Publié le 19 Jul 2021 - 21:57

Contre la Covid : la volonté publique en plus de la volonté d’État

 

Nous voulons joindre ici  notre voix à celle des autorités gouvernementales, des autorités sanitaires et scientifiques, des chefs religieux et coutumiers, de la société civile et enfin    de tous les Sénégalais lucides et qui aiment le pays pour appeler à l’effort commun nécessaire pour briser la chaîne de transmission de la COVID-19 avec  ses variantes.

Ce lundi, nous réciterons le Coran,  comme   l’a recommandé  le saint khalife général, Serigne Mountakha Mbacké. Nous implorerons la clémence de Dieu et solliciterons aussi la bienveillance du Prophète  Mouhamed (PSL) ainsi que celle de nos guides religieux de toutes les confréries et de toutes les religions. Mais aussi,  nous  convoquons à   déployer  tous les efforts  à notre portée humaine et dans les circonstances difficiles actuelles pour freiner le virus. Dans la réalisation de nos destins d’êtres humains, il y a la décision  de Dieu mais aussi une  part que nous devons prendre en charge  par nos propres actions.

Et que devons-nous faire ? Bien sûr prier, mais aussi suivre ce que nous recommande la science des humains et que nous pouvons chacun, chacune de nous réaliser.  Cela est bien possible et c’est   la pratique assidue des mesures barrières.  Se préoccuper de sa santé et de celle des autres est aussi un acte de dévotion. Car Allah aime que nous protégions nous même ce bien sublime qu’est la vie. Il y a urgence pour tous à se mobiliser pour endiguer le virus car s’il continue ainsi sa progression actuelle, nous vivrons un tsunami pandémique. Qu’Allah nous en préserve.

Le virus a percé notre garde et il est en train d’assommer. Nous avons vécu des moments de relâchement et d’inattention. Nous pensions que le virus avait faibli. Mais non. La covid était allée recharger ses batteries et elle nous revient plus fort avec ses variantes qui tapent dur. Les taux de contamination journalière que l’on nous fournit sont en fait en dessous de la réalité.

L’urgence est d’agir et de taire les accusations contre les uns  et les autres. Le virus explose aussi au Rwanda, en Ouganda, en Tunisie, en Afrique du Sud etc. En France, malgré les vaccins disponibles et les infrastructures sanitaires, on parle d’une 4 ième vague. Est-ce que toutes ces recrudescences fulgurantes sont liées à des tournées politiques ou des manifestations publiques? Les raisons sont multiples et les responsabilités aussi diversement situées. Concentrons-nous sur le combat que tous les Sénégalais, au-delà des allégeances politiques, au-delà des erreurs des uns et des autres, doivent mener pour contrer la 3ième vague.

Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, ce sont les bonnes idées de tous, les bonnes stratégies d’accompagnement pour les populations, une communication cohérente et    à portée de   compréhension par les différents milieux, groupes et âges afin que les actions de terrain soient efficaces et suscitent l’adhésion de tous. Qu’est-ce que chacun peut faire là où il se trouve? Comment organiser nos structures de santé pour une bonne prise en charge à l’hôpital ou à domicile? Comment susciter une collaboration harmonieuse entre les forces qui surveillent l’application des mesures barrières et les populations, partout où cela est nécessaire ? Comment activer plus la solidarité internationale pour la disponibilité des vaccins dans notre pays? Comment susciter l’adhésion des personnes réticentes à la vaccination?  Ce sont les réponses à ces questions qui doivent orienter nos réflexions et actions.

J’ai une pensée particulière à l’endroit de nos «daras» où cohabitent  de nombreux jeunes talibés, souvent dans des conditions difficiles.  Il est important d’y mener la communication appropriée  dans un langage accessible et de mettre à disposition le matériel nécessaire ( gel, savon, masques ).
Bal len ma akh. Et qu’Allah nous protège et nous apporte l’harmonie des cœurs et des comportements, surtout  en cette période,  alors que  les Sénégalais ont besoin d’avancer ensemble. Dewenati.

Imam et citoyen Tahir Fall, Guendel, Rufisque, Sénégal

 

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