’hui, on constate que les heures qui devaient être consacrées à l’apprentissage sont utilisées à des fins purement économiques », a-t-il déploré.

Dans une salle remplie d’invités et d’enfants, le ton des intervenants a été très ferme. Sur une pancarte, on pouvait lire : « moi, un enfant, je ne suis pas un fonds de commerce ». Selon Danielle, une activiste, ce n’est pas « stop à la mendicité des talibés, mais stop à la mendicité de tous les enfants ». Venu assister à la rencontre, le conseiller économique et social, El hadj Momar Samb, a préconisé le dialogue et la concertation sur le sujet. « Il faut mener une campagne nationale pour le retrait immédiat des enfants de la rue. L’Etat doit prendre en charge l’éducation de tous les fils du pays de 0 à 16 ans », a-t-il soutenu devant le public.    

ABDOURAHIM BARRY (STAGIAIRE)

 

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