Publié le 8 May 2012 - 11:08
SAUVETAGE DE L'ANNÉE ACADÉMIQUE

Mobilisons-nous pour nos enfants

 

Le système éducatif sénégalais traverse depuis quelques années, des moments de crise intenses qui nous rendent perplexes d’abord en tant que citoyens, ensuite en tant que parents d’élèves mais aussi et surtout en tant qu’acteurs du système éducatif. C’est donc un devoir pour nous de réfléchir sur les différents scenarii qui s’offrent à nous après le réaménagement du calendrier scolaire proposé par le Ministère de l’Education.

 

On entend partout qu’il faut sauver l’année scolaire, c’est presque devenu un slogan que tout le monde scande. Sauver l’année scolaire, c’est en quelque sorte rattraper le temps perdu. Or nous savons par essence que le temps perdu ne peut être récupéré. Ce dernier est comme une flèche qui est toujours orientée vers l’avenir.

 

Cependant, il est possible de réorganiser le volume horaire et le contenu des enseignements afin que les élèves, qui sont le nœud gordien du problème, ne soient pas lésés. Il est difficile de proposer une solution universelle applicable à tous parce que la nature des difficultés varie en fonction du milieu et du niveau d’études considérés. Dans les grandes villes, les cours ont été perturbés durant quatre (4) mois, voire cinq (5). Or dans les zones rurales, les enseignements se sont déroulés plus ou moins correctement. S’y ajoute que les classes d’examen et les classes intermédiaires n’ont pas eu le même rythme de travail depuis l’ouverture des classes. Et dans un établissement, la progression des cours est souvent disproportionnée. Ainsi nous pouvons dire, sans risque de nous tromper, que l’efficacité des actions du ministère, des services centraux et des chefs d’établissement dépendra de la pertinence de la démarche à adopter. En effet, il serait intéressant d’adopter un point de vue holiste pour prendre en compte tous les paramètres avant de dégager un plan d’action particulier à chaque établissement tout en respectant le nouveau calendrier scolaire.

 

Pour ce faire, des changements doivent être opérés sur le plan organisationnel et pédagogique. Au niveau organisationnel, les emplois du temps doivent être revus de façon continue et réaménagée en fonction de la progression de chaque classe, dans les disciplines. Mais cela n’est possible que si les cellules pédagogiques et autres structures existantes (…) travaillent régulièrement ensemble pour harmoniser la progression interne. La solidarité doit être au cœur de cette action de récupération.

 

Au niveau pédagogique, le format des enseignements doit s’adapter à la nouvelle situation. Il ne s’agit pas de faire une course contre la montre, ce qui certainement serait peine perdue, en donnant beaucoup de polycopies aux élèves. Revoir le contenu des enseignements, c’est changer d’approche en fonction des objectifs de chaque matière. Les objectifs ciblés dans le programme doivent être connus par les élèves. Cela leur permettra de comprendre l’essentiel et d’avoir un fil conducteur qui les mènera au bout du tunnel.

 

Les élèves, quant à eux, ont besoin d’être soutenu moralement et psychologiquement. Ils représentent le maillon faible du système parce qu’ils sont victimes d’une situation que nous avons laissé pourrir. En revanche, ils doivent savoir qu’est vertueux celui qui fait son devoir. Or, le devoir d’un élève, c’est d’apprendre. Mais comment retenir quelque chose du programme après tout ce temps perdu ? Comment reprendre goût aux études après quatre mois de vacances forcées ? Comment combler les lacunes de ceux qui, parmi nous, doivent faire un examen l’année prochaine? Même si l’année est valide au Sénégal, sera-t-elle reconnue par les universités étrangères ?

 

Voila autant de questions pertinentes qu’un élève conscient peut se poser. Recadrer les centres d’intérêts des élèves vers les études, les motiver et leur inculquer le goût de l’effort sont autant de tâches qui doivent être prises en charge par les administrations et les psychologues conseillers. Ces derniers ont un rôle crucial dans ces moments d’incertitude dans le système éducatif. Ils peuvent aider les élèves à avoir de bonnes représentations sur le projet d’études, à maîtriser les techniques de gestion du temps et du stress. Le manque de temps, puisque c’est de cela qu’il s’agit, on le sait, est souvent l’élément qui déclenche le stress chez les élèves. Ces deux facteurs, s’ils sont surmontés par les élèves avec l’appui des psychologues conseillers, seront d’un grand apport pour les apprenants.

 

Abdoulaye DIÈNE & El hadji Saliou NGOM

Psychologues conseillers au

Centre académique de l’orientation scolaire

et professionnelle de Kaolack

layedienne@hotmail.com

ngomelhadj@yahoo.fr

 

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