Publié le 6 Jun 2013 - 04:04
DIFFICULTÉS JUDICIAIRES

Le Pds obtient réconfort à Bamako

 

Une «fraternité» libérale est encore possible. La preuve à Bamako, où le Réseau libéral africain (RLA), un sous-groupe de l'Internationale libérale, apporte son soutien aux dignitaires du Parti démocratique sénégalais empêtrés dans les mailles de la traque des biens supposés pas bien acquis.

Pour le Parti démocratique sénégalais (PDS), confronté par ces temps qui courent aux «rigueurs» de la justice sénégalaise dans le cadre du dossier des biens mal acquis, tous les soutiens, même moraux, sont les bienvenus. Ainsi, cette déclaration de Bamako publiée par onze partis politiques africains appartenant au Réseau libéral africain (RLA) après une rencontre sur le thème «la crise du Mali et la gouvernance sécuritaire en Afrique de l'Ouest».

Dans cette déclaration parvenue à EnQuête et dont une partie concerne le Sénégal, le RLA condamne «le non respect des dispositions de l'arrêt rendu par la Cour de justice de la Cedeao relative à la violation des droits d'aller et de venir des responsables libéraux et de la présomption d'innocence» et fustige «les atteintes à la liberté d'expression et de manifestation reconnue par la Constitution» sénégalaise.

Briefée autant par le Pds présent à Bamako que par sa propre lecture des événements évoqués, le Réseau libéral africain exhorte «au respect scrupuleux des valeurs et des principes fondamentaux du libéralisme» et «d'un Etat de droit, des libertés individuelles et collectives». De même qu'«à la séparation des pouvoirs, à l'indépendance de la justice et à la promotion des droits économiques, des spécificités sociales et culturelles».

A propos de la crise malienne, le Réseau libéral africain propose «une refondation de l'Etat de droit» axée sur «la citoyenneté, des institutions crédibles et une décentralisation effective.» A côté de la mise en place d'une «Commission vérité, justice et réconciliation», il suggère également la définition d'un «nouveau contrat social par le recentrage de la place de la laïcité dans l'Etat» refondé, ainsi que la création d'une «force régionale spécialisée dans la lutte contre (…) les mouvements terroristes et les réseaux de narcotrafiquants».

«Contre la répression en Guinée»

Concernant la situation en Guinée, le Réseau libéral africain estime qu'«il est temps de tirer sur la sonnette d'alarme afin de désamorcer les risques d'affrontements inter-ethniques qui se profilent à l'horizon». Également épinglés dans ce pays, «le non respect de la Constitution et des lois du pays, la politisation à outrance de l'administration, la mise sous coupe réglée des médias publics, l'intimidation de la presse privée et le harcèlement des opérateurs privés n'ayant pas soutenu le parti au pouvoir lors des élections présidentielles» de 2010.

Outre le Parti démocratique sénégalais représenté par Malick Dieng, et le Parti pour la liberté et la citoyenneté (PLC) de Lamine Bâ, Rewmi et l'Alliance pour la République étaient également présents dans la capitale malienne, mais en tant qu'observateurs, représentés par les députés Thierno Bocoum (président de la Commission comptabilité et contrôle) et Djibril War (président de la Commission des lois).
Membre de l'Internationale libérale, le Réseau libéral africain est dirigé par Olivier Kamitatu, ancien président de l'Assemblée nationale de la République démocratique du Congo, aujourd'hui à la tête de l'Alliance pour le renouveau au Congo (ARC). Auparavant, il était un haut responsable du Mouvement de libération de Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba (actuellement détenu par la Cour pénale internationale pour «crimes contre l'humanité» et «crimes de guerre» en Rdc et en Centrafrique).

Les autres partis présents à Bamako étaient venus du Burkina Faso et de Côte d'Ivoire.

 

MOMAR DIENG

 

 

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