Publié le 11 Jan 2019 - 00:18
ENTREPRENARIAT AU SENEGAL

Comment parvenir à être des champions nationaux

 

 

Offrir aux dirigeants de petites et moyennes entreprises (Pme) et porteurs de projets un cadre de réflexion, de formation et les sensibiliser afin d’en faire de futurs champions nationaux, c’est ce que vise le 2e Forum de la Pme sénégalaise, organisé par l’Agence de développement et d'encadrement des Pme (Adepme). L’annonce a été faite, hier, par son directeur général Idrissa Diabira, face à la presse.

 

Les petites et moyennes entreprises (Pme) sénégalaises se caractérisent par l’informalité. Car 97 % d’entre elles ne disposent pas d’états financiers, selon le dernier recensement général des entreprises (Rge), et sont ‘’faiblement compétitives’’ sur le marché national et international. Environ 0,2 % des grandes entreprises représentent près de 70 % du chiffre d’affaires global. ‘’Les Pme ne contribuent qu’à environ 30 % du Pib,  emploient environ 60 % de la population active, soit 42 % du total des emplois du secteur moderne. Elles sont constituées, en majorité, d’entreprises artisanales ou commerciales de tailles et de formes juridiques variables’’, indique un document de l’Agence de développement et d'encadrement des Pme (Adepme) donné à la presse, hier, lors d’une rencontre avec les acteurs du secteur, en prélude à la 2e édition du Forum de la Pme sénégalaise prévue ce jeudi.

Le directeur général de l’Adepme, Idrissa Diabira, considère que des défis sont encore importants dans ce secteur. Notamment, la création d’emplois et de croissance partagée, la nécessité de prise de relais par le secteur privé national (dont les Pme représentent 99 %), le besoin de développer des Pme capables de créer des emplois durables, particulièrement en faveur des jeunes.

Donc, pour lui, cette rencontre offre aux entreprises un cadre de réflexion, de formation et de sensibilisation pour les dirigeants de Pme et les porteurs de projets, des rencontres B to B. ‘’Le défi, c’est d’avoir des Pme beaucoup plus compétitrices, créatrices de richesses et d’emplois, d’avoir des entreprises championnes nationales’’, déclare M. Diabira.

Ainsi, compte tenu de la modernisation de la grande distribution, avec de grandes enseignes internationales qui s’installent au Sénégal, des acteurs internationaux qui, également, dans la perspective du pétrole et du gaz, arrivent, deux sessions spécifiques seront organisées à ce propos. Un moyen pour lui de ‘’concilier’’ la modernisation du secteur de la distribution avec le développement de Pme et de produits locaux.

170 milliards de F Cfa mobilisés par la Sgbs pour les Pme

Accompagnant en moyenne 500 entreprises par an, le Dg de l’Adepme a fait savoir qu’être formel pour une Pme, ‘’ce n’est pas seulement’’ avoir un numéro d'identification nationale des entreprises et des associations (Ninea) ou un registre du commerce et du crédit mobilier (Rccm). ‘’C’est disposer d’états financiers au sens du Système comptable ouest-africain (Syscoa). Ces états financiers, c’est pour les partenaires financiers qui doivent savoir le parcours de l’entrepreneur. C’est cette règle du jeu qui n’est pas suffisamment partagée. On ne peut pas débloquer le verrou du financement, si on n’a pas l’historique de la personne qui vient demander de l’argent. On a besoin d’accompagner les gens dans la perspective de ce qu’ils vont devenir demain’’, dit-il.

 Selon Idrissa Diabira, les mécanismes de financement existent. Le challenge est de voir ce qu’il faut aux entreprises pour y accéder. ‘’Il faut qu’on s’aligne sur ça, pour permettre à beaucoup plus de Pme de grandir et de devenir de futurs champions. On doit se donner des outils de compréhension collectifs pour savoir comment est-ce qu’on y va’’, ajoute le Dg de l’Adepme. Qui annonce que la Société générale de Banques au Sénégal (Sgbs) a décidé, à travers un fonds, de mobiliser 170 milliards de francs Cfa, entre 2018 et 2022, pour les Pme qui passent par le canal de la labellisation, le profilage du risque.

‘’Toutes ces mesures nous amènent à un point où, avec les acteurs de financement, d’accompagnement, avec le dispositif de refinancement de la Bceao, on peut arriver à un financement massif des Pme. L’enjeu est de construire le modèle pour financer massivement les entreprises et pour que celles qui jouent le jeu puissent accéder facilement à des ressources pour leur développement’’, explique le patron de l’agence en charge de l’encadrement des Pme.

En effet, selon le Dg de Neurotech, ‘’il n’y a pas de problème’’ d’accès au financement, au Sénégal. ‘’Mais pour que les banques acceptent de vous financer, il faut une transparence, une visibilité, une confiance dans les comptes de l’entreprise. Les banques n’ont pas d’intérêt à ne pas financer les Pme’’, précise Abdoulaye Mbaye. 

Sur un autre registre, Idrissa Diabira reconnait que les statistiques par rapport au suivi des Pme sont difficiles à avoir. ‘’C’est difficile même à comptabiliser, même celles qui meurent chaque année. Un nombre important d’entreprises que l’on dit mortes n’ont été créées que pour faire une opération. C’est d’autant plus difficile que les éléments de suivi de l’activité que sont les états financiers ne sont pas tenus’’, signale-t-il. Toutefois, dans la loi qui a été adoptée en Conseil des ministres, en octobre dernier, des évolutions majeures sont mises en exergue. Il s’agit notamment du statut de l’entrepreneur, de la plateforme pour le suivi numérique des entreprises.

Parmi les actions que l’Adepme mène, il y a aussi la mise en œuvre d’un schéma directeur du système d’information, de développement de la Pme. L’objectif, c’est que les Pme puissent donner des informations qui permettent aux structures d’accompagnement de mieux calibrer leurs démarches.

MARIAMA DIEME

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