Publié le 8 Jun 2021 - 19:49
ACCES AUX SOINS DE SANTE

Le tourment des personnes avec un handicap

 

Les personnes handicapées rencontrent toute une série d’obstacles, lorsqu’elles essaient d’accéder aux soins de santé. Hier, l’Organisation mondiale de la Santé est montée au créneau et a demandé aux pays de respecter les droits de cette couche sociale.

 

Le handicap revêt de multiples formes. Si certaines affections associées au handicap entraînent une santé fragile et des besoins importants en matière de soins, ce n’est pas le cas pour toutes. Néanmoins, toutes les personnes handicapées ont les mêmes besoins que le reste de la population en matière de soins de santé généraux. Elles doivent donc avoir accès aux services de soins de santé courants. En tous les cas, l’article 25 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées réaffirme leur droit à obtenir des soins de qualité sans discrimination. Néanmoins, dans la réalité, peu de pays proposent des services de qualité satisfaisante aux personnes handicapées. Au Sénégal, l’association des personnes vivant avec un handicap a toujours dénoncé cela. Hier ce fut au tour de l’Organisation mondiale de la Santé de taper sur la table.

L’OMS demande aux pays de respecter le droit à la santé de cette cible. Pour l’Organisation onusienne, ils sont très peu nombreux les pays à recueillir des données, afin de permettre une ventilation en fonction du handicap dans le secteur de la santé. Ce problème, souligne le ‘Directeur générale de l’Organisation, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, est devenu particulièrement évident, pendant la pandémie de Covid-19, au cours de laquelle les pays ne sont pas parvenus à inclure la question du handicap de façon cohérente dans leur riposte. Ainsi, les personnes handicapées sont exposées à trois risques accrus dont les conséquences sont désastreuses. Il s’agit du risque de contracter la Covid-19, celui de développer des symptômes graves ou de mourir de la maladie, ainsi que le risque d’être en moins bonne santé pendant et après la pandémie, même sans être infectées par la Covid-19.

On estime que plus d’un milliard de personnes vivent avec une forme ou une autre de handicap. Ce qui représente environ 15 % de la population mondiale. Ainsi, jusqu’à 190 millions de personnes âgées de 15 ans et plus (soit 3,8 %) présentent des difficultés fonctionnelles importantes nécessitant le plus souvent le recours à des soins de santé. ‘’Le nombre de personnes vivant avec un handicap est en hausse, ce qui s’explique en partie par le vieillissement des populations et par l’augmentation de la prévalence des maladies chroniques. Le coût des services de santé et les problèmes de transport sont les deux principales raisons qui font que les personnes handicapées ne reçoivent pas les soins dont elles auraient besoin dans les pays à revenu faible. Un peu plus de la moitié des personnes handicapées n’ont pas les moyens de se soigner, contre environ un tiers des personnes non handicapées’’, déploré Dr Tedros.

En plus de ces obstacles, l’OMS trouve que l’offre de services est aussi limitée. Selon le directeur général, les services adaptés aux personnes handicapées font défaut. De nombreuses études révèlent que les besoins non satisfaits des personnes handicapées en matière de soins sont nombreux, en raison de l’offre inexistante de services, en particulier dans les zones rurales et reculées. En plus de cela, dit-il, il y a les obstacles physiques. L’accessibilité aléatoire des bâtiments (hôpitaux, centres de santé), l’inaccessibilité du matériel médical, une mauvaise signalisation, l’étroitesse des encadrements de portes, la présence de marches à l’intérieur des bâtiments, des installations sanitaires inadaptées et les difficultés d’accès aux parkings sont autant d’obstacles pour se rendre dans les établissements de santé.

‘’Les femmes à mobilité réduite ne sont souvent pas en mesure de bénéficier du dépistage du cancer du sein et du cancer du col de l’utérus, parce que la hauteur des tables d’examen n’est pas réglable et que le matériel de mammographie n’est prévu que pour les femmes qui peuvent se tenir debout. Des agents de santé aux compétences et aux connaissances insuffisantes. Il faut que les Etats règlent cela très vite’’, dénonce-t-il.

Il ajoute que les personnes handicapées sont deux fois plus nombreuses à dire que les prestataires de soins n’ont pas les compétences nécessaires pour répondre à leurs besoins, quatre fois plus nombreuses à faire état de mauvais traitements et presque trois fois plus nombreuses à déclarer avoir été confrontées à des refus de soins.

VIVIANE DIATTA

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