Publié le 2 Jun 2021 - 20:40
AFFAIRE DE PRIMES ET DE SOUS A LA PRESIDENCE

L’assistante mouille ses supérieurs

 

Khadidiatou Aidara, assistante à la délégation générale du service de renseignement de l’Etat, a été appelée, hier, à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar. Poursuivie pour faux et usage de faux et tentative d’escroquerie, elle conteste et mouille ses supérieurs à la Présidence de la République. 

 

Khadidiatou Aidara risque 2 ans d’emprisonnement dont 6 mois ferme, si le juge du tribunal des flagrants délits de Dakar suit le réquisitoire du parquet. Assistante à la délégation générale du service de renseignement de l’Etat, elle a été traduite à la barre pour faux et usage de faux et tentative d’escroquerie. Selon l’accusation, la prévenue, qui est mariée et mère de famille, a brandi une fausse attestation de bac qui se trouve entre les mains de sa hiérarchie, pour changer de statut et bénéficier d’avantages.

Son subterfuge, selon l’accusation, n’a pas tardé à être dévoilé. L’agent judiciaire de l’Etat l’a traduite en justice. En effet, après vérification, le directeur de l’Office du Bac a conforté les doutes de sa hiérarchie. Ce dernier, venu témoigner à la barre, a révélé que l’attestation est un faux. Alors que la prévenue prétend qu’elle a réussi à l’examen du baccalauréat, en 2016, le directeur de l’Office du BAC l’a contredite, en précisant que le nom de la dame ne figure pas sur la liste des personnes admises à cet examen, en 2016. 

Pour sa défense, la prévenue Khadidiatou Aidara raconte qu’elle a produit ce document, en 2019, pour bénéficier d’une formation de perfectionnement. A l’en croire, en tant qu’assistante du délégué général, elle a droit à une prime 700 mille francs CFA qu’elle n’a jamais encaissée. Selon elle, tout ceci n’est qu’une cabale contre sa personne. Car, d’après ses dires, ses supérieurs ont voulu se partager avec elle une somme d’argent dont l’origine serait illicite. Pour les en avoir dissuadé, ceux-ci ont voulu la punir et lui ont demandé de rester chez elle.

Au bout de quelques temps, relate-t-elle, elle a activé une poursuite contre eux, à l’inspection du travail. Par ailleurs, elle souligne qu’elle a été recrutée, en 2015, par voie de concours. A l’époque, elle avait le niveau du Bfem.

L’agent judiciaire réclame 5 millions FCFA

Venu défendre les intérêts de l’Etat du Sénégal, l’agent judiciaire de l’Etat a réclamé la somme de 5 millions de francs CFA pour toute cause de préjudice causé. La représentante du ministère public, qui reste convaincue que c’est la prévenue qui est l’auteure du faux, a demandé qu’elle soit reconnue coupable de ce chef. Il en est de même pour la tentative d’escroquerie. Car, explique le maître des poursuites, elle voulait bénéficier d’autres avantages. Pour la peine, elle a requis 2 ans d’emprisonnement dont six mois ferme et une amende ferme de 100 mille francs CFA. 

Me El Hadji Diouf, avocat de la défense, a quant à lui sollicité le renvoi de sa cliente des fins de la poursuite. « Selon la partie civile, elle a bénéficié de sommes et de primes dont elle n’avait pas le droit. En tant qu’assistante du délégué général, elle a droit à 700 mille francs CFA, sans être contredite. Elle n’a jamais encaissé cette somme. Qui veut tuer son chien l’accuse de rage. Cette infraction ne tient pas. Il y a la parole de l’Etat et celle de ma cliente. L’Etat lui doit beaucoup d’argent par rapport aux primes qu’il lui doit. Que l’Etat vienne prouver qu’il ne lui doit pas de l’argent », a plaidé Me Diouf, en ce qui concerne la tentative d’escroquerie.

Pour la deuxième infraction, c’est-à-dire le faux et usage de faux, la robe noire estime qu’elle mérite toute l’attention requise pour, de façon très scientifique, régler la question. « Il y a un préalable qui n’a pas été fait et c’est l’authentification. Aucun homme de l’art n’est venu dire que l’attestation a été scanné. Qui le dit ? La partie civile. On a attendu un an, après l’ouverture de l’audience du tribunal du travail, pour brandir ce faux. On a fait 12 mois de dilatoire. Depuis 1 an, les audiences ont été renvoyées. Sentant que les carottes sont cuites, car l’affaire a été mise en délibéré ultime, la partie civile a déposé subitement plainte. L’Etat est le patron de l’office du bac. Elle dérangeait au niveau de la Présidence et il fallait se débarrasser d’elle », a martelé Me Diouf. 

Le tribunal rendra sa décision, le 8 juin prochain. 

MAGUETTE NDAO

 

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