Publié le 21 Jul 2023 - 15:14
AFRIQUE, ASIE ET AMÉRIQUE DU SUD - ACCAPAREMENT DE TERRES PAR LES USINES

Les femmes exigent le respect des lois

 

L’accaparement des terres en vue d’installations d’unités industrielles est devenu monnaie courante à travers le monde. Dans la sous-région, beaucoup de pays sont touchés par ce phénomène qui plonge les femmes des différentes zones impactées dans des situations très difficiles. Elles disent non et exigent le respect des lois en vigueur.

 

Dans beaucoup de pays africains, la gouvernance foncière fait partie des points névralgiques des autorités. L’installation de sociétés minières de façon générale dans certaines zones conduit, en effet, à des conditions de vie difficiles souvent supportées le plus par les femmes. Ainsi, en raison des répercussions négatives sur leur situation sociale, culturelle et économique, les femmes de la sous-région (Afrique de l’Ouest et centrale provenant de la Guinée, de la Côte d’Ivoire, du Nigeria, de Sierra Leone, du Liberia, d'Afrique du Sud, du Cameroun, du Sénégal, du Burkina Faso) disent non à l'accaparement de leurs terres.

C’est d’ailleurs tout le sens que revêt la campagne ‘’Droit de dire non’’, qui est un aboutissement des luttes et d’expériences des communautés dans plusieurs pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud.

Pour permettre à ces femmes de mieux appréhender le combat, elles sont réunies à Saly Portudal cette semaine par l'ONG Lumière Synergie Développement (LSD) pour accorder leurs violons. ‘’Les compagnies minières refusent de mettre en application les lois qui existent au niveau national et sous-régional. En tant que populations, nous avons droit à une bonne qualité de l'air et à l'eau potable. Mais ces droits nous sont privés par les compagnies minières’’, fustige Georgine Kengne Djeutane.

Selon la représentante du Cameroun, ‘’avant que les mines ne s'installent, elles devraient consulter les communautés. Avoir des communautés qui leur disent oui ou non, en leur disant l'impact des projets et le nombre d'années qu'elles exploiteront ces mines. Mais cette loi n'est pas appliquée au niveau international avec le consentement libre’’.

Sur la même lancée, explique Clémentine Clarisse Mewolo, venant également du Cameroun, ‘’les femmes souffrent beaucoup. Elles n'ont plus les moyens de vivre comme elles vivaient avant. Nous devons lutter pour dire non. Nous disons non aux projets miniers qui impactent notre vécu, qui nous privent de nos sources de revenus et affectent nos sols et nous rendent malades. Les compagnies minières se sont installées avec la complicité du pouvoir et ont pris les terres’’.

Pour le cas de la Côte d’Ivoire, Josiane Boyo Yebi du Réseau des femmes braves de la Côte d'Ivoire dénonce : ‘’Nous sommes victimes d'accaparement de terres au niveau du Sud, à Boisou. Ma communauté est vraiment impactée par les monocultures d'arbres. Ce qui fait que nous sommes exposés à l'insécurité alimentaire. Puisque nous n'avons plus de terres, les femmes n'ont plus rien pour cultiver. Quand elles arrivent à avoir un petit lopin de terre, elles ne peuvent pas sortir de la zone avec leurs productions. Pis, les femmes sont victimes de plusieurs abus au sein des plantations. Elles sont exposées aux violences physiques et sexuelles.’’

IDRISSA AMINATA NIANG (Mbour)

 

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